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| Wilders à Amsterdam (photo DR) ; pour les migrants-réfugiés à Barcelone (photo © AFP) ; Tsipras à Athènes (photo DR) ; Renzi à Rome (photo © PP News). |
Amsterdam sur ses gardes antifascistes… À trois semaines de la première salve d’élections générales, la situation au Pays-Bas est ambivalente. D’un côté les néofascistes du parti de la Liberté – PVV – sont toujours donnés en tête passant la barre des 15 % de suffrages exprimés avec une promesse d’obtenir 30 sièges au Parlement sur 150, la majorité pour gouverner étant fixée à 76. Le principal parti de droite – VVD – du Premier ministre sortant, Mark Rutte, obtiendrait 24 sièges selon les sondages. Ailleurs, cela apparaîtrait presque dans l’ordre des choses mais à Amsterdam, l’on s’en inquiète fortement. Tous les partis de gouvernement, susceptibles de participer à une coalition, disent à ce jour refuser par principe une alliance avec un parti dont la campagne a été inaugurée avec une mise en cause de « la racaille marocaine ». Leur programme tient sur un ticket de tram car, comme l’explique leur leader Geert Wilders, « nous voulons fermer nos frontières et garder tout cet argent que nous donnons aux étrangers – ce sont des milliards – à l’Afrique pour le développement, à Bruxelles, à la Grèce, aux demandeurs d’asile aux Pays-Bas ». L’inquiétude est partout car quand bien même seraient-ils empêchés de nuire davantage par les autres partis, cette montée de la xénophobie, du racisme et de la bêtise ordinaires ne s’explique pas par la misère sociale et le déclassement mais par une dérive idéologique contre le temps présent, la mondialisation et l’Europe. Les entreprises ont pris la mesure du danger dans une ferme condamnation à l’initiative des plus importantes d’entre elles – Unilever, Ahold Delhaize (distribution), Shell, Philips, Friesland, Jordaan – qui se projettent pour faire face dans la résolution des grands problèmes : question alimentaire, gestion de l’eau, énergie durable, vieillissement, urbanisation. La victoire, même symbolique, des fascistes aux Pays-Bas le 15 mars serait de mauvais augure pour toute l’Europe.
Barcelone pour l’accueil des migrants-réfugiés… Une manifestation monstre – 160 000 participants – sur le sujet de l’accueil, le 18 février, avec la participation de la municipalité pour que le gouvernement espagnol respecte le premier plan européen de localisation de quelque 160 000 réfugiés. L’Espagne devait en accueillir 16 000 et l’on est loin, très loin du compte, comme en France, hypothéquant l’application du plan européen sans que les gouvernements concernés ne le revendiquent. Une foule joyeuse, colorée, ouverte, portant haut l’exigence simple « on veut accueillir, on est prêt », ponctué de chaleureux « chez nous c’est chez vous » avant que la gravité ne s’impose en fin de manifestation face à la Méditerranée, fosse commune où ont été engloutis plus de cinq mille migrants l’an passé. Une invitation à l’action des pouvoirs publics en l’occurrence ceux de Madrid comme tous ceux qui traînent les pieds dont Paris. Le ressort de pareille mobilisation n’est pas mystérieux. La générosité, celle de la jeunesse en particulier, y tient les premiers rôles, mais elle ne serait pas en mesure de soulever un tel élan si la préoccupation économique, la volonté de se hisser ou de rester au top de l’innovation et de la performance, n’était pas aussi dans les têtes, celles des responsables politiques – toutes les forces catalanes appelaient à la manifestation – comme celles des électeurs qui savent ce que la croissance, même inégale et quelques fois chaotique, a changé dans leur vie. On apprend à vivre mieux et le retour en arrière est alors exclu et c’est heureux. Raison de plus pour que les Catalans, légitimement et majoritairement désireux de s’auto-administrer, comprennent qu’ils n’y parviendront pas par la « déconnexion » d’avec le reste de l’Espagne, le « boulet » comme on l’entend dire souvent. Le progrès ne changera vraiment les choses que s’il est partagé et accompagné d’une solidarité visant à l’égalité dans toute l’Espagne et au-delà dans toute l’Europe.
Athènes à la peine mais qui passe l’échéance… Le gouvernement Tsipras a obtenu de l’Eurogroupe une nouvelle ligne de crédit dans le cadre du troisième plan d’aide. C’était nécessaire, ce n’est que justice et pourtant rien n’était gagné d’avance dans ce cénacle où l’Allemand Schaüble et le Néerlandais Dijsselbloem jouent les « gros bras » depuis trop longtemps. Les circonstances ont cette fois joué en faveur d’Athènes. D’abord avec une fuite opportune en provenance du FMI qui atteste que dès 2010 l’Institution considérait le fardeau de la dette grecque - 180 % du Pib aujourd’hui – comme absolument insupportable. DSK en poste alors au secrétariat général n’en avait tenu aucun compte sans doute pour plaire à ses pairs européens. Ensuite avec la contrainte qui pèse sur Berlin qui refuse tout à la fois l’allégement de la dette grecque dont le FMI fait une question préalable et exige cependant la participation du Fonds à la phase 3 du « sauvetage ». Ce plan d’aide est cependant soumis à une clause extravagante qui exige que les Grecs réalisent un excédent primaire – avant gestion de la dette – d’au moins 3,5 % du Pib en 2018 et en 2019. Question d’orientation qui place la perspective de la mutualisation au moins partielle des dettes souveraines européennes – au-delà de 60 % du Pib par exemple – à l’agenda d’une réorientation urgente de l’Union en la matière. Question de démocratie car avec un pouvoir politique plus transparent que le Conseil ou l’Eurogroupe, avec un Parlement de la zone euro comme le proposent Piketty et Hamon, Athènes aurait pu se défendre contre ce statut de « puni pour l’exemple » que lui a infligé Berlin avec la complicité active de Sarkozy d’abord et l’impuissance bavarde de Hollande par la suite. Ces questions comme celle du taux de change de la monnaie unique sont au coeur des débats européens. Merkel peut bien se plaindre à Munich des taux de change de l’euro qu’elle juge trop bas pour l’Allemagne – ils limitent son enrichissement – mais trop élevés, reconnaît-elle, pour plusieurs États membres du sud européen. L’Europe, parce que le marché y est unifié, parce que les excédents allemands correspondent aux déficits d’autres régions, a absolument besoin d’une politique unifiée de gestion de l’économie comme des finances et cela ne peut se faire sans un pouvoir démocratique de type parlementaire.
Rome où Renzi joue l’unité de son parti à la roulette… Grand perdant du référendum du 4 décembre dernier sur la loi électorale, l’ex-président du Conseil espère revenir dans la course au pouvoir et ne peut le faire que par des élections générales qui le placeraient de nouveau en position d’être désigné à ce poste par le Président de la République. Seulement, l’affaire passe forcément par un congrès du parti des démocrates – PD – et « ça coince » comme jamais en matière d’orientation. En premier lieu parce que la question sociale s’invite à la table des négociations avec une gauche minoritaire plus sociale-démocrate que centriste qui n’entend pas cette fois s’en laisser conter. Renzi n’entend rien lui concéder, persuadé que les Italiens sont plus en attente d’un gouvernement efficace qui « dirige » que d’une amélioration de l’ordinaire rendue difficile par l’état de l’économie de la péninsule. Du coup, la scission menace et pourrait emporter de 60 à 80 parlementaires à la Chambre et au Sénat sans menacer la coalition gauche droite dans la première mais la mettant en grand danger dans le second. D’autant qu’en dépit de leur incompétence et de leur corruption avérées, les « Grillistes » du Mouvement Cinq étoiles ne sont qu’à quelques points du PD dans les intentions de vote. De quoi faire réfléchir l’ancien et peut-être futur Président du Conseil qui considère qu’il doit absolument gouverner et que les élections sont péripéties dans son parti comme au niveau de l’État. Les faits lui ont pourtant prouvé le contraire mais l’homme a de la ressource quand bien même la tournure prise par les événements sur place s’inscrirait-elle en décalage avec ce qui se produit ailleurs dans les États membres de l’Union. La question sociale comme la question démocratique font partout bouger les lignes, avec des sociaux-démocrates de facture classique – y compris Schultz en Allemagne – et des centristes bon teint à la manière d’un Renzi ou d’un Macron. La gauche de transformation sociale et démocratique est quasiment absente des débats en Italie alors qu’elle est plus présente ailleurs, dans des déclinaisons il est vrai bien différentes, unitaires en Grèce et au Portugal, s’y refusant en Espagne ou en France. Les scissions et recompositions restent pour l’heure affaires nationales et ceci explique sans doute cela dans une large mesure.
