![]() |
| Le Pen (photo © AFP), El-Assad (photo © Reuters), Rajoy (photo DR). |
Chaque année, vers la mi-décembre, la vie politique et sociale marque le pas et laisse la place à la trêve des confiseurs. 2015 fera cependant exception en premier lieu parce que la guerre est là, toute proche, qui a durement frappé Paris et bien d’autres cités à travers le monde et parce que la menace demeure de possibles nouveaux attentats. C’est le moment choisi par Le Pen et le FN pour provoquer la société et l’humanité en publiant des clichés d’exactions barbares empruntés à Baghdadi et à l’État islamique. C’est leur cadeau de fin d’année aux Français et aux Européens. Les élections régionales passées, la PME fasciste use de la violence symbolique non pour masquer un échec à conquérir ne serait-ce qu’une seule région mais pour signifier que le vernis craquera à la première occasion et qu’elle y est prête pour ne pas dire qu’elle s’y prépare. Le message est sans ambiguïté par-delà le premier degré. Ces actes abjects tombent sous le coup de la loi. La justice doit se montrer implacable dans les poursuites, accompagnée par l’opinion démocratique mobilisée. Inculpez-la, comme l’on disait jadis, mettez-les en examen au ban des accusés !
En second lieu, la drôle de trêve de cette année intervient sur fond de crises majeures. Celle qui voit les Barbares islamiques conquérir de nouveaux territoires et ceux qui les combattent être en panne de stratégie partagée pour les vaincre. La résolution – « plan de paix » – adoptée à l’unanimité par l’ONU à propos de la Syrie marque la volonté commune d’agir, mais elle n’est pas encore la solution en forme de transition vers la reconstruction. D’abord, il faudra détruire l’EI et engager le processus d’épuration qui passe par Bachar el-Assad et son régime. La crise des migrants réfugiés est elle aussi non résolue comme l’a acté le sommet européen. Les premiers quotas fixés pour les accueillir – 160 000 au total – n’ont même pas été respectés. On se débrouille donc au cas par cas, pays par pays, région par région et l’UE y perdrait pour un peu sa raison d’être. Certains comme la droite danoise allant jusqu’à assumer la spoliation « légale » des réfugiés qui résonne comme un douloureux rappel à l’histoire, aux nazis volant les populations juives. Agissez, imposez des quotas et des conditions humaines d’accueil sous peine de sanctions !
Viennent ensuite d’autres éléments de l’actualité réjouissants ou inquiétants. On se félicitera ainsi du renvoi de Christine Lagarde devant la Haute Cour de justice pour avoir permis, voire décidé une procédure inique en faveur de Tapie contre l’intérêt général. Qui croira cependant que Sarkozy ait pu y être étranger ? On saluera l’adoption définitive en dépit des lobbies du tiers payant généralisé et du paquet neutre pour le tabac. Victoire de l’intérêt général de santé publique sur les intérêts privés, mais il en faudra bien davantage pour faire reculer l’emprise de la médecine libérale sur la santé, redresser les comptes de la protection sociale tout en assurant à tous une bien meilleure couverture. On s’inquiétera en revanche de la débauche de folklore nationaliste en Corse à l’occasion de l’installation des instances, en particulier à la Région. Le legs de l’histoire, celui d’une domination coloniale, une situation réelle de moindre développement dans l’île appellent de tout autres solutions que la glorification d’un simulacre de lutte armée engluée dans la dérive mafieuse. Aidez les Corses à trouver leur place dans la République française et l’Union européenne !
Sont enfin à prendre en compte d’autres données de la situation à l’approche de 2016. Le vote des Espagnols qui renouvellent les Cortes ce week-end avec le risque d’une grande instabilité à Madrid où la droite sortante de Rajoy est à la peine et où la recomposition brouillonne de la gauche autour de Podemos – Nous pouvons – ascendant et du PSOE – Parti socialiste – déclinant ne laisse pas espérer une solution de gauche. Une combinaison de droite Parti polaire, Cuidadanos – Citoyens – prolongerait la crise. Ensuite, le risque qui n’est toujours pas écarté d’un « Brexit » après que Cameron l’incendiaire se soit vu opposer un front du refus à Bruxelles sur ses revendications les plus folles. S’il fait voter aux Communes son projet de référendum avant la fin de l’année, la situation deviendra alors délicate. Reste ce qui paraîtrait de bonnes nouvelles ou des signes annonciateurs de croissance s’ils n’étaient pas à double tranchant. Il en va ainsi de l’amorce de la remontée des taux par la Fed… sauf que l’Europe n’y est pas prête tant en ce qui concerne la croissance toujours atone que l’inflation toujours plate. Imposez à la BCE et à Draghi une vraie politique de relance massive et immédiate ! Le reste, tout le reste en dépend.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire