mercredi 2 novembre 2016

Parti pris du 2 novembre 2016

M. Barroso (photo DR) ; A. Juppé, V. Pécresse et N. Sarkozy (photo © AFP) ; A. Rousset (phot © AFP) ;
Park Geun-Hye (photo © AFP) ; la révolte à Al-Hoceima au Maroc (photo © AFP) ; D. Trump (photo DR).

Les dixièmes de la différence. Ceux du taux de croissance comparé entre la France et tous ses voisins européens ou presque confirment un début de décrochage appelé à s’amplifier si rien n’est fait pour soutenir la consommation des ménages. La zone euro enregistre une progression de son Pib de 0,3 % au troisième comme au second trimestre. Les 28 de l’UE atteignent une moyenne de progression de 0,4 % sur chacun des deux trimestres considérés. En regard de ces résultats, les deux chiffres de - 0,1 % au second trimestre et de 0,2 % au troisième de Paris sont inquiétants. D’autant que l’inflation en zone euro comme dans l’ensemble de l’Union est repartie à la hausse de septembre 2015 à septembre 2016 – 0,5 %. Cela signifie que si l’ensemble de la zone retrouve peu à peu des conditions économiques plus favorables, la France reste à la traîne. Elle l’était et le demeure. Des dixièmes qui coûteront cher demain tant en matière de déficit public qu’en matière de parts d’exportation. Une situation qui s’explique avant tout par la faiblesse de la demande après que la consommation des ménages a été contrainte tout au long du quinquennat et que la droite, tous candidats confondus, ambitionne d’étrangler davantage.

La colère des socialistes. Ils se taisaient depuis longtemps, trop longtemps sans doute, devant les résultats d’une politique de l’offre qui les entraînent vers de nouvelles défaites électorales. Le coup de librairie malencontreux de Hollande a libéré la parole de beaucoup d’entre eux qui n’hésitent plus à dire ce qu’ils pensent, le plus souvent en petit comité, parfois en public. C’est ce qu’a fait Alain Rousset, Président de la grande région Aquitaine et ancien patron de l’Association des régions de France justement quand les socialistes y étaient majoritaires. « Il devrait la fermer », s’est-il exclamé lors d’une intervention dans un meeting. Il, au choix Hollande, comme tout le monde l’a compris, ou Sapin, comme il le prétend après coup. Peu importe car la critique porte sur le fond d’une politique qui leur est commune. C’est dit avec force et sans détour : « Comment sortir de ce climat de défiance ? Rien ne semble apporter une réponse et surtout pas les incantations sur le chômage dont la courbe se retourne et la croissance qui revient. Celui qui s’exprime régulièrement là-dessus depuis cinq ans, devrait la fermer ». Cambadelis, présent à la même tribune n’a pu que saluer le « franc-parler » de son camarade.

Les gourous aux manettes. On ne le dira jamais assez mais le maintien des sectes et autres cultes en lisière de l’espace public est une garantie de non-pollution de celui-ci et de sa gouvernance par des manœuvres inspirées par l’intérêt privé et débouchant sur la corruption. Pour l’avoir oublié, la Présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, est en pleine tempête. 67 % de ses compatriotes souhaitent sa démission. La très droitière fille de dictateur paie au prix fort ses rapports avec une autre « fille de », en l’occurrence Choi Soon-Sil, surnommée « Raspoutine » par la presse, après que celle-ci a repris l’héritage financier et cultuel de son père, le fondateur de « L’Église de la vie éternelle ». Elle se trouve désormais en garde à vue au lendemain de son retour d’Allemagne où elle s’était réfugiée pour échapper aux poursuites. Le Premier ministre a été limogé et la crise politique gronde. Parmi x autres cas du genre, citons l’élection d’un évangéliste à la Mairie de Rio… Sans compter les tentatives de Cultes plus en vue qui par l’intermédiaire de leur chef tente d’influer sur le cours des orientations gouvernementales, tel le Pape qui effectue un virage serré sur l’accueil des réfugiés qu’il souhaite désormais « prudent » pour ne pas se couper sans doute de la poussée réactionnaire qui affecte son Église, de la Curie à la base des paroisses particulièrement en Europe de l’Est.

Le Maroc en émoi et révolte. Comme un souvenir du déclenchement des printemps arabes en Tunisie à l’époque, l’assassinat d’un petit vendeur de poisson écrasé dans une benne à ordure a mis le feu aux poudres à Al-Hoceima suscitant des mobilisations de rue relayées dans d’autres localités un peu partout dans le pays. L’injustice et l’arbitraire des sbires du pouvoir ont fini par provoquer l’étincelle. Plus d’une dizaine de ces tristes sires sont arrêtés et mis en examen dont des responsables de la sécurité et de la pêche. Mais c’est tout un système qui est en cause, un pouvoir royal théocratique qui avait réussi à désamorcer la révolte en 2011 et qui fait à nouveau face à une crise majeure. Les Islamistes ont emporté les dernières élections législatives dans un désert électoral – 34 % de participation seulement – et se trouvent dans le royaume chérifien « du côté du manche ». Parallèlement, Mohamed VI, « Commandeur des croyants », vole au secours d’un chanteur, Saad Lamjarred, incarcéré en France pour viol. Rapprochement saisissant qui en dit long sur la nature du pouvoir à Rabat et sur la continuité par-delà les différences entre le père et le fils, des agissements de « Notre ami le roi ».

Et puis… dans les fils de l’actualité. Les flics de base qui manifestent encore contre le gouvernement et leurs syndicats. Assez, ça suffit ! La Présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, possible Première ministre, qui vole au secours de la victoire de Juppé à droite. Tellement prévisible ! L’Institut Montaigne, classé à droite, qui démontre l’inanité des propositions de réduction massive des postes de fonctionnaires de tous les candidats à la primaire de droite. Qui en doutait ? L’éthique de l’UE en cause après le blanchiment de Barroso par le comité ad hoc au prétexte qu’il a attendu 18 mois avant de se faire embaucher par Goldman Sachs. C’est la règle très insuffisante dans les législations nationales aussi ! L’improbable remontée de Trump dans la perspective de l’élection présidentielle américaine du 8 novembre. En vain heureusement ! La maltraitance dont les viols subis après leur libération par les filles et femmes otages de Boko Haram au Nigeria. Que fait la communauté internationale ? La libération de Mossoul du joug de l’EI-Daesh entrée dans une phase décisive dans les quartiers périphériques de la seconde ville d’Irak. Enfin ! 



 

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