Quand l'essentiel est en cause, l'accessoire doit s'effacer. Non, pour ne jamais reparaître mais parce que le temps, le moment, exige que tous soient concentrés sur le même objectif. À quatre jours du premier tour des élections régionales, l'essentiel est de repousser l'armée de la haine emmenée par les Le Pen et associés qui, dans leur folle équipée, espèrent prendre en otage ce pays, ses acquis démocratiques, ses libertés, ses cultures, sa jeunesse et son avenir. La conclusion coule de source, même si les points de vue divergent sur le comment nous en sommes arrivés là, le seul moyen de les battre est de voter massivement et de les défaire par le suffrage universel. Aujourd'hui du moins ! Il y a peut-être un salaud sur cinq ou quatre Français, voire un peu plus, mais il n'y a sans doute pas une majorité de lâches prêts à tout risquer, à tout perdre sur un coup de dé électoral. Le vote pour les Le Pen et associés, c'est celui de la haine de l'autre, toi, moi, vous, nous, qui ne leur ressemblons pas. Alors, oui, plus la participation sera importante dimanche prochain et le suivant, moins ils ont de chance de réussir leur coup de main sur les libertés. Bien sûr, nous l'avons dit et avons œuvré dans ce sens, il aurait été infiniment préférable, cette fois, que toute la gauche soit rassemblée dès le premier tour pour résister et finalement l'emporter. Ce ne sera pas le cas le 6, cela devra l'être impérativement le 13. Rien, ni personne ne doit s'exonérer de cette exigence éthique élémentaire car la division, quelle qu'en soit le prétexte, serait une énorme, une monstrueuse connerie.
Toutes les voix qui se prononcent en faveur de l'unité contre la haine sont les bienvenues car la situation le commande. C'est honorable que trois des titres de la presse quotidienne régionale aient dit non à Le Pen, fille et tante, précisément dans le nord où elle est candidate. Qu'attendent les autres rédactions dans les régions pour barrer leur une de ces simples mots « non à l'extrême-droite ». Des centaines d'artistes ont de même rassemblé leurs talents pour dire qu'eux non plus ne voulaient pas voir la haine triompher. Que le Medef lui-même sur un registre même limité dise non à Le Pen, tant mieux. Qu'attendent les représentants des cultes pour en faire de même au moment où l'intégrisme catholique de Le Pen, petite fille et nièce, annonce la liquidation des organismes du planning familial. Jamais dans ce pays depuis plusieurs dizaines d'années, une telle menace contre les droits, ceux des femmes en particulier, n'avait été proférée. Et puis, pour qui en douterait encore, écoutez les bruits de botte du sinistre Ménard devenu maire de Béziers. Il veut faire patrouiller sa « garde biterroise », des milices de volontaires dans les rues, sans les armer, précise-t-il, pour l'instant. Le gourdin d'abord avant de recourir à plus expéditif si les circonstances devaient l'y autoriser. Heureusement, ce ne sera pas le cas. Oui, une mobilisation générale de tous s'impose. Le Premier ministre a parlé, le Président devra le faire. Que chaque député, chaque sénateur, chaque conseiller départemental, chaque maire s'adresse à celles et ceux qui l'ont élu pour les inviter à voter massivement contre le FN. Ceux qui ne le feraient pas risqueraient de se faire les complices honteux d'un crime contre la démocratie et la République.
Et c'est vrai, que jusqu'à ce que le danger soit écarté, les autres enjeux de l'actualité, y compris les plus importants, apparaissent suspendus tout simplement parce que s'ils devaient réduire nos libertés alors nous ne pourrions plus agir, en tous cas plus dans les mêmes conditions, pour un temps. Pour que la situation revienne à la normale par la levée de l''état d'urgence le plus tôt possible dès lors que la sécurité de tous sera assurée en France comme dans toute l'Europe. L’État islamique compte d'ailleurs sur les victoires du FN pour attiser les peurs et les tensions qui lui permettraient de décupler ses recrutements. Pour le climat non plus et quels que soient les résultats au terme de la COP 21. La mise en œuvre à tous les niveaux d'une politique énergétique associant les citoyens est incompatible avec l'abaissement de l'exigence démocratique, le culte de la cheffe et l'avènement des Lucien Lacombe de l'ombre. Une situation où les organisations sociales, syndicales et associatives, seraient la cible désignée de la vindicte frontiste. S’il est une donnée constante en effet dans toutes les « expériences » du genre, c'est la destruction des organisations « ouvrières et démocratiques » comme l'on disait jadis. Et puis, l'Union, l'idée même d'une Europe intégrée permettant de dépasser les guerres qui ont trop souvent ensanglanté nos territoires, dressant les uns contre les autres les États-nations, serait enterrée par la victoire des Lepénistes. Propos alarmiste ? Non, mille fois non. Ouvrir les yeux et les oreilles autour de soi suffit à s'en convaincre. Dimanche, votons, votons, et que nos voix dispersent le fléau.

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