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| Photo © Getty Images |
Comme chaque année, la vraie rentrée sera tout à la fois scolaire, politique et sociale. Impossible cependant de ne pas prendre en compte un contexte sécuritaire menaçant et une sourde offensive idéologique des Islamistes qui auront été les marques d’un été meurtrier et difficile en France, en Europe et dans le monde. Côté sécuritaire, pour la première fois, l’Éducation nationale entend préparer élèves et enseignants à faire face à un attentat dans un établissement scolaire avec intrusion d’éléments extérieurs. C’est l’analyse des risques réels qui l’impose. Cela n’en fait pas pour autant une bonne nouvelle car le rôle de l’école est ainsi surchargé d’une dimension à laquelle elle est mal préparée et qui laisse un goût amer sur les conditions dans lesquelles les enfants d’aujourd’hui sont appelés à grandir dans ce monde que les crimes islamistes les plus barbares ont transformé en coupe-gorge sans qu’il soit possible de cerner davantage le risque et sa prochaine survenue. On aurait tort de sous-estimer ce que cela change pour les jeunes et leurs familles. Pas de quoi étudier et se construire dans une confiance partagée en une humanité qui va de l’avant.
Sur le fond, nous payons les erreurs, le manque de courage et de détermination des gouvernements confrontés dès juin 2014 et en réalité avant à l’émergence de cette menace terroriste venue de la décomposition des régimes irakien et syrien et de l’étouffement des printemps arabes, après la seconde guerre de Bush, le retrait précipité d’Obama, le retour en force de Poutine et la valse hésitation de la plupart des chancelleries. Si le Califat infâme avait été écrasé dans l’œuf dès le départ sous contrôle onusien, si les populations locales n’avaient pas été abandonnées à leur triste sort, nous n’en serions pas là. Le bilan est sans appel. Aujourd’hui, les données sont cependant quelque peu différentes. Même s’il s’est développé et aguerri au travers de ses crimes, le Califat de Baghdadi connait des revers sévères, comme celui de Jarablos repris par les Turcs cette semaine. Succès formellement foudroyant, repli des Djihadistes sans combat accompagnés d’une partie de la population civile. C’est là que gît aussi le problème, dans l’incapacité de la communauté internationale à proposer une autre voie, celle de la Libération et la construction sur le long terme de sociétés vivables, laïques et démocratiques.
Dans ce contexte assez sombre d’une lutte de très longue haleine, l’affaire du burkini – la déclinaison pour le bain des diktats vestimentaires islamistes – vient de connaître un épisode malheureux. Au départ, quelques provocations soigneusement montées par les ennemis des libertés et de la laïcité, détournant les unes et l’autre de leur portée libératrice. Une réaction brouillonne et mal assurée des maires – avant tout de droite – qui ont multiplié des interdictions peu fondées au plan juridique invoquant l’ordre public en termes très généraux. Sans compter l’inquiétant Comité contre l’islamophobie, fort de ses accointances avec des prédicateurs tels Ramadan et d’autres pires que lui. Sans compter le combat à contresens des droits de l’Homme de la Ligue qui s’en revendique. Et à l’arrivée le Conseil d’État qui casse un arrêté d’interdiction – celui de Villeneuve-Loubet – et dessine, indépendamment du droit, une victoire idéologique des Islamistes qui, au nom de la liberté d’aller et de se vêtir selon son choix, impose une image dégradante des femmes. C’est sur ce terrain qu’il fallait et qu’il faut les contrer, les démasquer, les combattre. Seules les féministes, les progressistes le peuvent quand les hommes et femmes de droite en sont incapables.
De manière générale, le réarmement idéologique constitue le meilleur antidote contre les dérives sectaires, religieuses en particulier. L’Islam n’est pas la seule religion à en être affectée. La longue séquence de mobilisation des milieux catholiques intégristes lors de l’adoption de la loi sur le mariage pour tous le prouve. Et cela va se vérifier dans la perspective de l’élection présidentielle. Qui plus est, tous ces ennemis des libertés savent faire front quand l’opportunité se présente contre la démocratie, la République et leurs acquis respectifs. Encore faut-il leur répondre au bon niveau et ne pas laisser dénaturer un juste discours par les racistes et autres défenseurs d’une Europe prétendument chrétienne opposée à un monde tout aussi prétendument arabo-musulman. La simple évocation de ces caractérisations définitives et datées suffit à tout gâcher, emportant avec elle la référence à un universalisme libérateur qui constitue le legs le plus précieux des Lumières et des humanités européennes. Le combat ne fait que commencer souvent dans la confusion et l’à-peu-près. Il faut lui assurer clarté et longévité.
