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| Photo © Reuters. |
Nice, après Paris et Bruxelles et nombre d’autres cités martyrisées un peu partout dans le monde… Une nouvelle fois, la terreur – probablement islamiste – a frappé fauchant sur la Promenade des Anglais au moins 84 femmes, hommes et enfants qui participaient au traditionnel feu d’artifice du 14 juillet. Si bien que l’insouciance joyeuse cède la place à la sidération profonde. Le drame était hélas prévisible, là ou ailleurs, tant les menaces de l’EI-Daesh qui pesaient sur la France et l’Europe laissaient craindre de nouveaux attentats. Alors, bien sûr et comme toujours, le premier devoir qui s’impose à tous et à l’État en tout premier lieu consiste à venir en aide aux blessés et aux familles qui ont perdu un ou plusieurs proches. Les services de l’État sont mobilisés à cet effet et parent au plus pressé avec professionnalisme. Mais, au-delà, il faut regarder la situation en face.
Oui, ce nouvel attentat meurtrier souligne que nous sommes en guerre. Une guerre qui ne ressemble pas bien sûr à celles qui l’ont précédée en d’autres temps. Une guerre globale où l’humanité fait face à une terreur qui n’a pas besoin d’un état-major organisé pour se déployer et frapper. Les commandos structurés de tueurs ne sont même pas nécessaires pour semer la mort. À Nice, un homme a roulé avec un camion dans la foule sur près de 2 km. L’image terrible retenue par de nombreux témoins est celle du « jeu de quille ». Il a fini par être abattu par les forces de l’ordre mais le bilan est particulièrement lourd. Il n’y a pas de parade absolue contre ce type d’attentat. On peut en déjouer dix mais sans garantie qu’un tueur n’a pas échappé aux mailles du filet. Ce serait un Niçois d’origine tunisienne non repéré par les services de renseignement qui en serait l’auteur.
Les réponses à apporter à ce type de situation n’ont rien d’évident. Il en va ainsi de l’état d’urgence que François Hollande a décidé de prolonger une nouvelle fois de trois mois, le Parlement étant convoqué dès la semaine prochaine pour en voter le principe et les modalités. Le recours à cette disposition de la Constitution utilisée après les attentats de Paris va à l’encontre des libertés publiques. Il ne faut donc ni s’y habituer ni se condamner à vivre avec. Le recours à la réserve opérationnelle n’est pas davantage souhaitable car il concourt également à militariser la société. Il est encore moins souhaitable que la vie publique et démocratique fasse l’objet de restrictions dont l’annulation de manifestations quelles qu’elles soient. C’est d’autant plus vrai quand le ministre Le Drian croit « utile » de célébrer le 14 juillet dans une longue interview au magazine d’extrême-droite Valeurs actuelles et que le recours au 49.3 est devenu un mode de gouvernance pour l’exécutif.
La cohésion solidaire de tous et de chacun est la seule réponse possible aux agressions sanglantes, exigerait-elle une haute conscience démocratique. La cohésion d’un pays debout par-delà ce qui divise les citoyens. Un pays et une Union européenne qui ne cèdent ni à la peur ni aux débordements populistes et néofascistes. Nice et le sud-est de la France en général ne sont pas Paris. Dans une région largement gangrenée par l’extrême-droite, il faut empêcher que les attentats ne deviennent un prétexte commode pour les groupes de l’ultra-droite qui rêvent d’affrontements ethniques. C’est le premier devoir de l’État en matière d’ordre public. Veiller à réprimer comme le permet la loi les propos et les actes racistes qui appelleraient à la vengeance contre une « communauté », celle des citoyens originaires de l’autre rive de la Méditerranée en l’occurence.
Les conséquences économiques de ce nouveau drame ne sauraient être sous-estimées. Les attentats de Paris avaient amputé la croissance de quelques dixièmes de points. Les effets de celui de Nice ne seront pas moindres d’autant qu’il intervient en plein été sur la Côte d’Azur au moment où la saison touristique est au zénith. Il est donc raisonnable de tabler sur une nouvelle baisse de l’activité déjà affaiblie par les conséquences du « Brexit ». Le FMI ne prévoyait plus que 1,25 % de croissance à la veille de l’attentat de Nice. Celle-ci devrait donc s’établir autour de 1% et ce n’est pas sans conséquence au plan budgétaire comme à celui de l’emploi. La fameuse inversion de la courbe du chômage que Hollande candidat à sa succession promettait hier encore aux Français n’est pas accessible sans une inflexion forte en faveur de la consommation des ménages.
La riposte militaire sur le terrain en Syrie et en Irak annoncée par Hollande pose également problème. Non dans son principe mais parce qu’elle met à l’ordre du jour la question de l’intégration militaire dans l’Union guère envisageable aussi longtemps que celle-ci ne sera pas dotée d’une gouvernance démocratique. Hollande a fait état d’un accord avec Berlin pour relancer l’effort budgétaire coordonné dans l’Union, voire des interventions conjointes. Ce serait un tournant appréciable dans une situation où la France assume encore la part principale des Européens dans les interventions internationales extérieures au Proche, Moyen-Orient et en Afrique aux côtés des États-Unis. Mais une intervention militaire européenne est incompatible avec le credo patriotique et national entonné par le ministre de la guerre Le Drian.
