vendredi 25 novembre 2011

35, 32, 30 heures... Il n’y a pas d’alternative à la RTT !

35, 32, 30 heures... Il n’y a pas d’alternative à la RTT !

L’UMP prétend revenir sur les 35 heures. Un non-sens absolu au plan économique et social, mais surtout le signe que la radicalisation à droite s’accélère. Leurs prétendus « arguments » ne tiennent pas la route. La Gauche doit défendre au nom de l’intérêt général la réduction du temps de travail (RTT) dans son principe quitte à en améliorer les modalités d’application. Le recours au forfait jours, par exemple, est souvent source de nouvelles inégalités et le moyen pour certains patrons de ne pas respecter leurs salariés.

Les 35 heures furent le marqueur d’une orientation progressiste du gouvernement Jospin. Leur mise en œuvre, fruit d’un compromis, en limita cependant l’impact et ouvrit la voie à la contestation. DSK à Bercy, déjà lui, obtint de Jospin et contre Martine Aubry au Travail que le seuil pour que s’applique cette RTT dans les entreprises soit porté de 10 à 20 salariés. Première faille, environ trois millions de Français virent passer le train des 35 heures sans pouvoir l’emprunter.

L’effet sur l’emploi fut également contrarié par un calendrier de mise en oeuvre étalé sur plusieurs années, l’État lui-même ne montrant pas l’exemple dans les 3 fonctions publiques. Dans la santé, il ne fit même rien pour en préparer l’application avec à la clé une « belle pagaille ». Résultat, la RTT créa près d’un million d’emplois « seulement », là où on était en droit d’en espérer au moins le double.

Ce calendrier pesa aussi sur les salaires avec un effet d’aubaine pour les employeurs qui profitèrent des exonérations de charges et du blocage de fait des salaires alors qu’ils s’étaient déjà largement rattrapés par une forte augmentation de la productivité.

Sarkozy, avec sa « défiscalisation » des heures supplémentaires au nom d’un fumeux « travailler plus pour gagner plus » a aggravé la situation laissant l’économie exsangue et a engendré une régression sociale à peu près générale. Les patrons n’ont en effet pas embauché comme ils l’auraient fait sans cela. Beaucoup de salariés ont vu se détériorer leurs conditions de travail. Il faut donc abolir cette mesure idiote, néfaste économiquement comme socialement et d’un coût injustifié pour les finances publiques.

La semaine de 35 heures, voire celle de 4 jours de 8 heures, autrement dit 32 heures, voire, demain, celle de 30 heures est une nécessité économique pour combattre le chômage de masse qui abîme les publics touchés et par voie de conséquence tous les autres. Cela vaut en France comme dans toute l’Europe. La généralisation des 35 heures à tous les secteurs, à tous les salariés serait une excellente nouvelle sociale et économique. De quoi en faire une norme sociale, sociétale et culturelle qui appellerait la création de centaines de milliers d’emplois et affecterait, par exemple, tout autant la santé publique que la formation tout au long de la vie.

Les niveaux de productivité font en outre qu’en moyenne, les Français sont parmi les salariés les plus « rentables », ceux qui produisent le plus et le mieux. L’avantage compétitif qui en résulte ne peut cependant compenser ni les bourdes industrielles auxquelles l’État est associé, ni « l’aversion au risque » de nombre de patrons qui rechignent à exporter si la puissance publique ne les « couvre » pas totalement.

La désindustrialisation relève bien de politiques publiques hasardeuses, non de la responsabilité des salariés. Le coût du travail ne peut davantage être apprécié indépendamment du contexte fiscal, social et environnemental. Si bien qu’aucune grande entreprise, aucun secteur stratégique ne demande l’abandon des 35 h qui serait particulièrement coûteux et avec des « effets colatéraux » difficilement maîtrisables. La bande de Copé n’en a que faire, elle s’adresse aux électeurs du FN ou de la droite prétendument sociale...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire