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| Hollande et les Harkis (photo © POOL/AFP), la "Jungle" de Calais (photo © AFP), les berges de la Seine aux piétons (photo © AFP). |
La crue obscène reprend. Avec plus de 50 000 nouveaux chômeurs au mois d’août, la fable d’une inversion, même lente, de la courbe sinistre s’est effondrée. En cause, une politique de l’offre caricaturale qui accable Hollande, ses deux Premiers ministres successifs et bien sûr l’inspirateur jusqu’il y a peu de cette politique, Macron. Le débat qui perdure depuis l’automne 2012 n’a rien de théorique. Beaucoup de pays pratiquent en fait un « mix » modéré qui arbitre de manière plus ou moins équitable entre offre et demande. En France, c’est une logique extrême qui a été mise en œuvre jusqu’à maintenant, sans discontinuer. Au point qu’à chaque manque de résultat, le pouvoir s’est arc-bouté sur sa logique fondatrice accentuant toujours plus le soutien à l’offre et par contraste la contrainte sur la demande. Il suffit de comparer les dizaines de milliards investis en faveur des entreprises chaque année et les quelques milliards consacrés à la demande des ménages. Aucun secteur de la politique gouvernementale n’a échappé à ce « fanatisme », y compris la levée de l’impôt. Du coup, alors que tous les voisins européens de la France, ont vu l’emploi repartir depuis une vingtaine de mois, rien de tel ne s’est produit en France. La ministre du travail, toujours prête à asséner une contre-vérité manifeste avec arrogance, évoque « une conjoncture » liée aux attentats. Pour expliquer 1 ou 2 dixièmes peut-être, mais sûrement pas pour justifier dix fois plus d’augmentation – 1,4 % – du nombre de chômeurs. La croissance au second trimestre a connu une contraction de 0,1 % et il est parfaitement logique que ses effets se fassent sentir au troisième trimestre sur l’emploi. Pour retrouver de l’emploi, il faudra soutenir la consommation et cesser impérativement d’investir sans la moindre contrepartie en faveur des seules marges financières des entreprises.
Devoir de mémoire envers les Harkis. François Hollande a sacrifié à l’exercice qui veut que par la voix du Président soient refermés une douleur mémorielle, un oubli officiel, une injustice flagrante. C’était sans aucun doute nécessaire en direction des Harkis et de leur descendance plus d’un demi-siècle après « les évènements ». Reconnaître qu’ils furent abandonnés par le colonisateur après avoir été enrôlés à des fins contraires à la justice et à l’histoire ne pose pas de problème. En revanche, comme toujours en pareil cas, les mots ont un sens. Ce n’est pas la France sans autres distinctions qui se rendit coupable dans ce cas mais les gouvernements de l’époque et avant tout celui qui présidait alors aux destinées du pays, en l’occurrence Charles de Gaulle. Sans rien enlever à son grand-œuvre de « décolonisation », la manière dont il s’y prit ne saurait l’exonérer devant l’histoire de la responsabilité de ces hommes livrés aux massacres pour en avoir eux-mêmes trop perpétré sous la coupe de l’armée française. Le discours de Hollande est apparu en deçà des enjeux qui sont ceux de l’intégration des descendants et d’un rapport apaisé enfin respectueux de l’histoire avec l’Algérie. Les mots prononcés à Alger étaient plus équilibrés, sonnaient plus justes. Il est dommage en effet qu’adepte du discours de circonstance, le Président n’ait pas compris combien il était important de dire la vérité dans toutes ses dimensions. Oui, ces malheureux Harkis ont souffert – leur massacre n’était en rien justifiable – quand sonna l’heure de l’indépendance mais cette souffrance découlait d’un combat les armes à la main contre la justice, la liberté et l’indépendance de « leur » pays. Que dans leur grande majorité, ils aient fait ce choix contraints est tout aussi indiscutable. Que les survivants aient été ensuite « parqués » par des gouvernements peu soucieux des droits humains ne l’est pas davantage. Mais, il n’y a pas matière à ouvrir un énième dossier en réparation.
