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| À Istanbul hier matin (photo © AFP), l’indépendantiste catalan Puigdemont (photo © AP/SIPA), Hollande en février 2012 (photo © S. Calvet) |
Chaque nouveau crime des barbares de l'État islamique (EI), comme celui d'Istanbul après tant d'autres, provoque la nausée et heureusement car rien ne serait pire qu'une sorte d'accoutumance à ces tueries, qu'elles soient de masse ou plus isolées, qu'elles soient le fait de commandos de la mort organisés ou d'individus solitaires. Vivre avec la menace, comprendre qu'il ne faut jamais lui céder ne doit pas impliquer avec le temps la perte d'une quelconque part de notre humanité nous rendant moins solidaires avec les victimes quelles qu'elles soient. Cette fois, c'est la Turquie et l'Allemagne qui sont touchées et ce doit être comme si c'était Paris qui l'avait été. Ces gens-là frappent où ils peuvent sans distinction d'origine, de préférence en réalisant le plus grand carnage possible. C'est bien la raison pour laquelle la réprobation, la condamnation, la promesse d'une lutte sans merci pour les anéantir doivent rester permanentes et unanimes. Ils visent à changer nos modes de vie par la mort. Nous devons les démentir et les vaincre en ne changeant rien ou presque à nos habitudes. Mais il est un point idéologique sur lequel il ne faut pas céder. Oui, les motivations des tueurs, ne seraient-elles pas exclusivement religieuses, le sont aussi en partie, voire en grande partie. Naturellement, les Musulmans, dans n'importe quel coin d'Europe et dans le reste du monde, doivent être assurés comme les croyants d'autres cultes de pouvoir pratiquer comme ils l'entendent dans la sphère privée. Dans l'espace public, les religions, ici comme ailleurs, n'ont pas leur place. Seulement quand tombe un chiffre – Reuters – qui dit que plus de 20 % des Turcs considèrent que l'EI « représente l'Islam »… il y a de quoi réfléchir car la Turquie n'est pas une exception. Qu'en serait-il, au-delà du discours officiel, en Arabie saoudite ? C'est tout simplement dire combien les barbares disposent d'un terreau fertile pour enrôler et transformer en tueurs des jeunes prêts à tout au nom de leurs croyances et superstitions. Vieille leçon que l'humanité a eu l'imprudence de mettre de côté au prétexte que d'autres religions étaient enfin sous contrôle, que l'autel ne régnait plus en général sur le trône, quand la République des hommes avait fait valoir ses droits en particulier. Non, toutes ne l'étaient pas. De quoi fonder l'invitation à la majorité des Musulmans à combattre le djihad terroriste islamique. De quoi fonder les mesures de l’État de droit pour contrôler et sanctionner fermement les agissements contraires aux libertés, à l'égalité, à la démocratie et au progrès.
Chaque nouveau pas vers la séparation, vers la « déconnexion », vers l'éclatement des ensembles politiques existants, de la Catalogne à la Grande-Bretagne en passant par la Corse, est une mauvaise nouvelle, tout simplement parce que cela nous éloigne d'une citoyenneté européenne commune au profit d'une exacerbation identitaire qui, pour être dans l'air du temps, n'a rien de progressiste aujourd'hui. Il n'en fut pas toujours ainsi. La lutte pour la constitution d’États nations a été porteuse de progrès économiques, démocratiques et sociaux avant qu'ils ne soient remis en cause par les prétentions impérialistes à la conquête de territoires et de marchés. Mais aujourd'hui… qui fera croire que l'échelle des régions d'antan est la bonne échelle pour mieux vivre séparément, surtout quand elle s'accompagne d'une volonté de casser les solidarités, les péréquations entre les plus riches et les plus pauvres ? Ce nationalisme n'obéit pas à un idéal de changement par le haut mais bien davantage à un égoïsme fait de nostalgies d'un autre temps qui tirerait, s'il venait à l'emporter, tout le monde vers le bas. L'investiture d'un gouvernement catalan, Mas en serait-il formellement exclu, porté par la droite et une fraction perdue de la gauche, est le frein le plus puissant à un rapprochement entre les forces de gauche à l'échelle de toute l'Espagne dans la perspective de les voir un jour se rassembler pour gouverner comme cela s'est fait au Portugal, même si les forces politiques et leurs principaux dirigeants ne sont pas comparables dans l'un et l'autre cas. Même chose en Corse où le programme des nationalistes tient en une déclinaison de l'assistance de la métropole pour leur permettre de faire des affaires sans qu'il ne soit porteur d'un quelconque progrès social. Même dans le domaine culturel, ils prônent le rejet plutôt que la biculture, comme si les humanités européennes n'avaient jamais existé alors que le meilleur de la tradition insulaire, celle de la République de Paoli, s'y rattache. Enfin, la Grande-Bretagne où Cameron dans le rôle de l'apprenti sorcier a mis le feu aux poudres, au risque de rompre avec Bruxelles dans une surenchère antisociale et discriminatoire qui, si elle devait être ratifiée par les électeurs, verrait à coup sûr, chaque ancienne nation, de l’Écosse au Pays-de-Galles en passant par l'Irlande, reprendre son pauvre destin, sans doute pour le pire. Il n'est donc que temps que les Européens de cœur, de raison et de culture s'opposent à ce bégaiement de l'histoire. Il en va de l'avenir de l'Union, serait-elle animée par d'autres majorités politiques désireuses de construire une autre Europe fédérale, sociale, démocratique et écologique.
Chaque nouvelle lubie de Hollande Président plonge la gauche dans le désarroi et c'est peu dire qu'il y en eût quelques-unes depuis 2012. Mais celle qui voulût que seul à la barre, sans même consulter personne ou presque, le Président s'engage devant le Congrès à inscrire dans la Constitution une déchéance de nationalité réservée aux binationaux, fut la pire. Elle a fait plus de mal à la gauche qu'aucune autre. Nous l'avons dit et répété avec beaucoup d'autres, cela serait une atteinte intolérable à l'égalité, sans apporter la moindre efficacité dans la lutte contre le terrorisme, tout en paraissant valider un élément clé des rengaines du FN. Pas un député de gauche, pas un sénateur de gauche ne doit le soutenir si le gouvernement s'entête. Mais du coup, la perspective d'une primaire à gauche, évoquée par Piketty et quelques autres, pour choisir le ou la candidate qui la représentera en avril 2017, se charge d'un autre contenu, voire d'une autre légitimité. Point question que l'on nous impose le sortant car ce serait le plus sûr moyen de perdre, entend-on, ici ou là, en particulier dans les rangs du PS et d'EELV. Le point de départ du raisonnement consiste à dire que sans unité dès le premier tour, la gauche sera éliminée sans pouvoir disputer à la droite et à plus forte raison à l'extrême-droite, ce poste clé de voûte des institutions françaises qu'est la Présidence de la République. Par parenthèse, l'on aurait été bien inspiré de changer la Constitution depuis longtemps, mais il est désormais trop tard à l'approche de l'échéance. Il faut donc discuter des conditions de candidatures communes à l'élection présidentielle et aux élections législatives. Cela suppose une volonté commune de changer quelque peu la vie en remettant la question sociale au centre, en cessant de se payer de mots par exemple sur la lutte contre le chômage, sur celle contre les discriminations de genre, sur celle contre l'abandon de la jeunesse à la précarité, sur l'organisation démocratique des territoires, etc. Non, pas tout évidemment, mais le possible le temps d'une législature. La gauche n'a que quelques mois pour le faire afin d'être en ordre de bataille à l'automne. Dans ce cadre, il ne saurait y avoir de candidat « naturel » à la présidence, mais à l'inverse François Hollande ne saurait en être exclu « par principe » comme le suggère Mélenchon tant persuadé qu'il doit lui-même figurer qu'il renvoie les socialistes à « leur » candidat. Étrange aveuglement, ni les Verts, ni le PC ne le suivent sur ce terrain et tant mieux. Mais encore une fois, c'est sur le fond que se jouera la partie, sur la nature des engagements pris destinés à être tenus par un gouvernement représentatif de toute la gauche et non à être reniés sitôt la victoire électorale acquise. Ce n'est donc pas gagné mais c'est la seule perspective susceptible de sortir la gauche de l'impasse où elle s'enfonce. Et dans ce cas, banco pour une primaire de toute la gauche. Nous nous engageons pour ce qui nous concerne à y contribuer.
Chaque nouveau pas vers la séparation, vers la « déconnexion », vers l'éclatement des ensembles politiques existants, de la Catalogne à la Grande-Bretagne en passant par la Corse, est une mauvaise nouvelle, tout simplement parce que cela nous éloigne d'une citoyenneté européenne commune au profit d'une exacerbation identitaire qui, pour être dans l'air du temps, n'a rien de progressiste aujourd'hui. Il n'en fut pas toujours ainsi. La lutte pour la constitution d’États nations a été porteuse de progrès économiques, démocratiques et sociaux avant qu'ils ne soient remis en cause par les prétentions impérialistes à la conquête de territoires et de marchés. Mais aujourd'hui… qui fera croire que l'échelle des régions d'antan est la bonne échelle pour mieux vivre séparément, surtout quand elle s'accompagne d'une volonté de casser les solidarités, les péréquations entre les plus riches et les plus pauvres ? Ce nationalisme n'obéit pas à un idéal de changement par le haut mais bien davantage à un égoïsme fait de nostalgies d'un autre temps qui tirerait, s'il venait à l'emporter, tout le monde vers le bas. L'investiture d'un gouvernement catalan, Mas en serait-il formellement exclu, porté par la droite et une fraction perdue de la gauche, est le frein le plus puissant à un rapprochement entre les forces de gauche à l'échelle de toute l'Espagne dans la perspective de les voir un jour se rassembler pour gouverner comme cela s'est fait au Portugal, même si les forces politiques et leurs principaux dirigeants ne sont pas comparables dans l'un et l'autre cas. Même chose en Corse où le programme des nationalistes tient en une déclinaison de l'assistance de la métropole pour leur permettre de faire des affaires sans qu'il ne soit porteur d'un quelconque progrès social. Même dans le domaine culturel, ils prônent le rejet plutôt que la biculture, comme si les humanités européennes n'avaient jamais existé alors que le meilleur de la tradition insulaire, celle de la République de Paoli, s'y rattache. Enfin, la Grande-Bretagne où Cameron dans le rôle de l'apprenti sorcier a mis le feu aux poudres, au risque de rompre avec Bruxelles dans une surenchère antisociale et discriminatoire qui, si elle devait être ratifiée par les électeurs, verrait à coup sûr, chaque ancienne nation, de l’Écosse au Pays-de-Galles en passant par l'Irlande, reprendre son pauvre destin, sans doute pour le pire. Il n'est donc que temps que les Européens de cœur, de raison et de culture s'opposent à ce bégaiement de l'histoire. Il en va de l'avenir de l'Union, serait-elle animée par d'autres majorités politiques désireuses de construire une autre Europe fédérale, sociale, démocratique et écologique.
Chaque nouvelle lubie de Hollande Président plonge la gauche dans le désarroi et c'est peu dire qu'il y en eût quelques-unes depuis 2012. Mais celle qui voulût que seul à la barre, sans même consulter personne ou presque, le Président s'engage devant le Congrès à inscrire dans la Constitution une déchéance de nationalité réservée aux binationaux, fut la pire. Elle a fait plus de mal à la gauche qu'aucune autre. Nous l'avons dit et répété avec beaucoup d'autres, cela serait une atteinte intolérable à l'égalité, sans apporter la moindre efficacité dans la lutte contre le terrorisme, tout en paraissant valider un élément clé des rengaines du FN. Pas un député de gauche, pas un sénateur de gauche ne doit le soutenir si le gouvernement s'entête. Mais du coup, la perspective d'une primaire à gauche, évoquée par Piketty et quelques autres, pour choisir le ou la candidate qui la représentera en avril 2017, se charge d'un autre contenu, voire d'une autre légitimité. Point question que l'on nous impose le sortant car ce serait le plus sûr moyen de perdre, entend-on, ici ou là, en particulier dans les rangs du PS et d'EELV. Le point de départ du raisonnement consiste à dire que sans unité dès le premier tour, la gauche sera éliminée sans pouvoir disputer à la droite et à plus forte raison à l'extrême-droite, ce poste clé de voûte des institutions françaises qu'est la Présidence de la République. Par parenthèse, l'on aurait été bien inspiré de changer la Constitution depuis longtemps, mais il est désormais trop tard à l'approche de l'échéance. Il faut donc discuter des conditions de candidatures communes à l'élection présidentielle et aux élections législatives. Cela suppose une volonté commune de changer quelque peu la vie en remettant la question sociale au centre, en cessant de se payer de mots par exemple sur la lutte contre le chômage, sur celle contre les discriminations de genre, sur celle contre l'abandon de la jeunesse à la précarité, sur l'organisation démocratique des territoires, etc. Non, pas tout évidemment, mais le possible le temps d'une législature. La gauche n'a que quelques mois pour le faire afin d'être en ordre de bataille à l'automne. Dans ce cadre, il ne saurait y avoir de candidat « naturel » à la présidence, mais à l'inverse François Hollande ne saurait en être exclu « par principe » comme le suggère Mélenchon tant persuadé qu'il doit lui-même figurer qu'il renvoie les socialistes à « leur » candidat. Étrange aveuglement, ni les Verts, ni le PC ne le suivent sur ce terrain et tant mieux. Mais encore une fois, c'est sur le fond que se jouera la partie, sur la nature des engagements pris destinés à être tenus par un gouvernement représentatif de toute la gauche et non à être reniés sitôt la victoire électorale acquise. Ce n'est donc pas gagné mais c'est la seule perspective susceptible de sortir la gauche de l'impasse où elle s'enfonce. Et dans ce cas, banco pour une primaire de toute la gauche. Nous nous engageons pour ce qui nous concerne à y contribuer.

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