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| Le Bassin de Ground Zero, à Manhattan, en 2011, lors de la commémoration des 10 ans du 11 septembre 2001 (photo © Reuters/POOL). |
Alstom ou le sauvetage forcé. S’il est une tradition bien française, c’est bien cet « interventionnisme d’État » dans l’économie quand il peut en escompter quelques retombées politiques, en bien ou en mal pour ceux qui prennent le risque d’allumer la mèche du sauvetage symbole. Que les salariés du site de Belfort, spécialisé dans la production de locomotives, se mobilisent pour sauver leur emploi sur place – 400 –, c’est naturel et logique. Que les collectivités concernées qui savent combien sont fragiles les équilibres territoriaux viennent à leur rescousse, c’est encore dans l’ordre des choses, souhaitable et nécessaire. En revanche, que le pouvoir central s’en mêle par la voix du Premier ministre et du Président de la République sur un ton martial ne peut que poser question. Car s’ils le font, réunion interministérielle à la clé, c’est qu’ils espèrent en tirer profit dans la course à la présidentielle, leur permettant d’espérer faire oublier leurs multiples renoncements au plan social. Qui plus est, François Hollande donne sa « solution » qu’il compte imposer, en suscitant des commandes en provenance de la SNCF et de la RATP. Cette manière de faire est contre-productive parce que si la SNCF ne commande plus autant de matériel, c’est en raison de sa dette colossale, de sa politique de prix qui a déstabilisé le modèle TGV, les plus pauvres voyageant désormais à bord des « bus Macron », et de sa volonté de se décharger au plan budgétaire sur les Régions. Une situation que les gouvernements – celui-ci comme les précédents – ont laissé empirer voire ont encouragée. Il n’en va pas différemment de la RATP. Et François Hollande de sombrer dans le ridicule en s’attribuant le mérite des marchés gagnés par Alstom à l’étranger – Allemagne, États-Unis, Italie, Amérique latine… – afin de quémander un juste « retour d’ascenseur » en France. Or, si Alstom a conquis ces marchés face à la concurrence, c’est que ce qu’elle proposait était tout simplement plus compétitif. Les mœurs françaises en la matière sont heureusement l’exception et non la règle. Voilà pourquoi la promesse hollandaise a un parfum suranné qui ne trompe personne et qui peut se retourner contre les salariés et les territoires, en soulignant les « risques » liés à l’investissement en France quand, pour un argument de campagne électorale, le pouvoir intervient séance tenante après avoir laissé scandaleusement décliner le transport ferroviaire à l’échelle de tout le pays. Chacun a en tête le fiasco de Florange et pourtant l’Élysée n’hésite pas à refaire le même petit calcul électoraliste avec une obligation de résultat tout aussi incertaine.
« L’alternative » aussi éclatée qu’impuissante. Pas moins de quatre candidats putatifs – Hamon, Lienemann, Montebourg, Filoche – avaient fait le voyage de La Rochelle le week-end dernier après un détour par la Fête de l’Huma. Passage en revue oblige, photo de famille pour dire, non sans raison, tout le mal qu’ils pensent du quinquennat qui s’achève et leur volonté partagée d’offrir une alternative à la candidature de François Hollande ou à celle de Manuel Valls, les sortants. D’autres, tels Mélenchon, Poutou, Arthaud ou Duflot, sont eux déjà en course. Ce « foutoir » à gauche annonce une catastrophe. D’autant que l’on marche « cul par-dessus tête » avec une « demi-primaire de profils » sans disposer d’un début de programme commun ou partagé. Or, d’évidence, c’est par là qu’il faut commencer même s’il est déjà tard pour s’y coller. Ensuite, viendra le temps du choix par élimination d’un.e candidat.e commun à la présidentielle contraint par un accord de répartition dans toutes les circonscriptions pour les élections législatives. Sur ce plan, le PC et son éventuel candidat, Pierre Laurent, sont infiniment plus raisonnables. Alors, oui, le temps presse d’autant que Macron entend surfer sur la vague de la dépolitisation et de la com’ sans limites jusqu’à se faire raser en public. L’histrion devenu électron « libre » engrange à droite comme en partie dans l’électorat de gauche sans bien sûr n’avoir rien de précis à proposer. Prenons donc les choses par le bon bout, celui du programme, car c’est la seule garantie d’arriver à être utile dans une logique de recomposition et de reconstruction de la gauche. Une attente unitaire qui se fait sentir jusque sur les bancs du Parlement européen où un caucus progressiste rassemblant des députés issus des trois groupes de gauche – socialistes démocrates (S&D), Alliance libre européenne (Verts/ALE), gauche unitaire européenne (GUE/NGL) – vient de voir le jour. Dans leur ligne de mire, le « grand arrangement » permanent, à l’image de la coalition allemande, entre la droite et le groupe majoritaire S&D qui permet à Martin Schulz de présider le Parlement. Plus révélateur encore, c’est le rapport à Syriza qui a fécondé le processus de rapprochement. Tous saluent le bilan et le courage du gouvernement grec, craignant que le statu quo entre forces de gauche n’aboutisse à une « pasokisation » du groupe S&D si les prochaines élections françaises et allemandes se soldent par de nouveaux reculs d’une gauche fragmentée. L’expérience de collaboration constructive des forces de gauche au Portugal y pousse également. Reste que les socialistes en provenance de l’Est européen y sont farouchement opposés. Un signe donc, mais qui reste à concrétiser dans un, deux, trois États pour qu’une dynamique réelle s’enclenche.