La « Jungle » de Calais et l’option « radicale ». L’arrivée sur le territoire de migrants réfugiés comme celle de migrants économiques est inscrite dans la réalité des données géostratégiques, en particulier des guerres du Proche et Moyen-Orient soumis à la barbarie islamiste. L’établissement de campements du type de celui de Calais n’en est que la traduction pratique ultime parce que le gouvernement a laissé faire. Proclamer, contexte électoral oblige, que l’on va ainsi « démanteler » cette « Jungle » avant la fin de l’année après n’avoir rien fait ou si peu pendant si longtemps est quelque peu irréaliste. Oui, bien sûr, la situation que l’on a laissée se créer est aussi insupportable pour les résidents du campement que pour les habitants du Calaisis. Oui, le démantèlement de la « Jungle » relève d’un impératif humain avant même d’évoquer « l’ordre public », à la condition que puisse être proposée à ceux qui le souhaitent une autre localisation sur le territoire. Pour les autres qui poursuivent le rêve fou de rejoindre la Grande-Bretagne, il faut contraindre le gouvernement de Theresa May à assumer ses propres responsabilités. Mais l’opinion française – hormis Paris – n’est pas prête à accueillir de nouveaux migrants parce qu’elle ne veut pas la multiplication de « campements » comparables à celui de Calais, seraient-ils plus petits. C’est à ce titre qu’il faut investir dans l’accueil dans des conditions dignes qui suppose un hébergement décent mais aussi l’accès à un emploi condition d’une intégration réussie. Sur ce plan, l’État n’est d’évidence pas à la hauteur et les collectivités locales ne lui font plus vraiment confiance. C’est bien le problème que l’on ne résoudra pas en multipliant les aides aux entreprises locales comme l’a fait Hollande à Calais en leur octroyant 2 millions d’aides sans contrepartie en termes d’embauches.
Paris et une qualité de l’air respirable. Alors que le Conseil de Paris, sur proposition d’Anne Hidalgo, adopte la piétonnisation de la rive droite des berges de Seine, les tenants du lobby automobile s’agitent au lendemain d’une journée sans voiture qui a ravi la population mais qui ne fait pas leur compte. Les données disponibles et indiscutables s’accumulent pour souligner en quoi il est urgent d’agir pour retrouver une qualité de l’air respirable. La toute dernière livraison internationale, à l’initiative de l’OMS et de l’Université britannique de Bath, estime que 92 % de la population mondiale, en particulier dans les centres urbains, respirent un air fortement pollué. Il en résulte au bas mot plus de trois millions de décès prématurés. D’autres sources les chiffrent à près du double. C’est donc à juste titre que les collectivités prennent des mesures pour faire reculer le fléau. Les États devraient également y contribuer. Si l’on prend l’exemple de la France et de l’Allemagne qui sont les deux pays de l’Union européenne où circulent le plus grand nombre de véhicules fortement polluants – environ 5 millions chacune – l’on s’aperçoit que la loi des lobbies s’impose. Ségolène Royal n’a rien entrepris pour faire interdire la circulation des vieux diesels. Elle s’est montrée tout aussi incapable de faire respecter les normes européennes par les constructeurs. Volkswagen, poursuivi fermement et sans délais aux États-Unis, n’a pas trop de soucis à se faire de l’autre côté de l’Atlantique tant la Commission et les gouvernements nationaux, soucieux de « la contribution de l’automobile à la croissance », la font passer avant toute autre considération dont les impératifs de santé publique. Raison de plus pour soutenir sans réserve les initiatives locales qui vont à l’encontre du laisser-polluer qui leur sert de devise.
Devoir de mémoire envers les Harkis. François Hollande a sacrifié à l’exercice qui veut que par la voix du Président soient refermés une douleur mémorielle, un oubli officiel, une injustice flagrante. C’était sans aucun doute nécessaire en direction des Harkis et de leur descendance plus d’un demi-siècle après « les évènements ». Reconnaître qu’ils furent abandonnés par le colonisateur après avoir été enrôlés à des fins contraires à la justice et à l’histoire ne pose pas de problème. En revanche, comme toujours en pareil cas, les mots ont un sens. Ce n’est pas la France sans autres distinctions qui se rendit coupable dans ce cas mais les gouvernements de l’époque et avant tout celui qui présidait alors aux destinées du pays, en l’occurrence Charles de Gaulle. Sans rien enlever à son grand-œuvre de « décolonisation », la manière dont il s’y prit ne saurait l’exonérer devant l’histoire de la responsabilité de ces hommes livrés aux massacres pour en avoir eux-mêmes trop perpétré sous la coupe de l’armée française. Le discours de Hollande est apparu en deçà des enjeux qui sont ceux de l’intégration des descendants et d’un rapport apaisé enfin respectueux de l’histoire avec l’Algérie. Les mots prononcés à Alger étaient plus équilibrés, sonnaient plus justes. Il est dommage en effet qu’adepte du discours de circonstance, le Président n’ait pas compris combien il était important de dire la vérité dans toutes ses dimensions. Oui, ces malheureux Harkis ont souffert – leur massacre n’était en rien justifiable – quand sonna l’heure de l’indépendance mais cette souffrance découlait d’un combat les armes à la main contre la justice, la liberté et l’indépendance de « leur » pays. Que dans leur grande majorité, ils aient fait ce choix contraints est tout aussi indiscutable. Que les survivants aient été ensuite « parqués » par des gouvernements peu soucieux des droits humains ne l’est pas davantage. Mais, il n’y a pas matière à ouvrir un énième dossier en réparation.
