vendredi 18 août 2017

Barcelone : ils tuent encore mais nous gagnerons

À Barcelone hier soir (photo © AFP).

Après d’autres cités, c’est au tour de Barcelone d’être frappée en son cœur, aussi catalan que multiculturel. Le déchaînement de haine qui est la marque infâme des tueurs islamistes s’est abattu sur de simples passants qui déambulaient, une après-midi d’été, sur les Ramblas. Bilan hélas provisoire de la nuit de cauchemar qui a suivi, treize morts et plus de cent blessés dans une désolation que l’onde de choc de la solidarité peine à surmonter. D’autant que c’est à une sorte de « feu d’artifice » de l’ultime que se sont livrés les assassins jusque dans les faubourgs et à Cambrils. Depuis juin 2014 et la proclamation d’un Califat aussi moyenâgeux que barbare, ce sont des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont été victimes du joug oppressif d’un autre temps en Irak et au Levant et des attaques meurtrières en Europe, en Afrique et en Asie. Rien ni personne ne pourront jamais les excuser. Des « crimes rituels » perpétrés au nom d’un « ordre religieux » qui hait l’humanité au nom d’une « idéologie » barbare fondée sur des superstitions dérisoires.

Cela ne saurait occulter à la faveur d’une sidération de l’instant d’après la réalité du rapport de force dans la guerre globale et sans merci qu’ils nous livrent. Ils ont reculé. Ils ont perdu le contrôle de la plupart des territoires asservis. Jamais leur rêve de soumission des « mécréants » et de reconquête d’une « al-Andalous » fantasmée et défigurée par leur inculture grossière ne verra le jour. Une Europe démocratique et presque laïque aimant la vie, construite sur les ruines des guerres et des persécutions, les a vaincus. Le combat qu’ils s’étaient choisi, ils l’ont en effet perdu, définitivement perdu. C’était vrai à la première minute du règne d’Al-Baghdadi, mais le prix du sang et des larmes depuis souligne combien il était nécessaire de prendre la mesure d’un danger fanatique incarné par une confrérie de terroristes sans foi ni loi bénéficiant de la passivité, voire du soutien d’États indifférents aux acquis de la communauté internationale et tenant les exigences démocratiques pour négligeables. Jamais plus, une fois encore… mais toujours avec raison.

Surmonter l’héritage de la guerre islamiste constitue l’horizon le plus enviable pour les contrées où la paix civile et les libertés sont au nombre des valeurs les plus chères des citoyens. Tout en ne désarmant jamais face aux résurgences possibles de la « bête », ici ou là et il y en aura, il s’agit désormais de tout mettre en œuvre pour assécher le marais par l’intégration de tous et toutes au nom de l’égalité des droits qui ne saurait se voir opposer de prétendus
« droits » religieux à la discrimination. Jamais, nulle part. Tâche de longue haleine s’il en fut, mais seule alternative à une vie démocratique se conjuguant à l’aune des circonstances présumées de l’État d’urgence. Il n’en va pas différemment des contrées martyrisées par les Barbares, au Levant, en Irak, en Afrique… où le combat pour le développement, la démocratie et une laïcité garante des droits de toutes les minorités est le seul qui vaille pour le futur. L’humanité, circonstance favorable d’une sortie de crise qui n’a pas produit la guerre comme au siècle précédent, en a les moyens. Elle doit s’y engager sans délais et de toutes ses forces. 

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