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| Photo © B. Horvat / AFP |
En ce 13 décembre, les Français, avec le soutien de l'opinion démocratique européenne ont dit massivement leur refus de voir le Front national, l'extrême droite, s'emparer ne serait-ce que d'une seule région. Les Le Pen et associés subissent une défaite d'autant plus remarquable qu'ils étaient en tête et parfois très nettement dans six régions à l'issue du premier tour. Ils sont battus par le sursaut démocratique qui leur interdit un coup de main contre nos libertés et la démocratie.
Une mobilisation inscrite dans une participation en forte augmentation de presque dix points en moyenne mais davantage encore quand le danger était plus pressant. C'est la preuve que si les électeurs s'abstiennent massivement, souvent, trop souvent, il faut en chercher les raisons dans leur refus des politiques qui leur sont proposées et imposées. Quand l'enjeu est clair, quand la gauche est rassemblée et clairement identifiée comme différente de la droite conservatrice alors, ils votent.
Le parti dominant de la droite, dit Les Républicains, et son chef, Nicolas Sarkozy sont les grands perdants avec le FN de ces élections. Une partie de ceux des siens qui sont élus le doivent à la mobilisation exceptionnelle en leur faveur d'une gauche unie qui a su faire la différence entre un adversaire politique de droite et l'ennemi fasciste de la démocratie. Sarkozy et l'état-major des prétendus Républicains en courant après le langage et le programme du FN n'ont gagné que le bonnet de l'indignité nationale.
La gauche, celle qui était rassemblée, a une fois encore évité la catastrophe. Elle peut légitimement revendiquer la victoire partout ou presque. Une victoire faîte d'une exigence pour conduire demain dans les régions mais aussi dans toutes les autres instances, à commencer par le gouvernement, une politique qui réponde aux attentes et aux aspirations de ses électeurs.
Cela suppose la mise en place partout d'équipes et d'instances au moins consultatives où siègeront les diverses composantes du peuple de gauche pour soutenir, contrôler voire même censurer si nécessaire ses élus. C'est la condition pour que l'élan ne soit pas cassé, pour que tous s'expriment et pour que d'autres victoires en France comme en Europe se dessinent.
La belle unité du peuple de gauche ne saurait être gaspillée sur l'autel d'une réalpolitik à courte vue au risque de connaître à nouveau la menace d'une défaite demain aux conséquences incalculables. Un étape a été franchie ce soir. Elle en appelle d'autres pour que l'unité de la gauche s'inscrive dans les faits et la durée à tous les niveaux, des régions au gouvernement.

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