vendredi 15 février 2013

L’alternative à l’austérité, c’est maintenant !

L’alternative à l’austérité, c’est maintenant !

Dans une agence Pôle Emploi à Arras en octobre 2012. Photo © Ph. Huguen/AFP


Il en va des chiffres comme des mots. Leur brutalité peut révéler en creux un autre possible, une autre manière d’agir et de réinventer la vie, maintenant.

 
L’Europe s’enfonce dans une dépression profonde, continue ou presque depuis plusieurs années. Aucune région, aucun pays n’y échappe. Les rares « exceptions » ne font que confirmer la règle. La règle justement qui a conduit les Européens dans ce véritable coupe-gorge social que sont devenues les sociétés de la partie du monde pourtant la plus développée. Et pourtant, rien n’y fait. Des gouvernements sans la moindre sensibilité aux souffrances des populations, sans imagination, sans vision pour demain, accentuent la crise que leurs politiques restrictives ont rendue possible et permanente.

On ne compte pas moins de 26 millions de chômeurs en Europe. Il arrive même parfois qu’un être humain, arrivé au bout du rouleau, s’immole comme à Saint-Ouen ou à Nantes la semaine dernière, devant une agence de Pôle emploi. Et qu’arrive-t-il alors ? Les ministres y vont de l’expression de leur « émotion »... et puis rien. Pour mémoire, c’est un fait, un acte semblable qui a conduit à la levée en masse du peuple tunisien aux premières heures des printemps arabes. Raison de plus pour ne pas jeter le manche après la cognée.  Il y a en effet dans la situation actuelle, tous les éléments pour renverser la tendance.

La droite ose encore « pérorer », elle que tout accuse. L’un prétend déposer une motion de censure, une autre s’installer à Paris et un troisième qui fait mine de ne rien dire songerait à revenir en 2017. Tous, tous courants confondus, ont un bilan qui s’apprécie en un seul fait chiffré. La France n’a pas connu d’augmentation de son produit intérieur brut de 2006 à 2012. Le quinquennat de Sarkozy restera aux yeux de l’histoire comme celui d’une stagnation économique, sans aucun précédent, y compris en temps de guerre. Et bien évidemment, la stagnation du Pib se décline forcément en régression sociale.

La gauche est divisée. Sa composante majoritaire se cantonne dans l’à-peu-près d’une gestion improbable. L’équipe Ayrault a d’abord abandonné la réforme fiscale. Elle a reculé devant le patronat au point de lui concéder 20 milliards d’euros au nom d’une compétitivité qu’elle ne renforcera aucunement ainsi alors que c’est possible et nécessaire. Elle s’apprête à finaliser un accord « social » de dupes au profit d’une patronne du Medef contestée par les siens et d’un syndicat minoritaire. Elle bricole une réforme bancaire inconsistante. Elle en vient à reconnaître que ses prévisions de croissance étaient fantaisistes, voire insincères. Et pire peut-être, à la faveur de cet aveu, elle s’apprête à renoncer à une vraie réforme territoriale. C’était prévisible !

L’heure est donc venue de remettre le cours des choses à l’endroit, en changeant de politique, en changeant d’équipe, en associant toutes les composantes de la gauche à une réorientation indispensable. Il faut raisonner et gouverner autrement. Faute de quoi, le pays et l’Europe avec lui continueront de s’enfoncer dans une crise aux multiples dimensions économiques, sociales, culturelles qui ruine l’avenir de nos sociétés. Une autre politique n’est pas hors de portée. C’est affaire de volonté politique. Et si cela n’est pas fait, maintenant, rapidement, alors, la gauche prendrait le risque de défaites cuisantes lors des prochaines consultations électorales – municipales, européennes, cantonales, sénatoriales. À ce stade, ce n’est plus une hypothèse mais une certitude.

Rouvrons le dossier de la fiscalité pour dégager de manière équitable les marges de manœuvre qui permettront de relancer la croissance. Ouvrons réellement le dossier de la réforme territoriale avec le double objectif d’une simplification de l’organigramme – avec plusieurs dizaines de milliards d’économies à la clé – et d’un renforcement des services publics. Rouvrons le dossier de la réforme bancaire en imposant aux banques une « tenue du crédit » conforme aux besoins des entreprises et des particuliers. Rouvrons le dossier de la protection sociale et des retraites en unifiant à un haut niveau socialement nécessaire les prestations. Refusons avec la majorité du Parlement européen le cours durablement régressif des budgets à venir voulu par les gouvernements de droite.  Ce sont là les priorités de l’heure et il y a urgence !
 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire