mardi 26 novembre 2013

La prostitution n’est ni un droit ni une liberté publique

La prostitution n’est ni un droit ni une liberté publique
 © RIA Novosti/Artur Alexandrov


La prostitution et la marchandisation des corps sont à l’ordre du jour du Parlement avec la proposition salutaire du gouvernement visant à pénaliser les « clients ». Abolitionniste de toujours nous sommes et le restons.

La ténacité de quelques associations féministes combinée à celle de la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a abouti à la proposition de loi dont est enfin saisi le Parlement. Le recours à une transaction sexuelle tarifée ne serait plus « toléré » par la société et entraînerait une amende de 1 500 euros pour les contrevenants, doublée en cas de récidive. La lutte contre l’esclavage sexuel - le plus souvent violence faîte aux femmes désormais immigrées dans leur grande majorité - n’est pas contestable ni dans son principe, ni dans son actualité. Une qualification de délit avec à la clé une sanction plus lourde qu’une simple contravention paraît même souhaitable, ici et maintenant, demain et dans l’ensemble de l’UE ensuite.

Tout y pousse. La nécessité de l’éducation en particulier qui vise à changer le regard social sur ces pratiques qui pour être multiséculaires n’en sont pas moins répréhensibles parce qu’elles sont en tout point contraires aux Droits humains élémentaires et à une perspective d’émancipation sociale. Une société qui tolère la prostitution, après l’avoir encouragée sous divers prétextes, ne saurait être libre, vivable, attractive, l’esclavage s’exercerait-il aux marges de ladite société. C’est à nos yeux suffisant pour fonder la répression contre ceux qui « vont aux putes » comme ils disent et à plus forte raison contre ceux qui en font commerce.

Cet enjeu social ne saurait être mis en balance avec les situations de détresse dans lesquelles se trouvent les prostitués. Arguer d’une précarité plus grande des victimes parce que ce type d’activité ne serait plus toléré dans l’espace public revient à prôner la complaisance à l’égard du crime pour qu’il devienne juste un peu moins barbare. S’il faut aider les prostitués à s’en sortir, il n’y a pas d’autre moyen de le faire sur le long terme que de poursuivre efficacement clients et proxénètes. Le travail nécessaire de première urgence n’est en rien contradictoire avec une remise en cause radicale du crime. Les deux démarches sont complémentaires.

S’y ajoutent d’autres canaux d’une marchandisation des corps qui sont tout aussi inacceptables dans une société qui aspire à l’égalité, aux libertés et à la solidarité. La gestation pour autrui doit ainsi rester formellement interdite et susceptible de poursuites faute de voir s’imposer une subversion des mots qui voudrait que l’on ait accès à un « droit à l’enfant »... achetable. C’est la raison pour laquelle la procréation médicalement assistée ne peut être elle-même que gratuite et relever de la santé publique. Il n’en va pas autrement des tentatives inquiétantes pour breveter « le vivant » au nom de la rentabilité financière. Les droits humains sont en effet d’une essence sociale supérieure à tous les calculs mercantiles. Ils doivent le rester en droit comme dans les faits.

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