Le Parlement européen à Strasbourg. Photo © Euroscola
Jamais
depuis 56 ans un budget européen n’avait été en contraction. Jamais la
proposition initiale de la Commission – 943 milliards de crédits de
paiement à l’automne – n’avait été réduite à ce point – 908,4 milliards.
Jamais un accord franco-allemand, comme celui de mercredi au Stade de
France, n’avait été à ce point bousculé.
L’austérité
à cette échelle n’est pas une mauvaise politique conjoncturelle. Elle
devient un carcan permanent aux conséquences particulièrement néfastes
avec des coupes massives notamment dans les fonds structurels, les fonds
de cohésion sociale, l’aide aux populations démunies.
Cameron
et autres « fous de l’austérité » ont gagné, au moins provisoirement,
le combat politique et idéologique qu’ils mènent contre l’Europe et
toute perspective d’intégration solidaire. Cet accord n’éloigne pas le
risque d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union, il en renforce au
contraire l’éventualité. Il écarte aussi toute perspective
d’élargissement.
François
Hollande a préservé des intérêts français à courte vue en tournant le
dos à ceux de l’Europe et des Européens qu’il avait défendus à
Strasbourg. Il obtient une « prime » d’un milliard en compensation de la
réduction, limitée, des crédits de la PAC qui profite surtout à
l’agriculture française et d’abord aux plus gros exploitants.
Ce
budget – 1 % seulement des richesses produites – étrangle en revanche
la croissance, l’emploi et les progrès humains et sociaux. Les quatre
principaux groupes du Parlement de Strasbourg le refusent. La Commission
n’y était pas davantage favorable. Les gouvernements responsables de ce
forfait doivent être battus par un large front démocratique pour
l’Europe contre l’austérité.
Le
combat contre l’austérité se charge ainsi d’une dimension discriminante
majeure, entre partisans de l’Europe et ses adversaires acharnés qui
s’appuient, eux, sur les replis chauvins, populistes et nationalistes
produits par la crise et qui ont conduit à tant de tensions, de crises
et de conflits par le passé.
Nous
ne manquerons pas de prendre dans les toutes prochaines semaines des
initiatives visant à regrouper tous les Européens de conviction d’où
qu’ils viennent pour obtenir un vote de rejet clair et sans appel du
Parlement au nom d’une Europe du progrès social et démocratique.
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