La Catalogne en mode indépendantiste. Des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblées dans toute la Catalogne pour la cinquième Diada, journée nationale le 11 septembre, avec un seul objectif l’indépendance, la sécession d’avec Madrid exigeant des partis catalans qu’ils aillent « jusqu’au bout et vite ». C’est l’un des effets de la crise espagnole qui s’éternise après deux scrutins infructueux et qui donne l’impression aux indépendantistes qu’il est encore plus urgent de quitter le navire. Certes, le décompte des manifestants fait apparaître une mobilisation moindre cette année que l’an dernier – totalisant 850 000 en catalogne contre 1,4 million à Barcelone. Il n’en reste pas moins vrai que la tonalité de ces manifestations partout massives – plus de 500 000 à Barcelone, 130 000 à Salt, 45 000 à Tarragone, 60 000 à Berga… – résonne désormais non plus comme un souhait plus ou moins lointain mais comme une exigence immédiate. La base somme les dirigeants des partis de s’entendre au plus vite pour mettre en œuvre la rupture, la « déconnexion ». C’est ainsi qu’Ada Colau, la maire de gauche de Barcelone, s’est jointe à la manifestation, tandis que Podemos reste opposé au niveau national à la perspective indépendantiste tout en jouant avec le feu sur l’organisation de ces référendums qui peuvent conduire à une situation inextricable en Catalogne comme dans plusieurs autres provinces d’Espagne. Plus le pouvoir central, perçu à une très large échelle comme illégitime et auteur volontaire de provocations en série – la prochaine pourrait être la poursuite de la Présidente du Parlement catalan pour les prises de position de celui-ci –, s’affaiblira, plus le « rêve » indépendantiste se renforcera sur fond de concurrence entre régions et cités au détriment d’une solidarité territoriale et sociale indispensable en Espagne comme ailleurs dans toute l’Europe. S’y ajoute le statu quo dans la gauche espagnole, paralysée par la lutte d’appareil entre le PSOE et Podemos, qui permet à Rajoy d’occuper le terrain sans majorité et aux plus fous des indépendantistes de pousser leur avantage. Au moment où l’Union traverse la crise la plus grave de son histoire sur fond de « Brexit », l’éclatement d’un autre territoire européen avec de graves risques de dérives tomberait fort mal. Raison de plus pour que Bruxelles tienne un discours à la fois ferme sur le fond opposant l’intégration européenne aux sécessions territoriales et ouvert à la médiation entre Madrid et ses provinces.
