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| Photo © AFP |
Justement de menace, il est encore question avec cette ahurissante intervention sur les ondes du témoin masqué qui aurait permis d'éviter un carnage à la Défense après ceux du 13 novembre. Le pays est ainsi replongé malgré lui dans le cauchemar alors qu'il commençait tout juste à se remettre du traumatisme subi. L’État n'a-t-il pas les moyens de protéger les témoins et d'éviter un déballage propre à alimenter tous les délires ? Il faudrait croire que non. Des chiffres invérifiables et des impressions forcément subjectives sont ainsi jetés en pâture à une opinion déjà passablement déboussolée. Le silence gêné de Cazeneuve accentue encore le malaise. Comment, à grand renfort d'exclusivité, une rédaction a-t-elle pu se laisser tenter par le scoop pour faire de l'audience et donc du « fric » en lieu et place d'un travail d'information ? Indignité à tous les étages !
La gestion de l'économie n'échappe pas à cette « culture » de l’à-peu-prés, du faux-semblant, du mensonge à peine déguisé. Ainsi, le secteur dédié de la Commission de Bruxelles mène une sale petite guerre contre le nouveau gouvernement de gauche portugais, au point d'envisager de recaler son budget 2016. Sur le papier, ce qui est en cause, ce ne sont que quelques dixièmes de différence en ce qui concerne les prévisions de croissance – 1,7 contre 2,1 % –, Lisbonne se montrant plus optimiste que Bruxelles. En réalité et ils ne s'en cachent pas, ce que n'admettent pas les sombres commissaires, c'est moins le différentiel que les moyens par lesquels le gouvernement portugais escompte ce regain de croissance, une relance de la consommation par des mesures sociales appropriées. Horreur, une politique de croissance, même timide vu les circonstances, ne profiterait pas aux banques et au secteur financier des entreprises, vous n'y pensez pas. Cynisme et indignité !
Vient enfin la bonne nouvelle du jour, de la semaine, voire de l'année si elle venait à se confirmer. Le FN bégaie et ouvre un débat à huis-clos parmi ses cadres, c'est dire. Les chiffres de l'enquête annuelle – TNS Sofres – sur son influence dans la société indiquent pour la première fois depuis longtemps un tassement, une stagnation, voire un recul de la contamination du corps social par ses paroles de haine. Davantage de citoyens – 56 % – l'ont considéré comme une menace pour la démocratie en 2015. Une très nette majorité – 62 % – se refuse à le voir exercer le pouvoir, confirmant le fameux plafond de verre qui l'a empêché de diriger ne serait-ce qu'une seule région. Sa position sur l'Europe et l'euro est très contestée. Ses scores électoraux, même s'ils ne lui ouvrent pas les portes du pouvoir, témoignent pourtant d'une société profondément infectée. Le Pen se voit décerner le prix du plus grand menteur pour ses allégations sur les migrants. Mensonge, haine et indignité !

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