Restent enfin les petits jeux politiciens auxquels une partie de la droite semble prête à s’adonner à quelques mois de l’élection présidentielle. À entendre Estrosi nouveau patron LR de la Région et le député LR Ciotti, l’on comprend qu’ils entendent instrumentaliser le drame de Nice au nom d’un tout sécuritaire pire que celui amorcé par l’Élysée et Matignon. D’autant que leurs projets économiques restrictifs – coupes claires de dizaines de milliards dans les dépenses publiques – comme ceux de tous les candidats à la primaire de droite sont en porte-à-faux par rapport aux recommandations pressantes de tous les organismes internationaux du FMI à la Banque mondiale en passant par l’OCDE. Cela aussi contribue à une montée des tensions à laquelle la gauche doit s’attendre au lendemain du deuil national. En un mot la vigilance solidaire et démocratique est à l’ordre du jour comme elle ne l’avait plus été depuis la fin de la guerre d’Algérie.
Oui, ce nouvel attentat meurtrier souligne que nous sommes en guerre. Une guerre qui ne ressemble pas bien sûr à celles qui l’ont précédée en d’autres temps. Une guerre globale où l’humanité fait face à une terreur qui n’a pas besoin d’un état-major organisé pour se déployer et frapper. Les commandos structurés de tueurs ne sont même pas nécessaires pour semer la mort. À Nice, un homme a roulé avec un camion dans la foule sur près de 2 km. L’image terrible retenue par de nombreux témoins est celle du « jeu de quille ». Il a fini par être abattu par les forces de l’ordre mais le bilan est particulièrement lourd. Il n’y a pas de parade absolue contre ce type d’attentat. On peut en déjouer dix mais sans garantie qu’un tueur n’a pas échappé aux mailles du filet. Ce serait un Niçois d’origine tunisienne non repéré par les services de renseignement qui en serait l’auteur.
Les réponses à apporter à ce type de situation n’ont rien d’évident. Il en va ainsi de l’état d’urgence que François Hollande a décidé de prolonger une nouvelle fois de trois mois, le Parlement étant convoqué dès la semaine prochaine pour en voter le principe et les modalités. Le recours à cette disposition de la Constitution utilisée après les attentats de Paris va à l’encontre des libertés publiques. Il ne faut donc ni s’y habituer ni se condamner à vivre avec. Le recours à la réserve opérationnelle n’est pas davantage souhaitable car il concourt également à militariser la société. Il est encore moins souhaitable que la vie publique et démocratique fasse l’objet de restrictions dont l’annulation de manifestations quelles qu’elles soient. C’est d’autant plus vrai quand le ministre Le Drian croit « utile » de célébrer le 14 juillet dans une longue interview au magazine d’extrême-droite Valeurs actuelles et que le recours au 49.3 est devenu un mode de gouvernance pour l’exécutif.
La cohésion solidaire de tous et de chacun est la seule réponse possible aux agressions sanglantes, exigerait-elle une haute conscience démocratique. La cohésion d’un pays debout par-delà ce qui divise les citoyens. Un pays et une Union européenne qui ne cèdent ni à la peur ni aux débordements populistes et néofascistes. Nice et le sud-est de la France en général ne sont pas Paris. Dans une région largement gangrenée par l’extrême-droite, il faut empêcher que les attentats ne deviennent un prétexte commode pour les groupes de l’ultra-droite qui rêvent d’affrontements ethniques. C’est le premier devoir de l’État en matière d’ordre public. Veiller à réprimer comme le permet la loi les propos et les actes racistes qui appelleraient à la vengeance contre une « communauté », celle des citoyens originaires de l’autre rive de la Méditerranée en l’occurence.
Les conséquences économiques de ce nouveau drame ne sauraient être sous-estimées. Les attentats de Paris avaient amputé la croissance de quelques dixièmes de points. Les effets de celui de Nice ne seront pas moindres d’autant qu’il intervient en plein été sur la Côte d’Azur au moment où la saison touristique est au zénith. Il est donc raisonnable de tabler sur une nouvelle baisse de l’activité déjà affaiblie par les conséquences du « Brexit ». Le FMI ne prévoyait plus que 1,25 % de croissance à la veille de l’attentat de Nice. Celle-ci devrait donc s’établir autour de 1% et ce n’est pas sans conséquence au plan budgétaire comme à celui de l’emploi. La fameuse inversion de la courbe du chômage que Hollande candidat à sa succession promettait hier encore aux Français n’est pas accessible sans une inflexion forte en faveur de la consommation des ménages.
La riposte militaire sur le terrain en Syrie et en Irak annoncée par Hollande pose également problème. Non dans son principe mais parce qu’elle met à l’ordre du jour la question de l’intégration militaire dans l’Union guère envisageable aussi longtemps que celle-ci ne sera pas dotée d’une gouvernance démocratique. Hollande a fait état d’un accord avec Berlin pour relancer l’effort budgétaire coordonné dans l’Union, voire des interventions conjointes. Ce serait un tournant appréciable dans une situation où la France assume encore la part principale des Européens dans les interventions internationales extérieures au Proche, Moyen-Orient et en Afrique aux côtés des États-Unis. Mais une intervention militaire européenne est incompatible avec le credo patriotique et national entonné par le ministre de la guerre Le Drian.
Restent enfin les petits jeux politiciens auxquels une partie de la droite semble prête à s’adonner à quelques mois de l’élection présidentielle. À entendre Estrosi nouveau patron LR de la Région et le député LR Ciotti, l’on comprend qu’ils entendent instrumentaliser le drame de Nice au nom d’un tout sécuritaire pire que celui amorcé par l’Élysée et Matignon. D’autant que leurs projets économiques restrictifs – coupes claires de dizaines de milliards dans les dépenses publiques – comme ceux de tous les candidats à la primaire de droite sont en porte-à-faux par rapport aux recommandations pressantes de tous les organismes internationaux du FMI à la Banque mondiale en passant par l’OCDE. Cela aussi contribue à une montée des tensions à laquelle la gauche doit s’attendre au lendemain du deuil national. En un mot la vigilance solidaire et démocratique est à l’ordre du jour comme elle ne l’avait plus été depuis la fin de la guerre d’Algérie.

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