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| Carla Del Ponte (photo © AFP) ; des pêcheurs tunisiens mobilisés à Zarzis contre le navire de Génération identitaire (photo © AFP) ; Kim Jong-un (photo © Reuters). |
Calme plat ? Pas si sûr… Chaque année à pareille époque, c’est le leitmotiv d’une actualité mise en sourdine par convention. Cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Mais les faits font l’objet d’un traitement médiatique qui en minore la portée par conformisme, préférant le recours aux « marronniers » d’une presse assoupie. À l’inverse, la rentrée venue, tout s’accélère entre nostalgie pour le temps prétendument « béni » des vacances et la « tyrannie » des impératifs divers d’ordre personnel ou collectif qui ne peuvent attendre. La réalité n’en est pas moins riche et complexe y compris quand on tente de la faire rentrer dans ce moule trop commode pour être « honnête », par-delà un énième scandale agricole en Europe – des œufs contaminés au fipronil, un puissant insecticide. Par-delà une histoire vraie dans une usine Nissan dans le Mississippi profond où une majorité de salariés s’est opposée par référendum… à l’implantation d’une section du syndicat de l’automobile UAW. Pour réfléchir posément aux « charmes » de l’inversion de la hiérarchie des normes constitutive de l’État de droit. Sans oublier Airbnb épargné fiscalement, Le Maire « moulinant » dans le vide pour l’occasion et la condamnation inquiétante en appel de Cédric Herrou pour « aide aux migrants ». Sinon…
Coup de gueule salutaire de Carla Del Ponte. Magistrate opiniâtre, parfois excessive, elle quitte avec fracas la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Elle avait pourtant réussi à « solder juridiquement » ce qui pouvait l’être des guerres des Balkans avec le déferrement de Milosevic et des principaux criminels de guerre à La Haye, contribuant à la restauration des promesses de la paix civile dans la région. En Syrie, un processus comparable n’a servi à rien, dit-elle, soulignant le fait que les deux camps qui s’opposent, celui du Boucher de Damas et celui de ses opposants Islamistes, n’ont que le crime en partage. Sans doute, mais de-là à renoncer, il y a un gouffre. Tout simplement parce qu’il faudra bien venir à bout des uns et des autres et engager une transition « démocratique » pour les populations qui y vivent. Serait-ce long, difficile, marqué par le chaos des incertitudes, il n’y a pas d’alternative. Ce qui fait défaut aujourd’hui à la communauté internationale, c’est un plan de guerre et de paix qui fasse de l’exigence démocratique et laïque – condition pour que tous puissent y vivre – la clé de la transition, serait-elle durablement encadrée sur mandat de l’ONU, les « saigneurs » de guerre locaux n’offrant pas la moindre garantie. Une perspective qui suppose que les commanditaires de l’oppression, de l’Arabie saoudite à l’Iran en passant par la Russie de Poutine, soient contraints de s’y conformer. Pas simple en effet, mais sans alternative autre que l’action diplomatique au long cours, connectée aux combats pour les droits humains, au-delà de la « libération » de Raqqa après celle de Mossoul en Irak.
