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| Trump (photo © AP/SIPA), le premier débat de la "Primaire de gauche" (capture TF1), Marisol Touraine (photo © AFP). |
Trump, le président des régressions démocratiques. Même pas gêné par l’éventualité d’un arrêt sur image de Moscou à propos de ses frasques sexuelles, Trump a sinon « réussi » au moins « gagné » le match de sa conférence de presse, la première. Il a littéralement maltraité CNN et l’un de ses journalistes menacé physiquement par les sbires du Président sans que ses confrères sur place ne réagissent. Mauvais présage pour la suite quand bien même quelques éditoriaux vengeurs rétabliraient la liberté d’informer dans ses droits. Il a ensuite déclaré une sorte de guerre indigne au Mexique à qui il se vante par avance d’imposer un mur de la honte et de le lui faire payer. Une déclaration de condamnation du nouveau Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’imposerait. Quant à l’Europe, elle a les moyens de contrer pratiquement le provocateur en ouvrant sans tarder la perspective d’un accord de libre-échange équilibré avec le Mexique et au-delà toute l’Amérique latine. Moyen le plus sûr de faire vivre une alternative démocratique et non-alignée sur la scène diplomatique. C’est en prenant ses responsabilités sur ce terrain aussi que l’Union se construira et se fera respecter. Quant à la volonté de détourner au profit des États-Unis le flux des investissements dans une logique marchande à sens unique, la résilience des marchés – réelle mais de long terme – laisse dans un premier temps et pour certains secteurs une zone grise dont les investisseurs les plus avides de profits à court terme se saisiront. Il n’y a pourtant pas de fatalité car l’inévitable hausse du dollar dans ces conditions sera forcément ambivalente renchérissant le coût des exportations US vers le reste de la planète et les déficits déstabilisateurs qu’elle engendrera. L’Europe dans ce cadre n’est nullement démunie. À la fin 2015, elle était « investisseur net » dans le reste du monde détenant, selon les services statistiques de la Commission, 6 894 milliards d’euros d’investissements directs étrangers (IDE) contre 5 842 milliards investis chez elle par le reste de la planète, soit plus de 1 000 milliards de solde positif. De quoi sans aucun doute faire entendre « raison » aux tenants du protectionnisme à tous crins, du « made in USA » au « made in France » d’un temps révolu… depuis trois décennies au moins.
Une « belle alliance » fanée par les circonstances. Elle se tient tard, trop tard sans doute, cette primaire du PS et associés dont le premier débat aura laissé la plupart des femmes et des hommes de gauche sur leur faim quand dans le même temps Mélenchon et surtout Macron engrangent. La responsabilité en incombe au Président sortant qui avait choisi ce calendrier à sa mesure avant de renoncer. Bilan d’un quinquennat ensuite que les candidats, à l’exception de Valls, Pinel et de Rugy, jugent pour le moins contradictoire et globalement négatif, sans trouver les mots pour le dire. Hidalgo leur avait grillé la politesse en parlant clairement la veille d’un « immense gâchis ». Sans aucun doute, symbolisé par cette loi El Khomri dont l’abrogation constitue un préalable pour envisager autre chose au même titre que la rupture avec les institutions antidémocratiques de la Ve République. Débat convenu donc où chacun a forcé les traits de son image, de Valls l’autoritaire à Montebourg le protectionniste en passant par Hamon, le plus à gauche, « contraint » par le format et le panel quand il veut faire du « neuf » au milieu des héritiers du passé. Une mention pour Peillon quand celui-ci a dénoncé le quinquennat du sectarisme et des divisions à gauche. On aura encore été frappé par le manque de référence européenne non pas abstraite mais à ce qui se fait chez nos voisins. Il faut y voir une incompréhension. Certaines « traditions » françaises ne peuvent « passer » ailleurs, qu’il s’agisse de l’état d’urgence permanent ou des exécutions extrajudiciaires. La « guerre », toujours actuelle au Sahel, en Asie, au Moyen-Orient ou ici, n’autorise pas tout et en particulier le fait de se prévaloir de décisions qui, seraient-elles jugées indispensables, ne constituent pas pour autant une norme souhaitable et « glorieuse ». Le sortant par narcissisme de librairie n’a pas eu ce genre de scrupule rendant un bien mauvais service à ses successeurs. Sans compter, ce sentiment de « programmes » bâclés à la dernière minute au financement mal assuré et à la traduction dans la vie quotidienne incertaine. Et puis parce que la question demeure sur toutes les lèvres, comment faire au lendemain de cette primaire d’un courant qui n’est plus « hégémonique » pour rassembler les gauches et leurs alliés. Un gros point d’interrogation qui bouche l’horizon. L’inversion des enjeux en fonction du fond consistant à élire en bas dans chaque département et de manière unitaire les candidats à la députation avant de désigner un candidat unique à la présidence chargé d’engager un processus constituant de rupture avec le passé était la seule solution praticable. L’avenir dira si c’est encore jouable à la fin du mois.
