![]() |
| Des enfants réfugiés migrants à la frontière slovène, en octobre dernier (photo © afp.com/STRINGER) |
Un résultat réjouissant qui nous vient de l’Iowa où débute traditionnellement le processus des élections américaines. Non pas la défaite de Trump qui ne signifie pas grand-chose à ce stade d’autant que Cruz qui le devance chez Les Républicains ne mérite pas plus d’égard d’un point de vue démocratique. Un parti, taraudé par le Tea Party, et devenu l’espace du grand n’importe quoi en forme de populisme, de racisme et de provocations en tout genre. Non, c’est du camp démocrate que vient la bouffée d’oxygène. Clinton qui était donnée grande favorite des primaires comme de l’élection elle-même est accrochée par Sanders et c’est là que l’on tend l’oreille car l’homme se revendique « démocrate socialiste ». Et d’une certaine manière, il le prouve en égrenant un programme social à faire pâlir d’inquiétude Wall Street et bien des sphères de l’establishment nord-américain. De la sécurité sociale au salaire minimum, il y a bien longtemps qu’un candidat démocrate, sur ce créneau dévolu habituellement aux Indépendants, n’avait avancé un programme aussi sérieusement à gauche. Résultant d’un déclassement des couches moyennes qui ont payé un tribut énorme à l’envolée de la finance spéculative, l’aspiration au changement existe en Amérique. Elle est même revigorée. Ironie de l’histoire, cela se passe de l’autre côté de l’Atlantique quand en Europe, tous les commentateurs nous assurent que la « lutte de classe est bien morte et enterrée » et que l’heure serait au libéralisme échevelé d’un Macron en France et de ses semblables dans l’Union.
De mauvais vents islamiques sur la Libye. Jamais remis de l’intervention inconséquente de Sarkozy et Cameron, le pays se débat toujours dans un chaos indescriptible entre va-et-vient et arrangements entre factions politiques et tribus. De quoi favoriser la main mise des forces de l’État islamique dans une poussée planifiée où les djihadistes, au nombre de 5 000, avancent leurs pions dans la conquête de nouveaux territoires. Une manière de relativiser les communiqués décrivant le recul de Daech au Levant car il semble clair que l’abandon de territoires en bon ordre sur un front soit compensé sur un autre par cette avancée vers le Liban, qui pour avoir été prévisible n’a donné lieu à aucune contre-mesure en temps et heure des adversaires de l’État islamique. Les préparatifs de riposte dans l’urgence combinent la recherche d’un accord politique entre factions libyennes qui donnerait un semblant de légitimité et intervention au sol des forces spéciales sans que personne ne s’aventure sur l’efficacité d’un tel dispositif, possiblement dirigé par l’Otan au grand dam de Paris. L’Italie devrait en être comme l’armada maritime multinationale qui croise aux abords des côtes libyennes, avec la volonté d’éviter une infiltration massive des réfugiés par les Islamistes qui risquerait de rendre la situation incontrôlable. On le vérifie donc une fois de plus et cette fois à portée de canonnières et de commandos de la poudrière libanaise, sans intervention coordonnée et assumée au sol par la coalition internationale, Daech continue d’engranger de nouveaux gains territoriaux et y fait régner son ordre noir.
10 000 enfants dans la nature en Europe. Il s’agit de jeunes réfugiés de moins de 18 ans non accompagnés, inscrits dans les procédures d’enregistrement mais dont on a perdu la trace. Personne ne sait vraiment ce qu’ils sont devenus, où ils sont et ce qu’ils font. Sur plus d’un million de réfugiés arrivés en Europe l’an dernier, le chiffre est certes faible. Mais l’inquiétude n’en est pas moins forte car cette jeunesse livrée à elle-même est tout naturellement une proie facile pour les milieux du crime organisé comme pour celui du Djihad barbare. Raison de plus pour exiger une nouvelle fois que les procédures d’enregistrement ne soient pas simples formules administratives mais qu’elles débouchent sur une aide, un encadrement et une orientation vers des lieux d’accueil dignes de ce nom, en particulier pour les enfants. C’est la première étape et la condition d’une intégration réussie. Les moyens manquent évidemment dans les pays qui sont en première ligne, avant tout en Grèce. Les instances européennes préfèrent cependant instruire le procès des manquements d’Athènes, pour partie incontestables, plutôt que de lui fournir les moyens de faire face. Toujours hélas la même incapacité à anticiper pour ne pas avoir à agir dans l’improvisation, la précipitation et l’à-peu-près de dispositifs qui se révèlent en fin de compte plus coûteux et moins efficaces que s’ils avaient été pris à temps. Cent fois vérifié, cent fois sans effet sur l’atonie de la bureaucratie bruxelloise.
L’impasse politique à Paris. Elle résulte de l’entêtement d’un exécutif sourd à toutes les mises en garde. Hollande et le gouvernement Valls se discréditent chaque jour davantage dans des chemins de traverse bourbeux. Déchéance de nationalité dont nombre d’hommes et de femmes de gauche ne veulent pas parce qu’elle porterait atteinte au principe d’égalité, quelles que soient les tentatives de camouflage de son caractère discriminatoire. Prolongement d’un état d’urgence, possiblement « constitutionnalisé », qui se heurte au même refus d’une bonne partie de la gauche et des démocrates au-delà. Hollande, s’il persistait au-delà d’un bilan qui déjà le dessert, y perdrait sa légitimité à concourir dans un processus démocratique du type primaire pour porter les couleurs de la gauche en avril 2017. Sans compter la préparation de nouvelles mesures antisociales sur le chômage de masse afin d’en réduire le coût, mais dont la responsabilité incombe totalement à la politique de l’offre. Des pistes de la Cour des comptes, seules celles qui frapperaient les chômeurs ont trouvé grâce aux yeux du pouvoir. Ajoutez-y le réquisitoire implacable de Christiane Taubira qui sonne juste, les rodomontades d’un Stéphane Le Foll qui proclame « Nous sommes la gauche », et vous obtenez cette situation combien dangereuse. Alors, oui, puisqu’il n’y a pas d’autre issue possible, il faut que la campagne d’adresses aux parlementaires les enjoignant de ne pas voter la déchéance de nationalité s’amplifie. Il faut qu’une majorité d’élus de gauche s’oppose à l’exécutif et qu’il soit contraint d’en tirer les conclusions en démissionnant, s’il est battu, à l’issue du vote des deux chambres et du Congrès. Toute autre attitude ajouterait la tentation bonapartiste et antidémocratique à la faillite politique.