Identité, thème mortifère des régressions. Il en va de cette provocation qui fait que des identitaires européens – une des variantes du fascisme – embarqués à bord d’un navire affrété pour l’occasion croisent à bonne distance des côtes tunisiennes. Leur « mission », arguent-ils, repousser les migrants vers les terres africaines pour en débarrasser l’Occident chrétien. Rattrapée par la réalité, un temps retenue à Chypre, une partie de l’équipage ayant même déposé des demandes d’asile, confrontée à la colère des marins-pêcheurs tunisiens, cette bande de « salopards » peut encore distiller sa haine sur les réseaux sociaux. Qu’attendent les autorités européennes pour arraisonner ce bateau de la honte et arrêter ceux qui s’en servent pour profaner le cimetière qu’est devenue la Méditerranée entre Afrique et Europe ? Autres manifestations des identités régressives qui ne manquent pas d’inquiéter, celles qui se multiplient en Espagne, singulièrement de la Catalogne au Pays Basque, contre les touristes accusés de défigurer les lieux de vie des habitants. Que le tourisme de masse, surtout quand rien n’a été anticipé, produise des effets indésirables, c’est un fait. Mais s’en prendre au nom d’un « anticapitalisme » frustre replié sur le terroir à de simples touristes est tout simplement et a minima « idiot ». Cette activité assure plus de 10 % du Pib espagnol et davantage des ressources locales. S’en priver serait folie. Des actions « coups de poing » présentées comme l’aboutissement de la revendication nationaliste, de la déconnexion avec Madrid combinée à une rupture avec les normes d’une Europe « libérale » et ouverte. Une « idéologie » prompte à fabriquer des boucs émissaires, ici les migrants réfugiés, là les touristes, la comparaison s’arrêtant là naturellement.
Sanctions unanimes contre Pyongyang. Cette fois ni la Russie de Poutine, ni la Chine de Xi Jinping ne se sont opposées à l’adoption de nouvelles sanctions. Suffisamment rare pour que l’on s’en félicite d’autant que les mesures proposées, si elles étaient respectées, ne seraient pas sans conséquence. De quoi réduire d’environ un tiers, par toute une série d’interdictions, les ressources de Pyongyang résultant du commerce, dans un volume total d’environ trois milliards. Taper à la caisse ce régime imprévisible ne le fera peut-être pas reculer dans la course folle à un armement nucléaire de longue portée qui menace déjà la Corée du Sud, le Japon, la Chine et demain la côte ouest des États-Unis, mais la tentative est louable. Désarmer le plus sinistre des dictateurs de la région apparaît aujourd’hui comme une priorité y compris pour les Chinois même si Pékin ne veut pas, après réunification, d’un géant économique susceptible de lui faire de l’ombre au moins sur les marchés asiatiques. Preuve a contrario que l’action diplomatique, la seule envisageable, peut porter ses fruits demain ou après-demain en tout cas avant qu’un conflit militaire, possiblement nucléarisé, n’ait été déclenché par l’engrenage provocation, agression, riposte. Objectif non contestable en son principe, mais qui n’est pas « opposable » à l’instauration d’un régime démocratique sur les ruines de la dynastie nord-coréenne, ni même à l’aspiration à la réunification des Coréens de part et d’autre de la ligne de démarcation. Les avoirs des hiérarques du régime sont également gelés mais avec une efficacité moindre tant ce régime est confiné dans un fol enfermement. Après l’accord sur le nucléaire iranien – même si Trump, irresponsable, le conteste –, la communauté internationale se doit de poursuivre sans relâche la lutte contre la prolifération nucléaire.
Coup de gueule salutaire de Carla Del Ponte. Magistrate opiniâtre, parfois excessive, elle quitte avec fracas la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Elle avait pourtant réussi à « solder juridiquement » ce qui pouvait l’être des guerres des Balkans avec le déferrement de Milosevic et des principaux criminels de guerre à La Haye, contribuant à la restauration des promesses de la paix civile dans la région. En Syrie, un processus comparable n’a servi à rien, dit-elle, soulignant le fait que les deux camps qui s’opposent, celui du Boucher de Damas et celui de ses opposants Islamistes, n’ont que le crime en partage. Sans doute, mais de-là à renoncer, il y a un gouffre. Tout simplement parce qu’il faudra bien venir à bout des uns et des autres et engager une transition « démocratique » pour les populations qui y vivent. Serait-ce long, difficile, marqué par le chaos des incertitudes, il n’y a pas d’alternative. Ce qui fait défaut aujourd’hui à la communauté internationale, c’est un plan de guerre et de paix qui fasse de l’exigence démocratique et laïque – condition pour que tous puissent y vivre – la clé de la transition, serait-elle durablement encadrée sur mandat de l’ONU, les « saigneurs » de guerre locaux n’offrant pas la moindre garantie. Une perspective qui suppose que les commanditaires de l’oppression, de l’Arabie saoudite à l’Iran en passant par la Russie de Poutine, soient contraints de s’y conformer. Pas simple en effet, mais sans alternative autre que l’action diplomatique au long cours, connectée aux combats pour les droits humains, au-delà de la « libération » de Raqqa après celle de Mossoul en Irak.
