Il est des images
dégradantes pour l’humanité que l’on souhaiterait ne plus voir envahir nos
écrans. Celles qui nous parviennent de Pyongyang sont au nombre de celles-ci.
Un dictateur, Kim Jong-il, a tiré sa révérence.
L’année en passe de s’achever en a vu tomber quelques autres. Renversés par
« leur » peuple ou quittant la scène de mort naturelle... On
préférera toujours la première sortie. Et les médias de nous infliger en boucle
le triste spectacle de gens en pleurs, au comble de la douleur du deuil et du
chagrin.
Propagande ou sincérité, qui croire ? Quelques
experts s’interrogent doctement à l’antenne, comme s’il s’agissait d’une
« première ». Comme si ces scènes de deuil, à la fois sincères et
très organisées, étaient surprenantes dans un pays, presque hermétiquement
clos, une sorte d’asile d’aliénés à ciel ouvert.
Seule « information » confirmée, le fils
cadet du sortant devient à son tour le « Cher leader » après son père
et son grand père... Pratique tout aussi avilissante de la dynastie de sang.
Trois générations successives pour maintenir un joug implacable et sauver les
privilèges du clan et d’un régime aux abois.
Le régime que certains s’obstinent, par bêtise, à
qualifier de « dictature communiste » est en effet en grande
difficulté objective. Le grand écart entre la puissance affichée – celle de
l’arme nucléaire – et les famines à répétition est fort heureusement et
durablement intenable.
Alors, bien sûr, le dégel se produira, inévitablement.
Demain ou après-demain, c’est une certitude. En attendant, il faut faire avec
en tentant de « contrôler » cette prolifération nucléaire dont on
sait dans ce cas qu’elle a été facilitée par le Pakistan. Ni à Pyongyang, ni à
Téhéran, ni à Tel-Aviv ou Islamabad, les risques qu’elle fait courir à
l’humanité ne sont pas acceptables. Un processus général de désarmement
nucléaire impliquant les principales puissances détentrices de la bombe n’en
est que plus nécessaire.
Pour le reste, il faudra bien sûr « forcer les
portes » avec le fils comme avec le père pour venir en aide à un peuple en
grand danger humanitaire et contribuer ainsi à l’amorce du dégel. La Corée du
Sud est la mieux placée pour le faire, mais l’Union européenne devra en prendre
sa part. Toutes les coopérations, économiques ou culturelles, sont à ce titre
utiles à la condition de ne jamais oublier l’objectif final, celui du
renversement de la dictature, pour qu’un jour, les Coréens du Nord se réveillent,
enfin, d’un long cauchemar.

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