Paris où la vie continue comme si rien n’était… L’on y distribue les dividendes comme nulle part ailleurs. Ceux-ci se sont élevés à 1154 milliards, soit + 0,1 % par rapport à l’année dernière à l’échelle mondiale… mais ont progressé de 4,3 % en Europe et de 50 % pour les banques françaises. La politique de Hollande, Valls, Macron porte ses fruits pour les détenteurs de portefeuilles fournis. Raison supplémentaire pour Hamon de se tenir à bonne distance du bilan du quinquennat précédent. Son voyage à Lisbonne et ses rencontres avec les composantes de la gauche portugaise rassemblée sont autrement plus porteurs d’espoir. Qu’il fasse le voyage à Athènes dans la foulée et s’engage aux côtés d’Athènes. C’est plus utile que les minauderies de Macron avec May, au moment où le nouveau centriste, ni de droite ni de gauche, est embarrassé par Bayrou et pris à contre-pied en matière européenne – la proposition d’Hamon d’un parlement de la zone euro. Mélenchon et les siens campant dans le bourbier national et patriote n’en veulent pas non plus. Tout cela se clarifie. Dommage qu’Hamon dérape sur la laïcité la décrivant comme devant protéger toutes les citoyennes bien sûr mais avec un raccourci malencontreux paraissant mettre sur le même plan le port du short, symbole d’émancipation et le port du voile, symbole d’asservissement, quand il est revêtu « librement ». Pendant ce temps, le bal des corrompus se poursuit. Valérie Pécresse ne le nie pas mais ne veut pas que « Fillon soit le seul à payer ». Drôle d’argumentation. Quant à Le Pen, elle relègue Fillon au rang des amateurs s’affichant comme une championne de la discipline – 7 millions d’euros de détournement soupçonnés. Et comme la campagne ne fait guère recette en période de congés scolaires parisiens, les salons et plateaux bruissent de mille rumeurs sur le thème « Et si c’était elle ? », sondage farceur et quotidien à l’appui. Une manière sans doute d’exorciser la peur chez certains sans se rendre compte que c’est encore un moyen de la « crédibiliser ». Il y a mieux à faire en répétant en quoi cette candidate d’extrême droite est dangereuse, portée par les haines de sa base, avec un projet autarcique qui ruinerait n’importe quel pays européen s’il devait être appliqué un jour. Déjà l’écart des taux sur la dette – spread – entre l’Allemagne et la France en est durement affecté. Le Pen fait peur ailleurs, partout ailleurs, d’un bout de l’Europe à l’autre. Rien n’est plus urgent que de la battre et de l’éliminer du second tour. Une exigence qui doit engager toutes les forces de « l’axe démocratique » dont les journalistes et commentateurs responsables.
Barcelone pour l’accueil des migrants-réfugiés… Une manifestation monstre – 160 000 participants – sur le sujet de l’accueil, le 18 février, avec la participation de la municipalité pour que le gouvernement espagnol respecte le premier plan européen de localisation de quelque 160 000 réfugiés. L’Espagne devait en accueillir 16 000 et l’on est loin, très loin du compte, comme en France, hypothéquant l’application du plan européen sans que les gouvernements concernés ne le revendiquent. Une foule joyeuse, colorée, ouverte, portant haut l’exigence simple « on veut accueillir, on est prêt », ponctué de chaleureux « chez nous c’est chez vous » avant que la gravité ne s’impose en fin de manifestation face à la Méditerranée, fosse commune où ont été engloutis plus de cinq mille migrants l’an passé. Une invitation à l’action des pouvoirs publics en l’occurrence ceux de Madrid comme tous ceux qui traînent les pieds dont Paris. Le ressort de pareille mobilisation n’est pas mystérieux. La générosité, celle de la jeunesse en particulier, y tient les premiers rôles, mais elle ne serait pas en mesure de soulever un tel élan si la préoccupation économique, la volonté de se hisser ou de rester au top de l’innovation et de la performance, n’était pas aussi dans les têtes, celles des responsables politiques – toutes les forces catalanes appelaient à la manifestation – comme celles des électeurs qui savent ce que la croissance, même inégale et quelques fois chaotique, a changé dans leur vie. On apprend à vivre mieux et le retour en arrière est alors exclu et c’est heureux. Raison de plus pour que les Catalans, légitimement et majoritairement désireux de s’auto-administrer, comprennent qu’ils n’y parviendront pas par la « déconnexion » d’avec le reste de l’Espagne, le « boulet » comme on l’entend dire souvent. Le progrès ne changera vraiment les choses que s’il est partagé et accompagné d’une solidarité visant à l’égalité dans toute l’Espagne et au-delà dans toute l’Europe.
