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| Trump (photo © AP), Le Pen et Poutine (photo © REUTERS), Dijsselbloem (photo © Council of the EU). |
Trump en échec au moins provisoire. Et de deux avec le nouveau décret sur l’immigration suspendu par un juge fédéral. Ce n’est probablement pas l’ultime rebondissement de cette affaire où le racisme est patent depuis le début, mais cela démontre que la marge de manœuvre du despote et de son administration n’est pas aussi importante qu’il le pensait. La résilience de la société américaine, la résistance de larges secteurs de l’opinion, la mise en ordre de bataille de l’opposition démocrate au Congrès expliquent largement cette situation ubuesque où Trump gesticule sans pouvoir mettre en œuvre ses lubies. Il n’en va pas différemment à propos du programme de santé « Obamacare » qu’il entend détruire, supprimant toute couverture maladie à plus de vingt millions d’Américains. Cette fois, c’est du camp républicain qu’est venu le grain de sable qui grippe tout. Les démocrates y sont unanimement opposés mais nombre d’élus républicains ne voient pas non plus à quoi servirait de remettre en cause un programme qui fonctionne, ne couvrirait-il pas suffisamment de monde à ce jour. Sans compter les extrémistes issus du Tea Party, qui eux voudraient aller plus vite et plus fort pour démanteler ce « filet » de sécurité sociale et quelques autres. Du coup, Trump, en dépit d’un investissement personnel extravagant, est bloqué par le Congrès où le vote a dû être reporté. Déjà et ce n’est probablement que le début d’une opposition paralysante entre les deux sources du pouvoir politique. De quoi rendre celui qui a été élu par défaut après une campagne de mensonges et de haine pour l’instant impuissant. Par ailleurs, plusieurs piliers de son administration font l’objet d’une enquête fédérale en raison de leurs liaisons secrètes avec les représentants de Poutine. Une ambiance de fin de règne alors que celui-ci, en théorie, ne fait que commencer.
Dijsselbloem pris en flagrant délit… de calomnies méprisantes à l’endroit des Européens du Sud. Selon ce « petit marquis » qui préside depuis 2013 l’Eurogroupe, ceux-ci auraient dépensé trop d’argent en « schnaps » et pour « les femmes » avant de prétendre bénéficier des solidarités européennes. Ses fantasmes n’honorent pas ce « social-démocrate » néerlandais qui sert de paravent commode à la toute-puissance de Schäuble dans l’instance « informelle » qui réunit les 19 ministres des finances de la zone euro et préfigure en quelque sorte un futur gouvernement économique de l’Union. Dijsselbloem n’en est pas à son coup d’essai. C’est une des raisons qui a fait que son parti – PvdA, parti du travail – est passé de quelque 24 % à moins de 6 % aux Pays-Bas. Il ne peut invoquer un contexte local pour tenter de justifier ses propos aussi déplacés que honteux. Les dénonciations du « Club-Med » chères à la presse et aux tenants de l’austérité en Allemagne n’ont guère eu d’échos chez son voisin. La « violence » et la brutalité de Dijsselbloem y ont été dénoncées avec constance. Il doit s’en aller car comme l’a fort justement rappelé Antonio Costa, chef du gouvernement portugais de gauche, « l’Europe ne sera crédible que le jour où M. Dijsselbloem aura démissionné de la Présidence de l’Eurogroupe ». Dommage que ni Sapin ni Hollande ne se soient joints au concert de protestations, même s’ils jureront sans doute l’avoir fait de manière non publique. Raison de plus pour porter de manière unitaire à gauche la proposition de Thomas Piketty reprise par Benoît Hamon de mettre en place un Parlement de la zone euro élu démocratiquement.
