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| Hollande (photo © AFP), Rouillan (photo © AFP), Fico (photo DR), El Khomri (photo © NIVIERE/SIPA), Lula (photo © Reuters), Erdogan (photo © Reuters). |
Ne pas prendre en compte par aveuglement, par entêtement, le risque d'explosion de sociétés déchirées qui n'en peuvent réellement plus, qui ont vraiment trop souffert et dont l'horizon paraît bouché peut entrainer des catastrophes en série pour l'humanité. On ne le répètera jamais assez à l'adresse des gouvernants irresponsables d'ici et d'ailleurs. À Paris, c'est le texte de la loi travail portée par El Khomri, Valls et Hollande qui menace l'emploi, le pays et la gauche d'une régression majeure… sauf si la mobilisation sociale et la jeunesse en viennent à bout. À Bruxelles, comme à Athènes et Ankara, c'est la crise des migrants-réfugiés qui souligne les divisions et l'impuissance de l'Europe à trouver une solution à l'un des plus grands exodes de l'histoire humaine. Le reste de l'actualité pour significatif qu'il soit est dans ce contexte forcément relégué au second plan même s'il est souhaitable de le garder en mémoire.
Quand Hollande décore de la « breloque » l'héritier des Saoud, ci-devant ministre de l'intérieur du Royaume passé maître dans les exécutions expéditives – 70 depuis le 1er janvier – un seul mot s'impose, déshonneur ! D'autant que le calcul politique n'est pas moins condamnable. Les Saoud sont les principaux clients des industries d'armement françaises – plus de 10 milliards rien que dans les derniers mois. Le Parlement de Strasbourg défend un embargo sur ces ventes aussi immorales que dangereuses. Ryad, prenant les devants, avait prévu dans ce cadre d'armer l'armée libanaise à hauteur de 3 milliards et se ravise donc en honorant les contrats à son profit. C'est bien de cela dont il s'agit et de rien d'autre, n'en déplaise à Ayrault bafouillant dans sa défense pitoyable de la décoration indéfendable. Hollande et Le Drian savent ce qu'ils font et n'ont plus guère de scrupules, leurs prédécesseurs auraient-ils agi – c'est vrai – de la sorte.
Quand Jean-Marc Rouillan, le fondateur du groupe Action-directe qui chercha à l'époque la voie vers des années de plomb à la française, comme en avait connues l'Italie, proclame « le courage » des assassins du 13 novembre, un seul mot s'impose, salaud ! D'autres, plus respectables, il est vrai, n'avaient-ils pas vu « la part d'idéal, fût-il ensuite dévoyé » des jeunes des quartiers embarqués dans le djihad… Il n'est pas trop tard pour reconnaître une « énorme connerie » et en venir à une plus juste appréciation des choses. Faute de quoi, cette forme de « complaisance » pour le crime, le dénoncerait-on par ailleurs, divisera irrémédiablement les rangs de celles et ceux qui doivent faire front à la barbarie islamiste, celle des tueurs de l'EI et des autres groupes de fous d'Allah, prêts à tout au nom de leurs croyances et superstitions moyenâgeuses. Le chef de l’Église catholique en convient pour prôner une société « laïc » – nous lui préférons toujours laïque – où l'influence « des Lumières serait réduite ». Hors de question !
Quand après avoir joué avec le feu tout au long de la campagne électorale, Robert Fico et les sociaux-démocrates slovaques renoncent à tout, l'espace d'un scrutin où ils arrivent en tête tout en perdant l'essentiel, avec 28,3 % et 49 sièges contre 44,5 % et 89 sièges en 2012 dans un Parlement qui compte 150 députés. La formation d'un gouvernement avec un éclatement sans précédent depuis la séparation d'avec la République tchèque apparaît tout simplement improbable. Pire, toute la campagne de cette prétendue « gauche » tout aussi populiste et démagogique que la droite d'Orban en Hongrie a tout centré contre les migrants et porte une responsabilité écrasante dans la forte poussée du courant néo-nazi « Notre Slovaquie » qui pourra désormais parader dans les travées du Parlement de Bratislava. Les gauches européennes doivent rompre toute relation avec ce parti et son principal dirigeant qui n'en font d'évidence plus partie depuis longtemps.