Athènes à la peine mais qui passe l’échéance… Le gouvernement Tsipras a obtenu de l’Eurogroupe une nouvelle ligne de crédit dans le cadre du troisième plan d’aide. C’était nécessaire, ce n’est que justice et pourtant rien n’était gagné d’avance dans ce cénacle où l’Allemand Schaüble et le Néerlandais Dijsselbloem jouent les « gros bras » depuis trop longtemps. Les circonstances ont cette fois joué en faveur d’Athènes. D’abord avec une fuite opportune en provenance du FMI qui atteste que dès 2010 l’Institution considérait le fardeau de la dette grecque - 180 % du Pib aujourd’hui – comme absolument insupportable. DSK en poste alors au secrétariat général n’en avait tenu aucun compte sans doute pour plaire à ses pairs européens. Ensuite avec la contrainte qui pèse sur Berlin qui refuse tout à la fois l’allégement de la dette grecque dont le FMI fait une question préalable et exige cependant la participation du Fonds à la phase 3 du « sauvetage ». Ce plan d’aide est cependant soumis à une clause extravagante qui exige que les Grecs réalisent un excédent primaire – avant gestion de la dette – d’au moins 3,5 % du Pib en 2018 et en 2019. Question d’orientation qui place la perspective de la mutualisation au moins partielle des dettes souveraines européennes – au-delà de 60 % du Pib par exemple – à l’agenda d’une réorientation urgente de l’Union en la matière. Question de démocratie car avec un pouvoir politique plus transparent que le Conseil ou l’Eurogroupe, avec un Parlement de la zone euro comme le proposent Piketty et Hamon, Athènes aurait pu se défendre contre ce statut de « puni pour l’exemple » que lui a infligé Berlin avec la complicité active de Sarkozy d’abord et l’impuissance bavarde de Hollande par la suite. Ces questions comme celle du taux de change de la monnaie unique sont au coeur des débats européens. Merkel peut bien se plaindre à Munich des taux de change de l’euro qu’elle juge trop bas pour l’Allemagne – ils limitent son enrichissement – mais trop élevés, reconnaît-elle, pour plusieurs États membres du sud européen. L’Europe, parce que le marché y est unifié, parce que les excédents allemands correspondent aux déficits d’autres régions, a absolument besoin d’une politique unifiée de gestion de l’économie comme des finances et cela ne peut se faire sans un pouvoir démocratique de type parlementaire.
