mardi 15 août 2017

Racistes, nazis, suprémacistes : ils sont des barbares

Des membres du Ku Klux Klan à Charlottesville, le 12 août (photo © Vox Media)

Charlottesville – Virginie, États-Unis –, petite ville tranquille de quelque 43 000 habitants à 2 heures de route de Washington, terre d’élection de Thomas Jefferson, troisième président américain, est devenue en l’espace de quelques jours le symbole de l’un des enjeux majeurs de l’émancipation humaine. Il existe encore dans un jardin public de cette cité une statue du général Lee, à la tête des forces esclavagistes coalisées lors de la guerre civile américaine. Au prétexte que la municipalité avait prévu de la déboulonner, tout ce que l’Amérique compte de racistes, fascistes, suprémacistes blancs s’est lancé dans une croisade de la honte, aussi provocatrice que violente pour sauver son « héros ». Manière surtout pour les plus « politisés » de se rappeler au bon souvenir de Trump. David Duke, homme du Ku Klux Klan et suprémaciste revendiqué, l’exprime sans détours : « Nous allons tenir les promesses de Donald Trump. C’est pour ça que nous avons voté pour Donal Trump, parce qu’il a dit qu’il allait reprendre le contrôle de notre pays ». Un millier d’individus dangereux, bouffis de haine, souvent en uniforme et en armes, s’est ainsi rassemblé dans le fameux parc provoquant une contre-manifestation pacifique des tenants des droits civiques et des libertés. Deux camps irréconciliables comme ils le sont partout, de par le vaste monde…

Heather Heyer, une jeune juriste de 32 ans, aura payé de sa vie l’attaque à la voiture bélier de l’un de ces excités de la haine fonçant dans la foule. Un acte odieux, un lâche assassinat qui a soulevé une tempête de protestations sur les réseaux sociaux où le lien avec Trump, incapable de condamner durant 48 heures ceux qui ont compté au nombre de ses électeurs, a été vite établi. Vu d’Europe, la référence à Brecht alertant sur le fait que « le ventre de la bête était encore fécond » s’impose. Aux États-Unis, les racistes et autres nazis ont perdu la partie depuis longtemps, ce qui ne signifie pas qu’ils soient incapables de nuire, de tuer au nom de leur idéologie meurtrière. L’égalité dans toutes ses dimensions est constitutive de la marche en avant de l’humanité vers son émancipation. Le suprémacisme argue de la prétendue supériorité d’une « race », d’une religion, d’un genre, d’une ethnie contre l’égalité des droits. Il n’en est jamais moins infâme. C’est pourquoi le combattre est une exigence démocratique, politique et morale qui ne saurait souffrir aucune exception, où que doive s’engager ce combat pour le développement et l’émancipation contre les barbares.

Il prend des contours différents sans doute mais, au fond, toujours avec le même objectif quand il s’agit de vaincre les confréries djihadistes moyenâgeuses et assassines, de défendre les droits des femmes malmenés sur les rives de la Méditerranée au sud et à l’est notamment, ceux des migrants-réfugiés, ceux des minorités quand les logiques tribales conduisent à l’épuration ethnique en Afrique mais aussi il n’y a pas si longtemps aux confins de l’Union dans les Balkans, ceux des enfants agressés sexuellement dans de nombreux pays par des membres d’une institution catholique au faîte de sa puissance et de son impunité, ceux dont l’orientation sexuelle est encore considérée comme un crime dans de nombreux pays… Rien ne saurait justifier que l’on se départisse de cette juste cause en tout temps, en tout lieu. Elle implique que l’on rende public le nom des criminels coupables afin que l’opprobre contienne leur pouvoir de nuisance et tende à l’anéantir. Elle implique que des pays comme la France et d’autres en Europe abolissent le terme de « race » dans leur Constitution comme dans leurs manuels scolaires. L’humanité est infiniment plus forte que les adorateurs de la haine. Elle peut, elle doit le leur prouver.




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