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| Geert Wilders (photo © Peter Hilz/HH) ; Macron, Le Pen, Fillon (photos © AFP), Donald Tusk (photo © EU). |
Quand les alliés de Le Pen reculent aux Pays-Bas… Les tenants du PVV – parti de la Liberté – de Geert Wilders étaient donnés vainqueurs aux points par tous les sondages au début de la campagne électorale mais seraient désormais en perte de vitesse en vue des élections du 15 mars prochain à la Seconde Chambre des États généraux qui mobilisent 13 millions d’électeurs. Ils passeraient ainsi d’un gain escompté de 30 sièges à une fourchette plus probable de 21 à 25 sièges sur les 150 que compte la chambre basse néerlandaise. À confirmer bien sûr, mais pour mémoire, les sondages avaient surestimé leur score en 2012 où ils avaient fini à 10,8 % des suffrages. Les raisons d’une stagnation, voire d’un recul éventuel, des populistes néofascistes sont à chercher dans une campagne violente contre l’immigration alors que les partis de droite dont celui du Premier ministre Mark Rutte s’affichaient sur des thèmes voisins avec d’autres mots. Si ajoutent l’indigence du programme du PVV, la rupture d’avec l’UE et la sortie de l’euro avec une référence obsessionnelle à Trump. Le pays n’en demeure pas moins en crise avec une forte fracture territoriale, une économie dont les bons chiffres relatifs – 2,1 % de croissance en 2016 après 2 % en 2015, 6 % de chômage, déficits réduits à 1,9 % du Pib – masquent mal le rejet profond de la politique de la coalition droite gauche, libéraux travaillistes, sortante. Les deux partis principaux à eux seuls totalisaient plus de 50 % des voix en 2012, ils engrangeraient ensemble moitié moins aujourd’hui. Les sociaux-démocrates du PvdA passeraient ainsi de 25 % des voix et de 38 sièges à une fourchette entre 7 et 9 % pour 10 à 14 sièges. Un quasi-effondrement qui ne profite guère au Ps – parti socialiste, antieuropéen – qui se tasserait alors que le parti de gauche écolo en tirerait profit à la marge. Et puis, reste la question démocratique avec un système de proportionnelle intégrale sans seuil d’accès qui se traduit par la multiplication des formations – onze représentées en 2012, treize probablement cette fois – pour une gouvernance fédérale mise à mal par la fracture territoriale. On compte en effet nombre de partis plus ou moins confessionnels et même un parti des immigrés qui sont autant de signes de la « fragmentation » de l’électorat. Pas de quoi clarifier les choses sur la question européenne en particulier au-delà des généralités qui font des Néerlandais une population attachée à l’Union, mais qui avait rejeté lors du référendum de l’an passé l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union alors que celui-ci ainsi que le partenariat oriental est au cœur de la construction européenne vue d’Europe du nord face à Poutine et au lendemain du « Brexit ».
Quand la campagne électorale en France inquiète… Fillon aurait ainsi « sauvé sa peau » à droite en attendant sa mise en examen pour des motifs qui l’auraient contraint ailleurs à la démission. La tentative pour le « débrancher » en douceur a échoué même si les Sarkozystes l’encadrent désormais au plus près. L’ancien « collaborateur » est « cerné » par sa nouvelle garde rapprochée. Le Pen, déjà mise en examen et devant l’être de nouveau, se situe toujours au plus haut des intentions de vote. Elle ne recule pas, serait-elle dans un mouchoir avec Macron. Cette présence de potentiels « repris de justice » parmi les candidats principaux donne en Europe une image inquiétante d’un pays réputé assez « arrogant » prêt à donner des leçons à la terre entière. Le système antidémocratique de la Ve République et la course aux parrainages accentuent encore la caricature quand le PC fait patienter Mélenchon, quand Le Pen laisse croire qu’elle n’y parvient que difficilement, quand des rumeurs font état d’une réserve pour Hollande dans l’hypothèse où il se dédirait. Comment ne pas y voir l’utilisation d’une « rente » acquise par élus interposés propre elle aussi à alimenter le populisme ? Un moyen de faire campagne de com’ sans faire campagne de fond. Et puis, il a les incertitudes à gauche avec une candidature Hamon qui ne décolle pas d’un étiage bas, très bas même pour un parti d’alternance comme le PS après une primaire honorable. Certains y verront un positionnement « trop à gauche » invoquant le fait que le candidat se tienne à bonne distance, à juste titre, du bilan du quinquennat pour ne pas voir fondre davantage les intentions de vote. Pour autant qu’elle ait été conforme à ce que l’on en attendait, sa dernière prestation télévisuelle souffre d’un dérapage sérieux – après quelques autres – qui voudrait que Macron, l’héritier du quinquennat, soit devenu par son programme « non un rempart mais le marchepied de Le Pen ». Jadot s'y était essayé dans la même veine, Peillon, lui, se disqualifiant par des propos odieux. C’est « folie » tout simplement parce que cela ne tient pas la route et hypothéquerait l’issue d’un second tour où la gauche, si elle devait être éliminée, devrait malgré tout figurer. Macron n’a jamais été de gauche au sens que prend le mot aux yeux des militants. Électron libre, il a inspiré et servi une « politique de l’offre » qui ne l’était pas davantage et dont les résultats chiffrés sont sans appel en matière de croissance, d’emploi, de déficits budgétaires et commerciaux loin derrière nos partenaires européens. En faire le fourrier de l’extrême-droite est en revanche totalement inapproprié et dangereux car si la gauche est éliminée du second tour, il lui faudra porter un front démocratique sans exclusive contre Le Pen. Ce n’est certes pas le sujet du jour mais « gouverner c’est prévoir », y compris ce qui n’est pas souhaitable. Enfin, comment convaincre ceux qui sautent l’étape du premier tour pour voler au secours de la victoire promise de Macron que pour défendre les valeurs de la gauche, mieux vaut être rassemblé qu’en ordre dispersé. Des raccourcis semblables dans d’autres circonstances ont tant coûté à l’humanité au XXe siècle qu’ils devraient être proscrits. Il n’en est rien.