Londres entre attentats et « Brexit »… Les circonstances ont fait que Londres a été frappée par un attentat ignoble quelques jours avant que le gouvernement May n’engage le processus de rupture avec l’Union européenne en invoquant l’article 50 des traités. Une nouvelle fois, après les attentats terribles de 2005 et comme à Paris, comme à Berlin, comme à Bruxelles, des hommes, des femmes, des enfants sont tombés sous les coups des assassins islamistes de l’EI-Daesh. Cette fois, c’est le cœur de Londres qui était visé, aux abords immédiats du Parlement. Quartier symbolique du pouvoir comme du tourisme qui fait de Londres l’une des capitales européennes. Bien sûr, la solidarité fraternelle de tous les Européens était acquise à la première minute de ce crime odieux. Elle est venue rappeler fort opportunément les liens historiques, ceux des échanges humains et commerciaux, ceux d’une communauté de destin entre la Grande-Bretagne, sa capitale et quelque 508 millions de citoyens européens. Qui ne voit qu’en ce domaine de la lutte contre le terrorisme, au-delà de l’émotion, la raison milite contre tout séparatisme, contre une rupture irrémédiable, contre une déconnexion qui menace l’identité même du Royaume-uni. Au même moment d’ailleurs où parvenait la nouvelle, le Parlement écossais suspendait ses travaux… sur les conséquences précisément d’un « Brexit » qui le contraindrait à se séparer à son tour pour rester dans l’Union. Même état d’esprit en Irlande où Dublin commence à profiter significativement des délocalisations londoniennes, ce qui rend encore plus « désirable » au nord la réunification irlandaise. Partir n’a jamais été la solution. Le retour à la raison doit l’emporter coûte que coûte sur le « pari » idiot.
Francfort ou la ruée vers l’or… Ils se sont précipités, les banquiers privés, pour bénéficier de la dernière grande opération de « refinancement » proposée par la BCE. Près de 500 établissements – 474 très exactement – ont emprunté 233,5 milliards d’euros pour une durée de 4 ans à des taux oscillant entre 0 et - 0,4 %. Situation habituelle pour le secteur mais qui prend fin avec le retour progressif à la normale qui confirme, plus qu’aucun autre indicateur, la fin de la première grande crise financière du XXIe siècle. C’est d’ailleurs avec un bilan presque honorable que s’en sort la Banque centrale de l’Union. Par ses actions non-conventionnelles, elle aurait contribué à créer 1,8 % de Pib, de richesse supplémentaire en Europe. Ce n’est pas « le Pérou » et en tout cas moins que la contribution de la Fed américaine, ne serait-ce qu’en raison du retard à l’allumage provoqué par les fanatiques de l’austérité qui ne voulaient pas en entendre parler. L’intervention pour soutenir activement les économies de la zone a également permis d’éviter la spirale de la déflation, le taux d’inflation atteignant 1,3 %, encore assez loin de l’objectif des 2 % mais suffisant pour éloigner le pire. Il n’y a cependant pas de quoi pavoiser pour Draghi et le Conseil des gouverneurs car les États-Unis ont fait mieux et le problème des dettes souveraines reste pendant, faute qu’elles aient été « mutualisées » au moins partiellement – au-delà par exemple des 60 % du Pib, pour se conformer à l’un des trois fameux critères de Maastricht. L’autosatisfaction de Sapin, parce que l’économie française pourrait afficher un déficit public de 3,4 % en 2016, n’est guère convaincante, d’autant que la dette est passée dans le même temps de 95,5 % à 96 % du Pib, et que le chômage est reparti à la hausse les trois derniers mois. Peut vraiment mieux faire.
Paris, une campagne en trompe-l'œil… avec un candidat de droite convaincu de corruption qui tente une ultime diversion pour ne pas sombrer. Le voilà victime d’un « cabinet noir » aux ordres de Hollande qui s’évertuerait à le salir. Pourquoi pas les prophéties des sorcières lui promettant le trône à l’instar de Macbeth, « la route du pouvoir étant parsemée de crimes » ? La droite s’enfonce dans le ridicule avec le renfort de l’institut COE-Rexecode, porte-parole habituel du Medef, qui tente de sauver son programme qui « créerait 1,5 million d’emplois »… Et puis, il y a Le Pen, l’amie des puissants, qui faute d’avoir pu voir Trump, son modèle, est allée chercher l’adoubement auprès de Poutine. Image combien révélatrice de ce qu’il adviendrait de la diplomatie française et européenne si elle devait l’emporter. Le reste en comparaison paraît « fade » parce que plus « réel ». Macron qui en vient – la dernière nouveauté – à vouloir « supprimer les départements là où il y a des métropoles ». Ce serait judicieux… sauf qu’il s’agit encore de l’une de ces demi-mesures qui lui vont comme un gant. On laisserait en effet en place plus de la moitié du mille-feuille administratif au risque de le dresser contre les métropoles. Mieux vaut être cohérent et abolir ces institutions d’autrefois, inutiles, coûteuses et bureaucratiques. C’est un peu comme la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages parce que le jeune homme pressé craint de « bousculer » par trop ses soutiens en revoyant les bases d’imposition des années soixante-dix du siècle passé. À gauche, rien de neuf sauf un croisement de courbes qui ne dit rien de plus du point de vue de l’unité qui serait nécessaire, aujourd’hui comme hier, pour ne pas louper la marche de la qualification. Et pendant ce temps, le ballet des ralliements donne une performance appelée à établir une sorte de record, celui de l’indécence. Courez ministres, sénateurs, députés, le vieux monde vous attend !