Quand la direction du Parti des travailleurs – PT – brésilien et la présidente Dilma Rousseff qui en est issue sont confrontées à la mise en cause du père fondateur, Lula – Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010 –, dans le scandale de corruption avéré de l'entreprise publique Petrobras avec d'innombrables entreprises à la faveur d'un trucage général des marchés publics. Le Président du Parlement est en passe d'être jugé. Plusieurs collaborateurs de Lula et ex dirigeants du PT ont déjà été condamnés. Le « nettoyage au karcher » se poursuit. Lula est supposé avoir bénéficié de l'équivalent de 30 millions de réaux soit 8 millions de dollars. Pour les Brésiliens qui ont vu leur situation s'améliorer grâce à la politique sociale de Lula, en particulier parmi les plus pauvres, le choc serait immense, si sa culpabilité venait à être prouvée. Tous les autres peut-être mais pas « lui » à qui nous devons tant. Mauvaise passe politique conjuguée à la crise économique et sociale ou début de la fin humiliante d'un parti qui a incarné, plus qu'aucun autre, l'espoir bien au-delà du Brésil chez tous les latinos de gauche et même au-delà.
Quand à Paris se joue une partie décisive avec la loi d'El Khomri. L'opinion y est opposée à près de 70 %. La pétition a passé la barre du million de signataires et en comptera plus de 1,5 d'ici peu. Martine Aubry a raison d'y voir avec l'inversion des normes l'instauration d'un dumping social dangereux pour les entreprises comme pour les salariés. Du côté des défenseurs « contraints » du projet, l'initiative de Cambadélis et de 39 autres parlementaires a fait long feu. Dans la tribune d'une trentaine d'économistes dont plusieurs de renom, on en vient à de pauvres arguments qui laissent penser qu'on leur a quelque peu forcé la main. Pourraient-ils sans cela revendiquer l'argutie selon laquelle les entreprises, avant tout les petites, embaucheront si elles peuvent licencier à leur guise et renonceront à l'abus « illégal » des CDD – 84 % des embauches en 2015 selon l'Insee – pour leur préférer des CDI ? La comparaison avec le marché de l'emploi espagnol, sans considération pour ses spécificités et la situation de l'économie le confirme. Et puis, un 8 mars, comment ne pas y voir la renonciation à l'égalité dont celle des salaires et des responsabilités sur le marché du travail. Alors, oui, toutes les forces doivent être mobilisées de manière unitaire pour imposer le retrait ou la réécriture de A à Z du texte.
Quand dans toutes les capitales européennes, on attend un « miracle » du sommet avec la Turquie, pour ne pas faire de la Grèce un gigantesque « camp » à ciel ouvert. La fermeture des frontières intérieures de Schengen dans les Balkans comme ailleurs est inacceptable. L'aide à Athènes, comme celle à Ankara, est indispensable mais elle n'est pas de nature à réduire le flux des arrivées aussi longtemps que des millions de malheureux auront à choisir entre le joug des Islamistes, celui d’Assad et des autres fauteurs de guerre et la fuite. L'aide à Ankara, pour nécessaire qu'elle soit, passe aussi par la réouverture des négociations d'adhésion à l'UE. Cela souligne l'aveuglement de ceux qui s'y sont opposés par le passé. Une adhésion souhaitable à la condition que les libertés démocratiques dont celles des Kurdes soient enfin respectées. On en est plus loin aujourd'hui qu'hier. Quant à un mécanisme de réadmission en Turquie, il se révèlera aussi injuste qu’illusoire. L'accueil équitable des réfugiés dans toute l'Europe au travers d'un mécanisme permanent, comme le revendique Merkel, est indispensable. Les sommes à mobiliser pour y parvenir ne sont pas si considérables en définitive. Elles doivent faire partie du budget européen avec une contribution proportionnelle au nombre d'habitants en tenant compte du PIB des États membres. C'est à la mesure de ces objectifs qu'il faudra juger les résultats durables du sommet UE-Turquie.