Le monde en alerte rouge. Contre les attentats islamistes en préparation ou survenus car si les coups portés à l’EI-Daesh commencent à ébranler le Califat de Baghdadi, sa capacité de nuisance terroriste n’a jamais sans doute été aussi forte notamment en Europe et en Asie. La « radicalisation » ou plus exactement l’endoctrinement constaté de centaines, voire de milliers d’individus, en particulier en France – 300 arrestations depuis le début de l’année – fait que chaque jour peut être celui d’un nouveau coup terrible alors que ce pays comme d’autres n’en peut plus de subir l’innommable. Et que dire de ce chiffre hallucinant de 300 000 victimes de la guerre en Syrie qui pousse à l’accord, coûte que coûte, entre Américains et Russes tout en sachant que celui-ci n’a que peu de chance de se traduire par un cessez-le-feu stabilisé et durable et qu’il porte également une forme d’amnistie pour Assad, le boucher de Damas. Cela alors que l’on commémorait à New York le 11 septembre 2001 qui a sans doute marqué la fin d’une époque de relative insouciance pour l’humanité. Et le spectre de la « connerie » de revenir en force dans la course à la Maison Blanche parce qu’Hilary Clinton a fait un malaise, avant de reconnaître qu’elle souffrait d’une pneumonie et que sa com’ sur son état de santé avait été inappropriée. Le secret sur la santé de ceux qui gouvernent reste dommageable d’autant que dans le cas des États-Unis, ce sont deux septuagénaires ou presque – Clinton, la plus jeune, a 68 ans ! – qui sont en première ligne. Le droit et l’obligation à la retraite doit s’imposer dans l’exercice de ce type de mandat public faute d’exposer le monde à un risque d’emballement difficilement contrôlable… Sans compter l’annonce du procès en décembre de Christine Lagarde devant la Cour de Justice de la République pour son rôle dans l’affaire Tapie… Sans compter le report du troisième tour de l’élection à la Présidence autrichienne, meilleur moyen de renforcer l’extrême-droite dans cette perspective… Sans compter le dérapage heureusement solitaire de la diplomatie luxembourgeoise qui prétend exclure la Hongrie de l’Union sans mesurer l’effet déplorable d’une telle proposition quelles que soient les réserves et condamnations légitimes contre Orban… Oui, il fait décidément bien chaud en ce mois de rentrée et pas seulement au plan climatique en attendant les orages possiblement dévastateurs que nous prépare une actualité mondiale à très hauts risques.
« L’alternative » aussi éclatée qu’impuissante. Pas moins de quatre candidats putatifs – Hamon, Lienemann, Montebourg, Filoche – avaient fait le voyage de La Rochelle le week-end dernier après un détour par la Fête de l’Huma. Passage en revue oblige, photo de famille pour dire, non sans raison, tout le mal qu’ils pensent du quinquennat qui s’achève et leur volonté partagée d’offrir une alternative à la candidature de François Hollande ou à celle de Manuel Valls, les sortants. D’autres, tels Mélenchon, Poutou, Arthaud ou Duflot, sont eux déjà en course. Ce « foutoir » à gauche annonce une catastrophe. D’autant que l’on marche « cul par-dessus tête » avec une « demi-primaire de profils » sans disposer d’un début de programme commun ou partagé. Or, d’évidence, c’est par là qu’il faut commencer même s’il est déjà tard pour s’y coller. Ensuite, viendra le temps du choix par élimination d’un.e candidat.e commun à la présidentielle contraint par un accord de répartition dans toutes les circonscriptions pour les élections législatives. Sur ce plan, le PC et son éventuel candidat, Pierre Laurent, sont infiniment plus raisonnables. Alors, oui, le temps presse d’autant que Macron entend surfer sur la vague de la dépolitisation et de la com’ sans limites jusqu’à se faire raser en public. L’histrion devenu électron « libre » engrange à droite comme en partie dans l’électorat de gauche sans bien sûr n’avoir rien de précis à proposer. Prenons donc les choses par le bon bout, celui du programme, car c’est la seule garantie d’arriver à être utile dans une logique de recomposition et de reconstruction de la gauche. Une attente unitaire qui se fait sentir jusque sur les bancs du Parlement européen où un caucus progressiste rassemblant des députés issus des trois groupes de gauche – socialistes démocrates (S&D), Alliance libre européenne (Verts/ALE), gauche unitaire européenne (GUE/NGL) – vient de voir le jour. Dans leur ligne de mire, le « grand arrangement » permanent, à l’image de la coalition allemande, entre la droite et le groupe majoritaire S&D qui permet à Martin Schulz de présider le Parlement. Plus révélateur encore, c’est le rapport à Syriza qui a fécondé le processus de rapprochement. Tous saluent le bilan et le courage du gouvernement grec, craignant que le statu quo entre forces de gauche n’aboutisse à une « pasokisation » du groupe S&D si les prochaines élections françaises et allemandes se soldent par de nouveaux reculs d’une gauche fragmentée. L’expérience de collaboration constructive des forces de gauche au Portugal y pousse également. Reste que les socialistes en provenance de l’Est européen y sont farouchement opposés. Un signe donc, mais qui reste à concrétiser dans un, deux, trois États pour qu’une dynamique réelle s’enclenche.