Quand tout le reste est contrasté selon le lieu et le jour… À Londres où après la reddition sans combat des Communes devant May, c’est la Chambre des lords qui fait de la résistance exigeant tout simplement que le Parlement ait son mot à dire sur le processus de sortie de l’Union et puisse au final porter un jugement sur le résultat des négociations. Positif par-delà l’ironie de l’histoire et accablant pour la direction travailliste de Jeremie Corbyn. À Mossoul où les forces irakiennes continuent de progresser lentement dans la reconquête du bastion urbain de l’EI-Daesh, dans la partie occidentale de la ville. Raison de plus pour s’indigner que l’ONU n’ait toujours rien prévu pour la transition en termes d’administration internationale de cette cité qui sans cela donnera lieu une fois acquise la défaite des fous de Dieu d’Al-Baghdadi à d’autres conflits armés pour la domination de la région. À Washington, quand le nouveau patron de l’Agence de l’environnement, en proie au délire de persécution, en vient à considérer qu’en matière de réchauffement climatique « il faut continuer à étudier l’analyse » avec en ligne de mire « le mauvais accord de Paris ». Le danger est d’autant plus grand que le niveau exceptionnel des stocks de pétrole américains a renvoyé le prix du baril à moins de 50 dollars comme une invitation au crime écologique partagé. À Paris enfin où heureusement tout n’est pas noir et où par-delà les péripéties et autres accidents de campagne électorale, les Français restent selon un sondage Elabe défavorables dans leur majorité à la sortie de l’euro – 72 % opposés, 44 % très opposés. Même chez les électeurs d’extrême-droite le doute s’insinue puisqu’ils ne sont que 60 % à la souhaiter. Les jeunes, à plus de 50 %, voient plus d’avantages que d’inconvénients à la monnaie unique tandis qu’un tiers des retraités seulement sont du même avis. Même constat pour la fracture sociale et à plus forte raison territoriale. 44 % d’avis positifs chez les cadres contre 17 % chez les employés, 44 % en région parisienne contre 25 % dans les petites agglomérations de moins de 20 000 habitants. Un moyen de mesurer tout à la fois les points d’appui et l’ampleur de la tâche pour avancer résolument vers une autre Europe plus sociale, plus démocratique où l’égalité et les solidarités emporteraient une large adhésion des populations. Au même moment, le Conseil européen, procédant habituellement des souverainetés nationales, s’exonère de celles-ci dans une optique plus fédérale en reconduisant à son poste son Président Donal Tusk en dépit d’une opposition farouche du gouvernement catholique de droite extrême de Varsovie. Un précédent dont il faudra mesurer la portée à l’usage. L’Europe, question structurante désormais sur toutes les scènes politiques nationales, mais qui suscite des sentiments encore contrastés chez beaucoup d’Européens.