Nos pensées et notre solidarité vont enfin à la Tunisie frappée durement une nouvelle fois à Ben Guerdane, à la frontière avec la Libye, par les commandos terroristes de l’État islamique.
Quand Hollande décore de la « breloque » l'héritier des Saoud, ci-devant ministre de l'intérieur du Royaume passé maître dans les exécutions expéditives – 70 depuis le 1er janvier – un seul mot s'impose, déshonneur ! D'autant que le calcul politique n'est pas moins condamnable. Les Saoud sont les principaux clients des industries d'armement françaises – plus de 10 milliards rien que dans les derniers mois. Le Parlement de Strasbourg défend un embargo sur ces ventes aussi immorales que dangereuses. Ryad, prenant les devants, avait prévu dans ce cadre d'armer l'armée libanaise à hauteur de 3 milliards et se ravise donc en honorant les contrats à son profit. C'est bien de cela dont il s'agit et de rien d'autre, n'en déplaise à Ayrault bafouillant dans sa défense pitoyable de la décoration indéfendable. Hollande et Le Drian savent ce qu'ils font et n'ont plus guère de scrupules, leurs prédécesseurs auraient-ils agi – c'est vrai – de la sorte.
Quand Jean-Marc Rouillan, le fondateur du groupe Action-directe qui chercha à l'époque la voie vers des années de plomb à la française, comme en avait connues l'Italie, proclame « le courage » des assassins du 13 novembre, un seul mot s'impose, salaud ! D'autres, plus respectables, il est vrai, n'avaient-ils pas vu « la part d'idéal, fût-il ensuite dévoyé » des jeunes des quartiers embarqués dans le djihad… Il n'est pas trop tard pour reconnaître une « énorme connerie » et en venir à une plus juste appréciation des choses. Faute de quoi, cette forme de « complaisance » pour le crime, le dénoncerait-on par ailleurs, divisera irrémédiablement les rangs de celles et ceux qui doivent faire front à la barbarie islamiste, celle des tueurs de l'EI et des autres groupes de fous d'Allah, prêts à tout au nom de leurs croyances et superstitions moyenâgeuses. Le chef de l’Église catholique en convient pour prôner une société « laïc » – nous lui préférons toujours laïque – où l'influence « des Lumières serait réduite ». Hors de question !
Quand après avoir joué avec le feu tout au long de la campagne électorale, Robert Fico et les sociaux-démocrates slovaques renoncent à tout, l'espace d'un scrutin où ils arrivent en tête tout en perdant l'essentiel, avec 28,3 % et 49 sièges contre 44,5 % et 89 sièges en 2012 dans un Parlement qui compte 150 députés. La formation d'un gouvernement avec un éclatement sans précédent depuis la séparation d'avec la République tchèque apparaît tout simplement improbable. Pire, toute la campagne de cette prétendue « gauche » tout aussi populiste et démagogique que la droite d'Orban en Hongrie a tout centré contre les migrants et porte une responsabilité écrasante dans la forte poussée du courant néo-nazi « Notre Slovaquie » qui pourra désormais parader dans les travées du Parlement de Bratislava. Les gauches européennes doivent rompre toute relation avec ce parti et son principal dirigeant qui n'en font d'évidence plus partie depuis longtemps.