Dijsselbloem pris en flagrant délit… de calomnies méprisantes à l’endroit des Européens du Sud. Selon ce « petit marquis » qui préside depuis 2013 l’Eurogroupe, ceux-ci auraient dépensé trop d’argent en « schnaps » et pour « les femmes » avant de prétendre bénéficier des solidarités européennes. Ses fantasmes n’honorent pas ce « social-démocrate » néerlandais qui sert de paravent commode à la toute-puissance de Schäuble dans l’instance « informelle » qui réunit les 19 ministres des finances de la zone euro et préfigure en quelque sorte un futur gouvernement économique de l’Union. Dijsselbloem n’en est pas à son coup d’essai. C’est une des raisons qui a fait que son parti – PvdA, parti du travail – est passé de quelque 24 % à moins de 6 % aux Pays-Bas. Il ne peut invoquer un contexte local pour tenter de justifier ses propos aussi déplacés que honteux. Les dénonciations du « Club-Med » chères à la presse et aux tenants de l’austérité en Allemagne n’ont guère eu d’échos chez son voisin. La « violence » et la brutalité de Dijsselbloem y ont été dénoncées avec constance. Il doit s’en aller car comme l’a fort justement rappelé Antonio Costa, chef du gouvernement portugais de gauche, « l’Europe ne sera crédible que le jour où M. Dijsselbloem aura démissionné de la Présidence de l’Eurogroupe ». Dommage que ni Sapin ni Hollande ne se soient joints au concert de protestations, même s’ils jureront sans doute l’avoir fait de manière non publique. Raison de plus pour porter de manière unitaire à gauche la proposition de Thomas Piketty reprise par Benoît Hamon de mettre en place un Parlement de la zone euro élu démocratiquement.
Londres entre attentats et « Brexit »… Les circonstances ont fait que Londres a été frappée par un attentat ignoble quelques jours avant que le gouvernement May n’engage le processus de rupture avec l’Union européenne en invoquant l’article 50 des traités. Une nouvelle fois, après les attentats terribles de 2005 et comme à Paris, comme à Berlin, comme à Bruxelles, des hommes, des femmes, des enfants sont tombés sous les coups des assassins islamistes de l’EI-Daesh. Cette fois, c’est le cœur de Londres qui était visé, aux abords immédiats du Parlement. Quartier symbolique du pouvoir comme du tourisme qui fait de Londres l’une des capitales européennes. Bien sûr, la solidarité fraternelle de tous les Européens était acquise à la première minute de ce crime odieux. Elle est venue rappeler fort opportunément les liens historiques, ceux des échanges humains et commerciaux, ceux d’une communauté de destin entre la Grande-Bretagne, sa capitale et quelque 508 millions de citoyens européens. Qui ne voit qu’en ce domaine de la lutte contre le terrorisme, au-delà de l’émotion, la raison milite contre tout séparatisme, contre une rupture irrémédiable, contre une déconnexion qui menace l’identité même du Royaume-uni. Au même moment d’ailleurs où parvenait la nouvelle, le Parlement écossais suspendait ses travaux… sur les conséquences précisément d’un « Brexit » qui le contraindrait à se séparer à son tour pour rester dans l’Union. Même état d’esprit en Irlande où Dublin commence à profiter significativement des délocalisations londoniennes, ce qui rend encore plus « désirable » au nord la réunification irlandaise. Partir n’a jamais été la solution. Le retour à la raison doit l’emporter coûte que coûte sur le « pari » idiot.
Francfort ou la ruée vers l’or… Ils se sont précipités, les banquiers privés, pour bénéficier de la dernière grande opération de « refinancement » proposée par la BCE. Près de 500 établissements – 474 très exactement – ont emprunté 233,5 milliards d’euros pour une durée de 4 ans à des taux oscillant entre 0 et - 0,4 %. Situation habituelle pour le secteur mais qui prend fin avec le retour progressif à la normale qui confirme, plus qu’aucun autre indicateur, la fin de la première grande crise financière du XXIe siècle. C’est d’ailleurs avec un bilan presque honorable que s’en sort la Banque centrale de l’Union. Par ses actions non-conventionnelles, elle aurait contribué à créer 1,8 % de Pib, de richesse supplémentaire en Europe. Ce n’est pas « le Pérou » et en tout cas moins que la contribution de la Fed américaine, ne serait-ce qu’en raison du retard à l’allumage provoqué par les fanatiques de l’austérité qui ne voulaient pas en entendre parler. L’intervention pour soutenir activement les économies de la zone a également permis d’éviter la spirale de la déflation, le taux d’inflation atteignant 1,3 %, encore assez loin de l’objectif des 2 % mais suffisant pour éloigner le pire. Il n’y a cependant pas de quoi pavoiser pour Draghi et le Conseil des gouverneurs car les États-Unis ont fait mieux et le problème des dettes souveraines reste pendant, faute qu’elles aient été « mutualisées » au moins partiellement – au-delà par exemple des 60 % du Pib, pour se conformer à l’un des trois fameux critères de Maastricht. L’autosatisfaction de Sapin, parce que l’économie française pourrait afficher un déficit public de 3,4 % en 2016, n’est guère convaincante, d’autant que la dette est passée dans le même temps de 95,5 % à 96 % du Pib, et que le chômage est reparti à la hausse les trois derniers mois. Peut vraiment mieux faire.
Paris, une campagne en trompe-l'œil… avec un candidat de droite convaincu de corruption qui tente une ultime diversion pour ne pas sombrer. Le voilà victime d’un « cabinet noir » aux ordres de Hollande qui s’évertuerait à le salir. Pourquoi pas les prophéties des sorcières lui promettant le trône à l’instar de Macbeth, « la route du pouvoir étant parsemée de crimes » ? La droite s’enfonce dans le ridicule avec le renfort de l’institut COE-Rexecode, porte-parole habituel du Medef, qui tente de sauver son programme qui « créerait 1,5 million d’emplois »… Et puis, il y a Le Pen, l’amie des puissants, qui faute d’avoir pu voir Trump, son modèle, est allée chercher l’adoubement auprès de Poutine. Image combien révélatrice de ce qu’il adviendrait de la diplomatie française et européenne si elle devait l’emporter. Le reste en comparaison paraît « fade » parce que plus « réel ». Macron qui en vient – la dernière nouveauté – à vouloir « supprimer les départements là où il y a des métropoles ». Ce serait judicieux… sauf qu’il s’agit encore de l’une de ces demi-mesures qui lui vont comme un gant. On laisserait en effet en place plus de la moitié du mille-feuille administratif au risque de le dresser contre les métropoles. Mieux vaut être cohérent et abolir ces institutions d’autrefois, inutiles, coûteuses et bureaucratiques. C’est un peu comme la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages parce que le jeune homme pressé craint de « bousculer » par trop ses soutiens en revoyant les bases d’imposition des années soixante-dix du siècle passé. À gauche, rien de neuf sauf un croisement de courbes qui ne dit rien de plus du point de vue de l’unité qui serait nécessaire, aujourd’hui comme hier, pour ne pas louper la marche de la qualification. Et pendant ce temps, le ballet des ralliements donne une performance appelée à établir une sorte de record, celui de l’indécence. Courez ministres, sénateurs, députés, le vieux monde vous attend !

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