Et puis, la grande rentrée, ce sont aussi quelques traits captés au fil de l’actualité et qui en disent long sur l’état de nos sociétés. Le mal logement qui fait de la deuxième puissance européenne, la dixième seulement dans l’Union pour ce qui concerne le logement social. 23 000 familles sont, selon la Fondation Abbé Pierre, contraintes de vivre dans moins de 9 mètres carrés. Indécent, scandaleux, révoltant contre ceux qui laissent faire ! C’est aussi ce chiffre confirmé par l’Insee d’une croissance nulle au second trimestre, avec un acquis annualisé de 1,1 %. Il faudrait atteindre 0,5 % au troisième et au quatrième trimestre pour que les objectifs de la Loi de finance – 1,5 % – soient tenus. Sinon, ce seront de nouvelles coupes claires dans les budgets, sociaux en particulier, que les Départements, maintenus contre l’intérêt général, ont par exemple multipliées ces derniers mois, l’État ne compensant plus qu’à 61 % leurs dépenses pour le RSA par exemple contre 90 % précédemment. La liste n’est évidemment pas exhaustive de tout ce qui abîme la société et fait le lit des « forces obscures », de l’Islamisme aux extrémismes de droite et d’extrême droite dont Sarkozy fait la synthèse.
Pendant ce temps à gauche, on multiplie les candidatures à l’élection présidentielle, que ce soit dans des primaires partisanes ou même directement dans la vraie course – une bonne dizaine au PS, pas moins de quatre chez les Verts et quelques autres en dehors. Pour faire bonne mesure et en rajouter, on révèle des sondages secrets ou l’on tente de les cacher. Le résultat est le même, une méfiance grandissante contre ces jeux d’appareils et d’ego foncièrement pervers. Il faut rapidement cesser ces détournements des procédures démocratiques qui sont devenus la règle sous la Ve République. Mieux vaudrait discuter sur le fond d’un programme de législature commun à toute la gauche impliquant une réforme d’Institutions en mort clinique, en mobilisant « le camp du progrès » pour sauver au moins l’essentiel l’an prochain. L’essentiel autrement dit une réorientation sociale et démocratique, garante d’une cohésion ouverte et partagée, apte aux combats contre la barbarie, l’obscurantisme et la réaction.
Sur le fond, nous payons les erreurs, le manque de courage et de détermination des gouvernements confrontés dès juin 2014 et en réalité avant à l’émergence de cette menace terroriste venue de la décomposition des régimes irakien et syrien et de l’étouffement des printemps arabes, après la seconde guerre de Bush, le retrait précipité d’Obama, le retour en force de Poutine et la valse hésitation de la plupart des chancelleries. Si le Califat infâme avait été écrasé dans l’œuf dès le départ sous contrôle onusien, si les populations locales n’avaient pas été abandonnées à leur triste sort, nous n’en serions pas là. Le bilan est sans appel. Aujourd’hui, les données sont cependant quelque peu différentes. Même s’il s’est développé et aguerri au travers de ses crimes, le Califat de Baghdadi connait des revers sévères, comme celui de Jarablos repris par les Turcs cette semaine. Succès formellement foudroyant, repli des Djihadistes sans combat accompagnés d’une partie de la population civile. C’est là que gît aussi le problème, dans l’incapacité de la communauté internationale à proposer une autre voie, celle de la Libération et la construction sur le long terme de sociétés vivables, laïques et démocratiques.