Identité, thème mortifère des régressions. Il en va de cette provocation qui fait que des identitaires européens – une des variantes du fascisme – embarqués à bord d’un navire affrété pour l’occasion croisent à bonne distance des côtes tunisiennes. Leur « mission », arguent-ils, repousser les migrants vers les terres africaines pour en débarrasser l’Occident chrétien. Rattrapée par la réalité, un temps retenue à Chypre, une partie de l’équipage ayant même déposé des demandes d’asile, confrontée à la colère des marins-pêcheurs tunisiens, cette bande de « salopards » peut encore distiller sa haine sur les réseaux sociaux. Qu’attendent les autorités européennes pour arraisonner ce bateau de la honte et arrêter ceux qui s’en servent pour profaner le cimetière qu’est devenue la Méditerranée entre Afrique et Europe ? Autres manifestations des identités régressives qui ne manquent pas d’inquiéter, celles qui se multiplient en Espagne, singulièrement de la Catalogne au Pays Basque, contre les touristes accusés de défigurer les lieux de vie des habitants. Que le tourisme de masse, surtout quand rien n’a été anticipé, produise des effets indésirables, c’est un fait. Mais s’en prendre au nom d’un « anticapitalisme » frustre replié sur le terroir à de simples touristes est tout simplement et a minima « idiot ». Cette activité assure plus de 10 % du Pib espagnol et davantage des ressources locales. S’en priver serait folie. Des actions « coups de poing » présentées comme l’aboutissement de la revendication nationaliste, de la déconnexion avec Madrid combinée à une rupture avec les normes d’une Europe « libérale » et ouverte. Une « idéologie » prompte à fabriquer des boucs émissaires, ici les migrants réfugiés, là les touristes, la comparaison s’arrêtant là naturellement.
Sanctions unanimes contre Pyongyang. Cette fois ni la Russie de Poutine, ni la Chine de Xi Jinping ne se sont opposées à l’adoption de nouvelles sanctions. Suffisamment rare pour que l’on s’en félicite d’autant que les mesures proposées, si elles étaient respectées, ne seraient pas sans conséquence. De quoi réduire d’environ un tiers, par toute une série d’interdictions, les ressources de Pyongyang résultant du commerce, dans un volume total d’environ trois milliards. Taper à la caisse ce régime imprévisible ne le fera peut-être pas reculer dans la course folle à un armement nucléaire de longue portée qui menace déjà la Corée du Sud, le Japon, la Chine et demain la côte ouest des États-Unis, mais la tentative est louable. Désarmer le plus sinistre des dictateurs de la région apparaît aujourd’hui comme une priorité y compris pour les Chinois même si Pékin ne veut pas, après réunification, d’un géant économique susceptible de lui faire de l’ombre au moins sur les marchés asiatiques. Preuve a contrario que l’action diplomatique, la seule envisageable, peut porter ses fruits demain ou après-demain en tout cas avant qu’un conflit militaire, possiblement nucléarisé, n’ait été déclenché par l’engrenage provocation, agression, riposte. Objectif non contestable en son principe, mais qui n’est pas « opposable » à l’instauration d’un régime démocratique sur les ruines de la dynastie nord-coréenne, ni même à l’aspiration à la réunification des Coréens de part et d’autre de la ligne de démarcation. Les avoirs des hiérarques du régime sont également gelés mais avec une efficacité moindre tant ce régime est confiné dans un fol enfermement. Après l’accord sur le nucléaire iranien – même si Trump, irresponsable, le conteste –, la communauté internationale se doit de poursuivre sans relâche la lutte contre la prolifération nucléaire.

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