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| Une agence de Pôle Emploi (photo © SIPA), Trump (photo © Getty Images), Macron à Gao au Mali (photo © Reuters). |
Emploi, chômage et précarité dans l’entre-deux. Il va falloir s’habituer à lire les statistiques plus finement. Quand la tendance lourde, le chômage de masse, poursuivait mois après mois sa « crue obscène », les mauvaises nouvelles succédaient aux mauvaises nouvelles, un peu plus ou un peu moins sinistres. Cette époque s’achève doucement en raison de la reprise de la croissance mondiale qui produit mécaniquement ses effets, seraient-ils contrariés par une croissance plus « molle » en France qu’ailleurs – 0,3 % au premier trimestre contre 0,5 % en moyenne après 1,1 % l’an passé et contre près de 2 % dans l’Union. Il faut donc combiner trois paramètres pour avoir une appréciation plus réaliste de ce qui se dessine et pour agir. La France compte un peu plus de 29 millions d’actifs – 29,2 exactement – dans l’emploi ou au chômage. C’est une bonne nouvelle avec un rapport à l’ensemble de la population des 15-64 ans de 71,4 % avec une marge de progression appréciable – 11, 7 millions d’inactifs. L’Insee estime le gain à 1,9 % sur la dernière décennie, soit un million de travailleurs supplémentaires. De quoi éclairer le débat idéologique sur la fin d’une société fondée sur le travail. Mais si cela est de bon augure, le chômage reste à un niveau « insupportable » et ce depuis bien plus d’une décennie. Trois millions de Français, selon les critères du BIT, sont au chômage sans la moindre activité. C’est bien davantage naturellement avec l’approche de Pôle Emploi qui prend en compte toutes les catégories de sous-emploi et d’emplois partiels subis – près de 5,5 millions au total. Avec les derniers chiffres connus, l’on en revient tout juste à la situation qui prévalait au début du précédent quinquennat en 2012. Cinq ans perdus en politiques aussi inefficaces économiquement qu’injustes socialement. L’emploi en CDI, s’il reste heureusement dominant – 85,3 % – est en léger recul sur la décennie – 10,5 % en CDD, 2,7 % en intérim et 1,6 % en apprentissage. Une moyenne qui cache en outre une situation de discrimination des plus jeunes – 44 % seulement en CDI chez les moins de 25 ans. Le diplôme reste la clé de l’emploi – 5,7 % des bac + 2 sont au chômage contre 17,5 % des sans-diplôme. La lutte contre la précarité des CDD exige que l’on en fasse une priorité d’autant qu’elle affecte surtout les petites structures de production. L’encadrement légal et la régulation du recours à ce type d’emploi sont décisifs parce qu’ils déterminent la « qualité » de l’emploi directement pour ceux qui y sont confrontés et indirectement pour tous les autres. Il y a enfin ce « halo du chômage » qui fait que 1,6 million de citoyens sont exclus de l’emploi, l’écrasante majorité d’entre eux souhaitant travailler sans le pouvoir et ne remplissant pas non plus les critères pour être considérés comme chômeurs. C’est « énorme » et qui plus est géographiquement ancré territorialement – principalement dans les Hauts-de-France et les Outre-mer. Ce doit donc être l’autre priorité sur le plan social en matière de baisse du chômage et de retour au travail du plus grand nombre avec un objectif de « plein-emploi » à terme. Cela suppose un accompagnement social au sens large mais qui a un préalable de fait, la relance de l’économie, non par la dérégulation, la flexibilité et la baisse des charges sociales, mais par l’amélioration des « conditions générales de la production » au profit de tous.
Trump, touché mais pas coulé et donc dangereux. Sa première tournée tardive à l’étranger a de quoi mettre les chancelleries sur les charbons ardents. C’est un président américain affaibli, plombé par ses frasques et délits, qui passe par le Moyen-Orient – Arabie saoudite et Israël – avant de rejoindre l’Europe pour les sommets de l’Otan et du G7 avec au menu un repas avec Macron. Avant, il a rouvert le processus de négociation de l’Alena – zone de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. À Washington, l’ombre d’une possible procédure de destitution, ne serait-elle pas immédiate, se profile après le débarquement du directeur du FBI, une obstruction revendiquée à la Justice et la révélation d’informations classifiées au ministre russe des Affaires étrangères. La nomination d’un procureur spécial combattue jusqu’au dernier moment le souligne. À Ryad, les Américains plaideront leurs affaires dont des ventes d’armement directement concurrentes avec les « espoirs » français dans le domaine naval. À Tel-Aviv où la grève de la faim des prisonniers palestiniens se poursuit, Trump, qui a mis à mal le renseignement israélien par pure « connerie », ne devrait pas accéder à la demande de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem après s’y être engagé. Le caractère imprévisible du personnage, serait-il plus « encadré » que jamais, doit cependant inciter à la prudence. À Bruxelles, il se dit que les Européens devront faire « simple » tant la capacité de concentration et de compréhension de leur interlocuteur est limitée. Invraisemblable et pourtant réel. Il n’en ira pas différemment à Taormine (Sicile) même si les enjeux du G7 sont moindres sur le papier. La lutte contre le protectionnisme terreau du populisme et grand classique des sommets coopératifs d’antan a été remisée par « égard » pour l’hôte américain bien qu’elle soit plus que jamais à l’ordre du jour et l’une des conditions pour porter la croissance de l’économie mondiale, mieux régulée, à un niveau plus élevé. L’on parlera donc davantage de sécurité collective et de lutte contre le terrorisme et l’EI-Daech sur fond de progrès militaire sur le terrain, à Mossoul en particulier. L’Otan rejoindra probablement et formellement la coalition internationale par-delà l’engagement de ses piliers principaux de part et d’autre de l’Atlantique. Sans grande conséquence opérationnelle, le sujet n’est pas secondaire parce qu’il pèsera sur la place future de l’organisation – extension géographique de l’engagement, contenu plus « politique » que « militaire » de l’Alliance. Les problèmes de gouvernance planétaire au sein de l’ONU restant par ailleurs entiers. En toile de fond, la tendance confirmée à l’augmentation de la dépense publique à des fins militaires, expression d’un monde plus dangereux sans doute, mais surtout choix économique plus que discutable. Il s’inscrit en effet en rupture avec les progrès réalisés sur les objectifs du Millénaire en partie atteints en matière de lutte contre la faim et la misère et qui appellent une suite efficace avec des objectifs de développement mieux partagés, de lutte contre les inégalités qui ont explosé avec la crise et pour une transition écologique et énergétique garante d’une préservation absolument vitale du climat. Macron l’Européen, de retour du « front » à Gao (Mali), fera des premiers pas très attendus sur la scène diplomatique mondiale avec un succès d’image à la clé. Il en faudra davantage pour peser sur le cours du monde pour la paix, le développement et le progrès au nom d’une Europe devenue le leader des non-alignés du XXIe siècle.
Trump, touché mais pas coulé et donc dangereux. Sa première tournée tardive à l’étranger a de quoi mettre les chancelleries sur les charbons ardents. C’est un président américain affaibli, plombé par ses frasques et délits, qui passe par le Moyen-Orient – Arabie saoudite et Israël – avant de rejoindre l’Europe pour les sommets de l’Otan et du G7 avec au menu un repas avec Macron. Avant, il a rouvert le processus de négociation de l’Alena – zone de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. À Washington, l’ombre d’une possible procédure de destitution, ne serait-elle pas immédiate, se profile après le débarquement du directeur du FBI, une obstruction revendiquée à la Justice et la révélation d’informations classifiées au ministre russe des Affaires étrangères. La nomination d’un procureur spécial combattue jusqu’au dernier moment le souligne. À Ryad, les Américains plaideront leurs affaires dont des ventes d’armement directement concurrentes avec les « espoirs » français dans le domaine naval. À Tel-Aviv où la grève de la faim des prisonniers palestiniens se poursuit, Trump, qui a mis à mal le renseignement israélien par pure « connerie », ne devrait pas accéder à la demande de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem après s’y être engagé. Le caractère imprévisible du personnage, serait-il plus « encadré » que jamais, doit cependant inciter à la prudence. À Bruxelles, il se dit que les Européens devront faire « simple » tant la capacité de concentration et de compréhension de leur interlocuteur est limitée. Invraisemblable et pourtant réel. Il n’en ira pas différemment à Taormine (Sicile) même si les enjeux du G7 sont moindres sur le papier. La lutte contre le protectionnisme terreau du populisme et grand classique des sommets coopératifs d’antan a été remisée par « égard » pour l’hôte américain bien qu’elle soit plus que jamais à l’ordre du jour et l’une des conditions pour porter la croissance de l’économie mondiale, mieux régulée, à un niveau plus élevé. L’on parlera donc davantage de sécurité collective et de lutte contre le terrorisme et l’EI-Daech sur fond de progrès militaire sur le terrain, à Mossoul en particulier. L’Otan rejoindra probablement et formellement la coalition internationale par-delà l’engagement de ses piliers principaux de part et d’autre de l’Atlantique. Sans grande conséquence opérationnelle, le sujet n’est pas secondaire parce qu’il pèsera sur la place future de l’organisation – extension géographique de l’engagement, contenu plus « politique » que « militaire » de l’Alliance. Les problèmes de gouvernance planétaire au sein de l’ONU restant par ailleurs entiers. En toile de fond, la tendance confirmée à l’augmentation de la dépense publique à des fins militaires, expression d’un monde plus dangereux sans doute, mais surtout choix économique plus que discutable. Il s’inscrit en effet en rupture avec les progrès réalisés sur les objectifs du Millénaire en partie atteints en matière de lutte contre la faim et la misère et qui appellent une suite efficace avec des objectifs de développement mieux partagés, de lutte contre les inégalités qui ont explosé avec la crise et pour une transition écologique et énergétique garante d’une préservation absolument vitale du climat. Macron l’Européen, de retour du « front » à Gao (Mali), fera des premiers pas très attendus sur la scène diplomatique mondiale avec un succès d’image à la clé. Il en faudra davantage pour peser sur le cours du monde pour la paix, le développement et le progrès au nom d’une Europe devenue le leader des non-alignés du XXIe siècle.
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