La « Jungle » de Calais et l’option « radicale ». L’arrivée sur le territoire de migrants réfugiés comme celle de migrants économiques est inscrite dans la réalité des données géostratégiques, en particulier des guerres du Proche et Moyen-Orient soumis à la barbarie islamiste. L’établissement de campements du type de celui de Calais n’en est que la traduction pratique ultime parce que le gouvernement a laissé faire. Proclamer, contexte électoral oblige, que l’on va ainsi « démanteler » cette « Jungle » avant la fin de l’année après n’avoir rien fait ou si peu pendant si longtemps est quelque peu irréaliste. Oui, bien sûr, la situation que l’on a laissée se créer est aussi insupportable pour les résidents du campement que pour les habitants du Calaisis. Oui, le démantèlement de la « Jungle » relève d’un impératif humain avant même d’évoquer « l’ordre public », à la condition que puisse être proposée à ceux qui le souhaitent une autre localisation sur le territoire. Pour les autres qui poursuivent le rêve fou de rejoindre la Grande-Bretagne, il faut contraindre le gouvernement de Theresa May à assumer ses propres responsabilités. Mais l’opinion française – hormis Paris – n’est pas prête à accueillir de nouveaux migrants parce qu’elle ne veut pas la multiplication de « campements » comparables à celui de Calais, seraient-ils plus petits. C’est à ce titre qu’il faut investir dans l’accueil dans des conditions dignes qui suppose un hébergement décent mais aussi l’accès à un emploi condition d’une intégration réussie. Sur ce plan, l’État n’est d’évidence pas à la hauteur et les collectivités locales ne lui font plus vraiment confiance. C’est bien le problème que l’on ne résoudra pas en multipliant les aides aux entreprises locales comme l’a fait Hollande à Calais en leur octroyant 2 millions d’aides sans contrepartie en termes d’embauches.
Paris et une qualité de l’air respirable. Alors que le Conseil de Paris, sur proposition d’Anne Hidalgo, adopte la piétonnisation de la rive droite des berges de Seine, les tenants du lobby automobile s’agitent au lendemain d’une journée sans voiture qui a ravi la population mais qui ne fait pas leur compte. Les données disponibles et indiscutables s’accumulent pour souligner en quoi il est urgent d’agir pour retrouver une qualité de l’air respirable. La toute dernière livraison internationale, à l’initiative de l’OMS et de l’Université britannique de Bath, estime que 92 % de la population mondiale, en particulier dans les centres urbains, respirent un air fortement pollué. Il en résulte au bas mot plus de trois millions de décès prématurés. D’autres sources les chiffrent à près du double. C’est donc à juste titre que les collectivités prennent des mesures pour faire reculer le fléau. Les États devraient également y contribuer. Si l’on prend l’exemple de la France et de l’Allemagne qui sont les deux pays de l’Union européenne où circulent le plus grand nombre de véhicules fortement polluants – environ 5 millions chacune – l’on s’aperçoit que la loi des lobbies s’impose. Ségolène Royal n’a rien entrepris pour faire interdire la circulation des vieux diesels. Elle s’est montrée tout aussi incapable de faire respecter les normes européennes par les constructeurs. Volkswagen, poursuivi fermement et sans délais aux États-Unis, n’a pas trop de soucis à se faire de l’autre côté de l’Atlantique tant la Commission et les gouvernements nationaux, soucieux de « la contribution de l’automobile à la croissance », la font passer avant toute autre considération dont les impératifs de santé publique. Raison de plus pour soutenir sans réserve les initiatives locales qui vont à l’encontre du laisser-polluer qui leur sert de devise.

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