De mauvais vents islamiques sur la Libye. Jamais remis de l’intervention inconséquente de Sarkozy et Cameron, le pays se débat toujours dans un chaos indescriptible entre va-et-vient et arrangements entre factions politiques et tribus. De quoi favoriser la main mise des forces de l’État islamique dans une poussée planifiée où les djihadistes, au nombre de 5 000, avancent leurs pions dans la conquête de nouveaux territoires. Une manière de relativiser les communiqués décrivant le recul de Daech au Levant car il semble clair que l’abandon de territoires en bon ordre sur un front soit compensé sur un autre par cette avancée vers le Liban, qui pour avoir été prévisible n’a donné lieu à aucune contre-mesure en temps et heure des adversaires de l’État islamique. Les préparatifs de riposte dans l’urgence combinent la recherche d’un accord politique entre factions libyennes qui donnerait un semblant de légitimité et intervention au sol des forces spéciales sans que personne ne s’aventure sur l’efficacité d’un tel dispositif, possiblement dirigé par l’Otan au grand dam de Paris. L’Italie devrait en être comme l’armada maritime multinationale qui croise aux abords des côtes libyennes, avec la volonté d’éviter une infiltration massive des réfugiés par les Islamistes qui risquerait de rendre la situation incontrôlable. On le vérifie donc une fois de plus et cette fois à portée de canonnières et de commandos de la poudrière libanaise, sans intervention coordonnée et assumée au sol par la coalition internationale, Daech continue d’engranger de nouveaux gains territoriaux et y fait régner son ordre noir.
10 000 enfants dans la nature en Europe. Il s’agit de jeunes réfugiés de moins de 18 ans non accompagnés, inscrits dans les procédures d’enregistrement mais dont on a perdu la trace. Personne ne sait vraiment ce qu’ils sont devenus, où ils sont et ce qu’ils font. Sur plus d’un million de réfugiés arrivés en Europe l’an dernier, le chiffre est certes faible. Mais l’inquiétude n’en est pas moins forte car cette jeunesse livrée à elle-même est tout naturellement une proie facile pour les milieux du crime organisé comme pour celui du Djihad barbare. Raison de plus pour exiger une nouvelle fois que les procédures d’enregistrement ne soient pas simples formules administratives mais qu’elles débouchent sur une aide, un encadrement et une orientation vers des lieux d’accueil dignes de ce nom, en particulier pour les enfants. C’est la première étape et la condition d’une intégration réussie. Les moyens manquent évidemment dans les pays qui sont en première ligne, avant tout en Grèce. Les instances européennes préfèrent cependant instruire le procès des manquements d’Athènes, pour partie incontestables, plutôt que de lui fournir les moyens de faire face. Toujours hélas la même incapacité à anticiper pour ne pas avoir à agir dans l’improvisation, la précipitation et l’à-peu-près de dispositifs qui se révèlent en fin de compte plus coûteux et moins efficaces que s’ils avaient été pris à temps. Cent fois vérifié, cent fois sans effet sur l’atonie de la bureaucratie bruxelloise.
L’impasse politique à Paris. Elle résulte de l’entêtement d’un exécutif sourd à toutes les mises en garde. Hollande et le gouvernement Valls se discréditent chaque jour davantage dans des chemins de traverse bourbeux. Déchéance de nationalité dont nombre d’hommes et de femmes de gauche ne veulent pas parce qu’elle porterait atteinte au principe d’égalité, quelles que soient les tentatives de camouflage de son caractère discriminatoire. Prolongement d’un état d’urgence, possiblement « constitutionnalisé », qui se heurte au même refus d’une bonne partie de la gauche et des démocrates au-delà. Hollande, s’il persistait au-delà d’un bilan qui déjà le dessert, y perdrait sa légitimité à concourir dans un processus démocratique du type primaire pour porter les couleurs de la gauche en avril 2017. Sans compter la préparation de nouvelles mesures antisociales sur le chômage de masse afin d’en réduire le coût, mais dont la responsabilité incombe totalement à la politique de l’offre. Des pistes de la Cour des comptes, seules celles qui frapperaient les chômeurs ont trouvé grâce aux yeux du pouvoir. Ajoutez-y le réquisitoire implacable de Christiane Taubira qui sonne juste, les rodomontades d’un Stéphane Le Foll qui proclame « Nous sommes la gauche », et vous obtenez cette situation combien dangereuse. Alors, oui, puisqu’il n’y a pas d’autre issue possible, il faut que la campagne d’adresses aux parlementaires les enjoignant de ne pas voter la déchéance de nationalité s’amplifie. Il faut qu’une majorité d’élus de gauche s’oppose à l’exécutif et qu’il soit contraint d’en tirer les conclusions en démissionnant, s’il est battu, à l’issue du vote des deux chambres et du Congrès. Toute autre attitude ajouterait la tentation bonapartiste et antidémocratique à la faillite politique.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire