À Lausanne, l'une des affiches xénophobes de l'UDC. Photo © AFP
Cette
votation initiée par l’Union démocratique du centre (UDC),
l’extrême-droite hélvétique, a pourtant été combattue non seulement par
toutes les forces politiques démocratiques, par les syndicats, mais
aussi par les milieux économiques et patronaux. À l’exception notable et
inqualifiable des Verts dans le Tessin.
La
Suisse compte à peine 3,5 % de chômeurs et la crise n’y a pas produit
les mêmes dégâts qu’ailleurs, c’est pourquoi ce résultat est encore plus
inquiétant car il souligne une profonde adhésion idéologique à la
xénophobie bien davantage qu’un mauvais « coup de colère ». D’autant que
comme partout, l’immigration rapporte bien plus à la Suisse que ce
qu’elle ne lui coûte.
À
ce vote, les quelque 23,5 % d’étrangers résidant et travaillant sur le
territoire n’étaient pas invités à prendre part. De quoi faire réfléchir
au péril antidémocratique quand le corps électoral ne correspond plus à
la réalité de ceux qui vivent sur un territoire, quel qu’il soit. Le
droit de vote pour tous est un antidote puissant contre la xénophobie.
L’UE
avait mis en garde la Suisse contre une telle issue. Bruxelles doit en
tirer la conclusion puisqu’il s’agit d’une violation manifeste des
nombreux accords contractés au bénéfice de la Confédération et dont la
remise en cause sur un point entraîne la nullité de l’ensemble – Clause
dite « guillotine ». Plus fortes et fermes seront les réactions
internationales et les sanctions, plus nous aurons de chance de ramener
la majorité des Suisses à la raison, démocratique et humaine.
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