Quand la campagne électorale en France inquiète… Fillon aurait ainsi « sauvé sa peau » à droite en attendant sa mise en examen pour des motifs qui l’auraient contraint ailleurs à la démission. La tentative pour le « débrancher » en douceur a échoué même si les Sarkozystes l’encadrent désormais au plus près. L’ancien « collaborateur » est « cerné » par sa nouvelle garde rapprochée. Le Pen, déjà mise en examen et devant l’être de nouveau, se situe toujours au plus haut des intentions de vote. Elle ne recule pas, serait-elle dans un mouchoir avec Macron. Cette présence de potentiels « repris de justice » parmi les candidats principaux donne en Europe une image inquiétante d’un pays réputé assez « arrogant » prêt à donner des leçons à la terre entière. Le système antidémocratique de la Ve République et la course aux parrainages accentuent encore la caricature quand le PC fait patienter Mélenchon, quand Le Pen laisse croire qu’elle n’y parvient que difficilement, quand des rumeurs font état d’une réserve pour Hollande dans l’hypothèse où il se dédirait. Comment ne pas y voir l’utilisation d’une « rente » acquise par élus interposés propre elle aussi à alimenter le populisme ? Un moyen de faire campagne de com’ sans faire campagne de fond. Et puis, il a les incertitudes à gauche avec une candidature Hamon qui ne décolle pas d’un étiage bas, très bas même pour un parti d’alternance comme le PS après une primaire honorable. Certains y verront un positionnement « trop à gauche » invoquant le fait que le candidat se tienne à bonne distance, à juste titre, du bilan du quinquennat pour ne pas voir fondre davantage les intentions de vote. Pour autant qu’elle ait été conforme à ce que l’on en attendait, sa dernière prestation télévisuelle souffre d’un dérapage sérieux – après quelques autres – qui voudrait que Macron, l’héritier du quinquennat, soit devenu par son programme « non un rempart mais le marchepied de Le Pen ». Jadot s'y était essayé dans la même veine, Peillon, lui, se disqualifiant par des propos odieux. C’est « folie » tout simplement parce que cela ne tient pas la route et hypothéquerait l’issue d’un second tour où la gauche, si elle devait être éliminée, devrait malgré tout figurer. Macron n’a jamais été de gauche au sens que prend le mot aux yeux des militants. Électron libre, il a inspiré et servi une « politique de l’offre » qui ne l’était pas davantage et dont les résultats chiffrés sont sans appel en matière de croissance, d’emploi, de déficits budgétaires et commerciaux loin derrière nos partenaires européens. En faire le fourrier de l’extrême-droite est en revanche totalement inapproprié et dangereux car si la gauche est éliminée du second tour, il lui faudra porter un front démocratique sans exclusive contre Le Pen. Ce n’est certes pas le sujet du jour mais « gouverner c’est prévoir », y compris ce qui n’est pas souhaitable. Enfin, comment convaincre ceux qui sautent l’étape du premier tour pour voler au secours de la victoire promise de Macron que pour défendre les valeurs de la gauche, mieux vaut être rassemblé qu’en ordre dispersé. Des raccourcis semblables dans d’autres circonstances ont tant coûté à l’humanité au XXe siècle qu’ils devraient être proscrits. Il n’en est rien.
Quand tout le reste est contrasté selon le lieu et le jour… À Londres où après la reddition sans combat des Communes devant May, c’est la Chambre des lords qui fait de la résistance exigeant tout simplement que le Parlement ait son mot à dire sur le processus de sortie de l’Union et puisse au final porter un jugement sur le résultat des négociations. Positif par-delà l’ironie de l’histoire et accablant pour la direction travailliste de Jeremie Corbyn. À Mossoul où les forces irakiennes continuent de progresser lentement dans la reconquête du bastion urbain de l’EI-Daesh, dans la partie occidentale de la ville. Raison de plus pour s’indigner que l’ONU n’ait toujours rien prévu pour la transition en termes d’administration internationale de cette cité qui sans cela donnera lieu une fois acquise la défaite des fous de Dieu d’Al-Baghdadi à d’autres conflits armés pour la domination de la région. À Washington, quand le nouveau patron de l’Agence de l’environnement, en proie au délire de persécution, en vient à considérer qu’en matière de réchauffement climatique « il faut continuer à étudier l’analyse » avec en ligne de mire « le mauvais accord de Paris ». Le danger est d’autant plus grand que le niveau exceptionnel des stocks de pétrole américains a renvoyé le prix du baril à moins de 50 dollars comme une invitation au crime écologique partagé. À Paris enfin où heureusement tout n’est pas noir et où par-delà les péripéties et autres accidents de campagne électorale, les Français restent selon un sondage Elabe défavorables dans leur majorité à la sortie de l’euro – 72 % opposés, 44 % très opposés. Même chez les électeurs d’extrême-droite le doute s’insinue puisqu’ils ne sont que 60 % à la souhaiter. Les jeunes, à plus de 50 %, voient plus d’avantages que d’inconvénients à la monnaie unique tandis qu’un tiers des retraités seulement sont du même avis. Même constat pour la fracture sociale et à plus forte raison territoriale. 44 % d’avis positifs chez les cadres contre 17 % chez les employés, 44 % en région parisienne contre 25 % dans les petites agglomérations de moins de 20 000 habitants. Un moyen de mesurer tout à la fois les points d’appui et l’ampleur de la tâche pour avancer résolument vers une autre Europe plus sociale, plus démocratique où l’égalité et les solidarités emporteraient une large adhésion des populations. Au même moment, le Conseil européen, procédant habituellement des souverainetés nationales, s’exonère de celles-ci dans une optique plus fédérale en reconduisant à son poste son Président Donal Tusk en dépit d’une opposition farouche du gouvernement catholique de droite extrême de Varsovie. Un précédent dont il faudra mesurer la portée à l’usage. L’Europe, question structurante désormais sur toutes les scènes politiques nationales, mais qui suscite des sentiments encore contrastés chez beaucoup d’Européens.

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