Des crises sanitaires ou « naturelles » prévisibles. La grippe en hiver sévit et peut produire des effets durablement indésirables sur l’ensemble du corps social. On le sait depuis la catastrophe due à la canicule de 2003, les structures hospitalières sont débordées sinon partout en tout cas dans suffisamment de territoires pour que cela interpelle la politique de santé publique. Défaut de prévention assurément si le taux de vaccination des populations est si bas. Défaut d’organisation du système lui-même avec une course à la fermeture de lits et à la « rentabilisation » de l’emploi hospitalier. Défaut plus structurel encore avec le poids d’une médecine libérale et marchande hypertrophiée dont le concours à la politique de soins s’avère peu efficace en temps de crise. Tout cela est vrai sans doute et renvoie inévitablement à la question des moyens et plus précisément à celle de leur allocation. Il n’est pas acceptable de se préparer à « un lourd bilan » comme le fait Touraine, autrement dit à une surmortalité qui pouvait être évitée, sans probablement que l’on en tire les conséquences pour le futur. De la même manière, il est invraisemblable que des centaines de milliers de foyers soient privées d’électricité au moindre coup de vent un peu fort. L’on sait faire en effet et éviter ces crises à répétition avec une politique adaptée. Encore faut-il s’en donner les moyens avec des retombées positives pour le bien-être de tous et pour l’emploi. Cela a un coût certain mais un coût socialement utile quand tant de dépenses sont engagées sans nécessité ni même évaluation de leur impact social et environnemental. Évidemment, cela suppose de ne pas laisser filer les fraudeurs à travers les mailles du filet comme la Justice le fait en relaxant les héritiers Wildenstein – « grande famille » dans l’acception sicilienne du terme de collectionneurs et marchands d’Art – qui ont continué de s’enrichir au long cours en fraudant le fisc. Redressés par Bercy, ils prétendent comme Cahuzac hier et beaucoup d’autres que la procédure fiscale les met à l’abri d’une condamnation pénale. C’est absurde même si le Conseil constitutionnel entretient depuis trop longtemps la confusion sur ce point. Le Fisc récupère une part des biens ou profits mal acquis et dissimulés, la justice ne saurait oublier de condamner les contrevenants à la loi sur la répartition et la redistribution par l’impôt. Enfin, les tenants du Forum économique mondial de Davos viennent de livrer leurs inquiétudes pour 2017 mettant en avant les risques de « polarisation » liés à la montée du populisme et l’explosion des phénomènes « naturels » extrêmes conséquence du dérèglement climatique. Si même eux le reconnaissent… c’est qu’à défaut du lac, la maison commune de l’humanité est l’objet d’un incendie. Au feu, les pompiers !