Quand la direction du Parti des travailleurs – PT – brésilien et la présidente Dilma Rousseff qui en est issue sont confrontées à la mise en cause du père fondateur, Lula – Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010 –, dans le scandale de corruption avéré de l'entreprise publique Petrobras avec d'innombrables entreprises à la faveur d'un trucage général des marchés publics. Le Président du Parlement est en passe d'être jugé. Plusieurs collaborateurs de Lula et ex dirigeants du PT ont déjà été condamnés. Le « nettoyage au karcher » se poursuit. Lula est supposé avoir bénéficié de l'équivalent de 30 millions de réaux soit 8 millions de dollars. Pour les Brésiliens qui ont vu leur situation s'améliorer grâce à la politique sociale de Lula, en particulier parmi les plus pauvres, le choc serait immense, si sa culpabilité venait à être prouvée. Tous les autres peut-être mais pas « lui » à qui nous devons tant. Mauvaise passe politique conjuguée à la crise économique et sociale ou début de la fin humiliante d'un parti qui a incarné, plus qu'aucun autre, l'espoir bien au-delà du Brésil chez tous les latinos de gauche et même au-delà.
Quand à Paris se joue une partie décisive avec la loi d'El Khomri. L'opinion y est opposée à près de 70 %. La pétition a passé la barre du million de signataires et en comptera plus de 1,5 d'ici peu. Martine Aubry a raison d'y voir avec l'inversion des normes l'instauration d'un dumping social dangereux pour les entreprises comme pour les salariés. Du côté des défenseurs « contraints » du projet, l'initiative de Cambadélis et de 39 autres parlementaires a fait long feu. Dans la tribune d'une trentaine d'économistes dont plusieurs de renom, on en vient à de pauvres arguments qui laissent penser qu'on leur a quelque peu forcé la main. Pourraient-ils sans cela revendiquer l'argutie selon laquelle les entreprises, avant tout les petites, embaucheront si elles peuvent licencier à leur guise et renonceront à l'abus « illégal » des CDD – 84 % des embauches en 2015 selon l'Insee – pour leur préférer des CDI ? La comparaison avec le marché de l'emploi espagnol, sans considération pour ses spécificités et la situation de l'économie le confirme. Et puis, un 8 mars, comment ne pas y voir la renonciation à l'égalité dont celle des salaires et des responsabilités sur le marché du travail. Alors, oui, toutes les forces doivent être mobilisées de manière unitaire pour imposer le retrait ou la réécriture de A à Z du texte.
Quand dans toutes les capitales européennes, on attend un « miracle » du sommet avec la Turquie, pour ne pas faire de la Grèce un gigantesque « camp » à ciel ouvert. La fermeture des frontières intérieures de Schengen dans les Balkans comme ailleurs est inacceptable. L'aide à Athènes, comme celle à Ankara, est indispensable mais elle n'est pas de nature à réduire le flux des arrivées aussi longtemps que des millions de malheureux auront à choisir entre le joug des Islamistes, celui d’Assad et des autres fauteurs de guerre et la fuite. L'aide à Ankara, pour nécessaire qu'elle soit, passe aussi par la réouverture des négociations d'adhésion à l'UE. Cela souligne l'aveuglement de ceux qui s'y sont opposés par le passé. Une adhésion souhaitable à la condition que les libertés démocratiques dont celles des Kurdes soient enfin respectées. On en est plus loin aujourd'hui qu'hier. Quant à un mécanisme de réadmission en Turquie, il se révèlera aussi injuste qu’illusoire. L'accueil équitable des réfugiés dans toute l'Europe au travers d'un mécanisme permanent, comme le revendique Merkel, est indispensable. Les sommes à mobiliser pour y parvenir ne sont pas si considérables en définitive. Elles doivent faire partie du budget européen avec une contribution proportionnelle au nombre d'habitants en tenant compte du PIB des États membres. C'est à la mesure de ces objectifs qu'il faudra juger les résultats durables du sommet UE-Turquie.
Nos pensées et notre solidarité vont enfin à la Tunisie frappée durement une nouvelle fois à Ben Guerdane, à la frontière avec la Libye, par les commandos terroristes de l’État islamique.

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