Rome où Renzi joue l’unité de son parti à la roulette… Grand perdant du référendum du 4 décembre dernier sur la loi électorale, l’ex-président du Conseil espère revenir dans la course au pouvoir et ne peut le faire que par des élections générales qui le placeraient de nouveau en position d’être désigné à ce poste par le Président de la République. Seulement, l’affaire passe forcément par un congrès du parti des démocrates – PD – et « ça coince » comme jamais en matière d’orientation. En premier lieu parce que la question sociale s’invite à la table des négociations avec une gauche minoritaire plus sociale-démocrate que centriste qui n’entend pas cette fois s’en laisser conter. Renzi n’entend rien lui concéder, persuadé que les Italiens sont plus en attente d’un gouvernement efficace qui « dirige » que d’une amélioration de l’ordinaire rendue difficile par l’état de l’économie de la péninsule. Du coup, la scission menace et pourrait emporter de 60 à 80 parlementaires à la Chambre et au Sénat sans menacer la coalition gauche droite dans la première mais la mettant en grand danger dans le second. D’autant qu’en dépit de leur incompétence et de leur corruption avérées, les « Grillistes » du Mouvement Cinq étoiles ne sont qu’à quelques points du PD dans les intentions de vote. De quoi faire réfléchir l’ancien et peut-être futur Président du Conseil qui considère qu’il doit absolument gouverner et que les élections sont péripéties dans son parti comme au niveau de l’État. Les faits lui ont pourtant prouvé le contraire mais l’homme a de la ressource quand bien même la tournure prise par les événements sur place s’inscrirait-elle en décalage avec ce qui se produit ailleurs dans les États membres de l’Union. La question sociale comme la question démocratique font partout bouger les lignes, avec des sociaux-démocrates de facture classique – y compris Schultz en Allemagne – et des centristes bon teint à la manière d’un Renzi ou d’un Macron. La gauche de transformation sociale et démocratique est quasiment absente des débats en Italie alors qu’elle est plus présente ailleurs, dans des déclinaisons il est vrai bien différentes, unitaires en Grèce et au Portugal, s’y refusant en Espagne ou en France. Les scissions et recompositions restent pour l’heure affaires nationales et ceci explique sans doute cela dans une large mesure.
Paris où la vie continue comme si rien n’était… L’on y distribue les dividendes comme nulle part ailleurs. Ceux-ci se sont élevés à 1154 milliards, soit + 0,1 % par rapport à l’année dernière à l’échelle mondiale… mais ont progressé de 4,3 % en Europe et de 50 % pour les banques françaises. La politique de Hollande, Valls, Macron porte ses fruits pour les détenteurs de portefeuilles fournis. Raison supplémentaire pour Hamon de se tenir à bonne distance du bilan du quinquennat précédent. Son voyage à Lisbonne et ses rencontres avec les composantes de la gauche portugaise rassemblée sont autrement plus porteurs d’espoir. Qu’il fasse le voyage à Athènes dans la foulée et s’engage aux côtés d’Athènes. C’est plus utile que les minauderies de Macron avec May, au moment où le nouveau centriste, ni de droite ni de gauche, est embarrassé par Bayrou et pris à contre-pied en matière européenne – la proposition d’Hamon d’un parlement de la zone euro. Mélenchon et les siens campant dans le bourbier national et patriote n’en veulent pas non plus. Tout cela se clarifie. Dommage qu’Hamon dérape sur la laïcité la décrivant comme devant protéger toutes les citoyennes bien sûr mais avec un raccourci malencontreux paraissant mettre sur le même plan le port du short, symbole d’émancipation et le port du voile, symbole d’asservissement, quand il est revêtu « librement ». Pendant ce temps, le bal des corrompus se poursuit. Valérie Pécresse ne le nie pas mais ne veut pas que « Fillon soit le seul à payer ». Drôle d’argumentation. Quant à Le Pen, elle relègue Fillon au rang des amateurs s’affichant comme une championne de la discipline – 7 millions d’euros de détournement soupçonnés. Et comme la campagne ne fait guère recette en période de congés scolaires parisiens, les salons et plateaux bruissent de mille rumeurs sur le thème « Et si c’était elle ? », sondage farceur et quotidien à l’appui. Une manière sans doute d’exorciser la peur chez certains sans se rendre compte que c’est encore un moyen de la « crédibiliser ». Il y a mieux à faire en répétant en quoi cette candidate d’extrême droite est dangereuse, portée par les haines de sa base, avec un projet autarcique qui ruinerait n’importe quel pays européen s’il devait être appliqué un jour. Déjà l’écart des taux sur la dette – spread – entre l’Allemagne et la France en est durement affecté. Le Pen fait peur ailleurs, partout ailleurs, d’un bout de l’Europe à l’autre. Rien n’est plus urgent que de la battre et de l’éliminer du second tour. Une exigence qui doit engager toutes les forces de « l’axe démocratique » dont les journalistes et commentateurs responsables.

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