mardi 26 mai 2015

Leçon d'Espagne : l'unité

À Barcelone, Ada Colau et la coalition soutenue par Podemos en tête des élections municipales du 24 mai.
Photo © Emilio Morenatti/AP


Que ce soit à Barcelone, que ce soit à Madrid, les victoires symboliques, à l'issue des élections locales et régionales, appartiennent à la gauche. Non pas au Parti socialiste (PSOE) mais à l'autre gauche dont Podemos né de la levée en masse des Indignés. Une gauche qui bouscule l'ordre électoral établi et ramène aux urnes une partie de ceux qui n'y croyaient plus.
Le Parti populaire (PP) de Rajoy paie le prix fort de l'austérité et de la corruption en perdant quelque 2,5 millions d'électeurs bien qu'il conserve en théorie – sans majorité absolue – douze régions sur treize où il arrive en tête. Avec 27 % des suffrages au niveau national, il devance le PSOE – 25 %. Les nationalistes de droite en Catalogne comme au Pays basque reculent, eux aussi, beaucoup. Mais rien n'est encore joué avant l'élection des exécutifs.
Si la gauche ne sait pas se rassembler, elle ne changera pas, ne serait-ce que localement et là où elle peut le faire, la vie des Espagnols. Si la division l'emporte, Rajoy et la droite gagneront partout par défaut. Mais si l'unité, le front unique de toute la gauche s'impose, alors Manuela Carmena sera maire à Madrid, Ada Colau disposera d'une vraie majorité de gauche à Barcelone et le PP ne pourra pas agir à sa guise dans la plupart des régions.
La responsabilité en incombe d'abord aux Socialistes qui doivent agir de manière conséquente au moins en votant pour leurs concurrents de gauche lors de l'élection des exécutifs. Ils ont l'habitude que d'autres se désistent pour eux, moins l'inverse. Pourtant il faudra s'y faire.
Au-delà, les tractations et autres arrangements entre amis ne sont pas ou plus à l'ordre du jour. Ce qui l'est, c'est la négociation publique et dans une totale transparence de contrats de mandature pour que tous et toutes travaillent ensemble dans la perspective d'une victoire de toute la gauche lors des législatives. 
Et si, en plus, les Espagnols se mobilisent de manière unitaire à la base, alors les jours du gouvernement Rajoy seront comptés.


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