Une « belle alliance » fanée par les circonstances. Elle se tient tard, trop tard sans doute, cette primaire du PS et associés dont le premier débat aura laissé la plupart des femmes et des hommes de gauche sur leur faim quand dans le même temps Mélenchon et surtout Macron engrangent. La responsabilité en incombe au Président sortant qui avait choisi ce calendrier à sa mesure avant de renoncer. Bilan d’un quinquennat ensuite que les candidats, à l’exception de Valls, Pinel et de Rugy, jugent pour le moins contradictoire et globalement négatif, sans trouver les mots pour le dire. Hidalgo leur avait grillé la politesse en parlant clairement la veille d’un « immense gâchis ». Sans aucun doute, symbolisé par cette loi El Khomri dont l’abrogation constitue un préalable pour envisager autre chose au même titre que la rupture avec les institutions antidémocratiques de la Ve République. Débat convenu donc où chacun a forcé les traits de son image, de Valls l’autoritaire à Montebourg le protectionniste en passant par Hamon, le plus à gauche, « contraint » par le format et le panel quand il veut faire du « neuf » au milieu des héritiers du passé. Une mention pour Peillon quand celui-ci a dénoncé le quinquennat du sectarisme et des divisions à gauche. On aura encore été frappé par le manque de référence européenne non pas abstraite mais à ce qui se fait chez nos voisins. Il faut y voir une incompréhension. Certaines « traditions » françaises ne peuvent « passer » ailleurs, qu’il s’agisse de l’état d’urgence permanent ou des exécutions extrajudiciaires. La « guerre », toujours actuelle au Sahel, en Asie, au Moyen-Orient ou ici, n’autorise pas tout et en particulier le fait de se prévaloir de décisions qui, seraient-elles jugées indispensables, ne constituent pas pour autant une norme souhaitable et « glorieuse ». Le sortant par narcissisme de librairie n’a pas eu ce genre de scrupule rendant un bien mauvais service à ses successeurs. Sans compter, ce sentiment de « programmes » bâclés à la dernière minute au financement mal assuré et à la traduction dans la vie quotidienne incertaine. Et puis parce que la question demeure sur toutes les lèvres, comment faire au lendemain de cette primaire d’un courant qui n’est plus « hégémonique » pour rassembler les gauches et leurs alliés. Un gros point d’interrogation qui bouche l’horizon. L’inversion des enjeux en fonction du fond consistant à élire en bas dans chaque département et de manière unitaire les candidats à la députation avant de désigner un candidat unique à la présidence chargé d’engager un processus constituant de rupture avec le passé était la seule solution praticable. L’avenir dira si c’est encore jouable à la fin du mois.
Des crises sanitaires ou « naturelles » prévisibles. La grippe en hiver sévit et peut produire des effets durablement indésirables sur l’ensemble du corps social. On le sait depuis la catastrophe due à la canicule de 2003, les structures hospitalières sont débordées sinon partout en tout cas dans suffisamment de territoires pour que cela interpelle la politique de santé publique. Défaut de prévention assurément si le taux de vaccination des populations est si bas. Défaut d’organisation du système lui-même avec une course à la fermeture de lits et à la « rentabilisation » de l’emploi hospitalier. Défaut plus structurel encore avec le poids d’une médecine libérale et marchande hypertrophiée dont le concours à la politique de soins s’avère peu efficace en temps de crise. Tout cela est vrai sans doute et renvoie inévitablement à la question des moyens et plus précisément à celle de leur allocation. Il n’est pas acceptable de se préparer à « un lourd bilan » comme le fait Touraine, autrement dit à une surmortalité qui pouvait être évitée, sans probablement que l’on en tire les conséquences pour le futur. De la même manière, il est invraisemblable que des centaines de milliers de foyers soient privées d’électricité au moindre coup de vent un peu fort. L’on sait faire en effet et éviter ces crises à répétition avec une politique adaptée. Encore faut-il s’en donner les moyens avec des retombées positives pour le bien-être de tous et pour l’emploi. Cela a un coût certain mais un coût socialement utile quand tant de dépenses sont engagées sans nécessité ni même évaluation de leur impact social et environnemental. Évidemment, cela suppose de ne pas laisser filer les fraudeurs à travers les mailles du filet comme la Justice le fait en relaxant les héritiers Wildenstein – « grande famille » dans l’acception sicilienne du terme de collectionneurs et marchands d’Art – qui ont continué de s’enrichir au long cours en fraudant le fisc. Redressés par Bercy, ils prétendent comme Cahuzac hier et beaucoup d’autres que la procédure fiscale les met à l’abri d’une condamnation pénale. C’est absurde même si le Conseil constitutionnel entretient depuis trop longtemps la confusion sur ce point. Le Fisc récupère une part des biens ou profits mal acquis et dissimulés, la justice ne saurait oublier de condamner les contrevenants à la loi sur la répartition et la redistribution par l’impôt. Enfin, les tenants du Forum économique mondial de Davos viennent de livrer leurs inquiétudes pour 2017 mettant en avant les risques de « polarisation » liés à la montée du populisme et l’explosion des phénomènes « naturels » extrêmes conséquence du dérèglement climatique. Si même eux le reconnaissent… c’est qu’à défaut du lac, la maison commune de l’humanité est l’objet d’un incendie. Au feu, les pompiers !

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