La Catalogne en mode indépendantiste. Des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblées dans toute la Catalogne pour la cinquième Diada, journée nationale le 11 septembre, avec un seul objectif l’indépendance, la sécession d’avec Madrid exigeant des partis catalans qu’ils aillent « jusqu’au bout et vite ». C’est l’un des effets de la crise espagnole qui s’éternise après deux scrutins infructueux et qui donne l’impression aux indépendantistes qu’il est encore plus urgent de quitter le navire. Certes, le décompte des manifestants fait apparaître une mobilisation moindre cette année que l’an dernier – totalisant 850 000 en catalogne contre 1,4 million à Barcelone. Il n’en reste pas moins vrai que la tonalité de ces manifestations partout massives – plus de 500 000 à Barcelone, 130 000 à Salt, 45 000 à Tarragone, 60 000 à Berga… – résonne désormais non plus comme un souhait plus ou moins lointain mais comme une exigence immédiate. La base somme les dirigeants des partis de s’entendre au plus vite pour mettre en œuvre la rupture, la « déconnexion ». C’est ainsi qu’Ada Colau, la maire de gauche de Barcelone, s’est jointe à la manifestation, tandis que Podemos reste opposé au niveau national à la perspective indépendantiste tout en jouant avec le feu sur l’organisation de ces référendums qui peuvent conduire à une situation inextricable en Catalogne comme dans plusieurs autres provinces d’Espagne. Plus le pouvoir central, perçu à une très large échelle comme illégitime et auteur volontaire de provocations en série – la prochaine pourrait être la poursuite de la Présidente du Parlement catalan pour les prises de position de celui-ci –, s’affaiblira, plus le « rêve » indépendantiste se renforcera sur fond de concurrence entre régions et cités au détriment d’une solidarité territoriale et sociale indispensable en Espagne comme ailleurs dans toute l’Europe. S’y ajoute le statu quo dans la gauche espagnole, paralysée par la lutte d’appareil entre le PSOE et Podemos, qui permet à Rajoy d’occuper le terrain sans majorité et aux plus fous des indépendantistes de pousser leur avantage. Au moment où l’Union traverse la crise la plus grave de son histoire sur fond de « Brexit », l’éclatement d’un autre territoire européen avec de graves risques de dérives tomberait fort mal. Raison de plus pour que Bruxelles tienne un discours à la fois ferme sur le fond opposant l’intégration européenne aux sécessions territoriales et ouvert à la médiation entre Madrid et ses provinces.
Le monde en alerte rouge. Contre les attentats islamistes en préparation ou survenus car si les coups portés à l’EI-Daesh commencent à ébranler le Califat de Baghdadi, sa capacité de nuisance terroriste n’a jamais sans doute été aussi forte notamment en Europe et en Asie. La « radicalisation » ou plus exactement l’endoctrinement constaté de centaines, voire de milliers d’individus, en particulier en France – 300 arrestations depuis le début de l’année – fait que chaque jour peut être celui d’un nouveau coup terrible alors que ce pays comme d’autres n’en peut plus de subir l’innommable. Et que dire de ce chiffre hallucinant de 300 000 victimes de la guerre en Syrie qui pousse à l’accord, coûte que coûte, entre Américains et Russes tout en sachant que celui-ci n’a que peu de chance de se traduire par un cessez-le-feu stabilisé et durable et qu’il porte également une forme d’amnistie pour Assad, le boucher de Damas. Cela alors que l’on commémorait à New York le 11 septembre 2001 qui a sans doute marqué la fin d’une époque de relative insouciance pour l’humanité. Et le spectre de la « connerie » de revenir en force dans la course à la Maison Blanche parce qu’Hilary Clinton a fait un malaise, avant de reconnaître qu’elle souffrait d’une pneumonie et que sa com’ sur son état de santé avait été inappropriée. Le secret sur la santé de ceux qui gouvernent reste dommageable d’autant que dans le cas des États-Unis, ce sont deux septuagénaires ou presque – Clinton, la plus jeune, a 68 ans ! – qui sont en première ligne. Le droit et l’obligation à la retraite doit s’imposer dans l’exercice de ce type de mandat public faute d’exposer le monde à un risque d’emballement difficilement contrôlable… Sans compter l’annonce du procès en décembre de Christine Lagarde devant la Cour de Justice de la République pour son rôle dans l’affaire Tapie… Sans compter le report du troisième tour de l’élection à la Présidence autrichienne, meilleur moyen de renforcer l’extrême-droite dans cette perspective… Sans compter le dérapage heureusement solitaire de la diplomatie luxembourgeoise qui prétend exclure la Hongrie de l’Union sans mesurer l’effet déplorable d’une telle proposition quelles que soient les réserves et condamnations légitimes contre Orban… Oui, il fait décidément bien chaud en ce mois de rentrée et pas seulement au plan climatique en attendant les orages possiblement dévastateurs que nous prépare une actualité mondiale à très hauts risques.

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