Dans ce contexte assez sombre d’une lutte de très longue haleine, l’affaire du burkini – la déclinaison pour le bain des diktats vestimentaires islamistes – vient de connaître un épisode malheureux. Au départ, quelques provocations soigneusement montées par les ennemis des libertés et de la laïcité, détournant les unes et l’autre de leur portée libératrice. Une réaction brouillonne et mal assurée des maires – avant tout de droite – qui ont multiplié des interdictions peu fondées au plan juridique invoquant l’ordre public en termes très généraux. Sans compter l’inquiétant Comité contre l’islamophobie, fort de ses accointances avec des prédicateurs tels Ramadan et d’autres pires que lui. Sans compter le combat à contresens des droits de l’Homme de la Ligue qui s’en revendique. Et à l’arrivée le Conseil d’État qui casse un arrêté d’interdiction – celui de Villeneuve-Loubet – et dessine, indépendamment du droit, une victoire idéologique des Islamistes qui, au nom de la liberté d’aller et de se vêtir selon son choix, impose une image dégradante des femmes. C’est sur ce terrain qu’il fallait et qu’il faut les contrer, les démasquer, les combattre. Seules les féministes, les progressistes le peuvent quand les hommes et femmes de droite en sont incapables.
De manière générale, le réarmement idéologique constitue le meilleur antidote contre les dérives sectaires, religieuses en particulier. L’Islam n’est pas la seule religion à en être affectée. La longue séquence de mobilisation des milieux catholiques intégristes lors de l’adoption de la loi sur le mariage pour tous le prouve. Et cela va se vérifier dans la perspective de l’élection présidentielle. Qui plus est, tous ces ennemis des libertés savent faire front quand l’opportunité se présente contre la démocratie, la République et leurs acquis respectifs. Encore faut-il leur répondre au bon niveau et ne pas laisser dénaturer un juste discours par les racistes et autres défenseurs d’une Europe prétendument chrétienne opposée à un monde tout aussi prétendument arabo-musulman. La simple évocation de ces caractérisations définitives et datées suffit à tout gâcher, emportant avec elle la référence à un universalisme libérateur qui constitue le legs le plus précieux des Lumières et des humanités européennes. Le combat ne fait que commencer souvent dans la confusion et l’à-peu-près. Il faut lui assurer clarté et longévité.
Et puis, la grande rentrée, ce sont aussi quelques traits captés au fil de l’actualité et qui en disent long sur l’état de nos sociétés. Le mal logement qui fait de la deuxième puissance européenne, la dixième seulement dans l’Union pour ce qui concerne le logement social. 23 000 familles sont, selon la Fondation Abbé Pierre, contraintes de vivre dans moins de 9 mètres carrés. Indécent, scandaleux, révoltant contre ceux qui laissent faire ! C’est aussi ce chiffre confirmé par l’Insee d’une croissance nulle au second trimestre, avec un acquis annualisé de 1,1 %. Il faudrait atteindre 0,5 % au troisième et au quatrième trimestre pour que les objectifs de la Loi de finance – 1,5 % – soient tenus. Sinon, ce seront de nouvelles coupes claires dans les budgets, sociaux en particulier, que les Départements, maintenus contre l’intérêt général, ont par exemple multipliées ces derniers mois, l’État ne compensant plus qu’à 61 % leurs dépenses pour le RSA par exemple contre 90 % précédemment. La liste n’est évidemment pas exhaustive de tout ce qui abîme la société et fait le lit des « forces obscures », de l’Islamisme aux extrémismes de droite et d’extrême droite dont Sarkozy fait la synthèse.
Pendant ce temps à gauche, on multiplie les candidatures à l’élection présidentielle, que ce soit dans des primaires partisanes ou même directement dans la vraie course – une bonne dizaine au PS, pas moins de quatre chez les Verts et quelques autres en dehors. Pour faire bonne mesure et en rajouter, on révèle des sondages secrets ou l’on tente de les cacher. Le résultat est le même, une méfiance grandissante contre ces jeux d’appareils et d’ego foncièrement pervers. Il faut rapidement cesser ces détournements des procédures démocratiques qui sont devenus la règle sous la Ve République. Mieux vaudrait discuter sur le fond d’un programme de législature commun à toute la gauche impliquant une réforme d’Institutions en mort clinique, en mobilisant « le camp du progrès » pour sauver au moins l’essentiel l’an prochain. L’essentiel autrement dit une réorientation sociale et démocratique, garante d’une cohésion ouverte et partagée, apte aux combats contre la barbarie, l’obscurantisme et la réaction.

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